PLAN DE RÉSISTANCE DE FOUQUET
tement, qui seroit d'envoyer, au moment de nostre détention, les gentilshommes de nos amis, et qui sont asseurez , dans Belle-Isle. M. de Brancas, auquel je me confie entièrement, auroitla conduite de tout avec Mme du Plessis.
« M. le chevalier de Meaupeou pourroit donner des sergents asseurez et y faire filer quelques soldats (i).
« Et, comme il y a grande apparence que le premier effort seroit contre Belle-Isle et Concarnau, que Ton tascheroit de surprendre, et que M. le maréchal de La Meilleraye, quoy qu'il m'ait donné parole d'estre dans mes intérests envers et contre tous, en présence de M. de Brancas et de Mm* du Plessis, n'en useroit peut-estre pas trop bien, il faudroit avertir Deslandes de prendre des hommes le plus qu'il pourroit, sans faire néantmoins rien de mal à propos ;
« Que Devaux y mist des cavaliers; en un mot, que la place fust munie de tout.
« ïl faudroit, pour cet effet, envoyer un homme en diligence à Concarnau trouver Deslandes, dont je connois le cœur, l'expérience et la fidélité, pour lui donner advis de mon emprisonnement, et ordre de ne rien faire d'esclat en sa province, ne point parler et se tenir en repos, crainte que d'en user autrement ne donnast occasion de nous pousser; mais il pourroit, sans dire mot, fortifier sa place d'hommes, de munitions de toutes sortes, retirer les vaisseaux qu'il auroit à la mer, et tenir toutes les affaires en bon estât, achepter des chevaux et autres choses pour s'en servir quand il en seroit temps.
(i) Tant de sa compagnie aite de celles de ses amis. Mots effacés,
« Il faudroit aussi dépescher un courrier à M*6 la marquise d'Asserac, et la prier de donner les ordres à ride-Dieu qu'elle jugeroit à propos, pour exécuter ce qu'elle manderoit de Paris, où elle viendroit conférer avec Mme du Plessis.
« Ce qu'elle pourroit faire seroit de faire venir quelques vaisseaux à l'Isle-Dieu pour porter des hommes et des munitions où il seroit besoin, faire accommoder Saint-Michel-Tombelaine, et faire les choses qui lui seroient dites et quelle pourroit mieux exécuter que d'autres, parce qu'elle a du cœur, de l'affection, , du pouvoir, et que l'on doit entièrement s'y fier. 11 faudroit qu'elle observast une grande modération dans ses paroles.
« Il seroit important que celui qui commande dans Saint-Michel-Tombelaine soit adverty de s'y tenir, y mettre le nombre d'hommes d'armes, de munitions et vivres nécessaires, ledit lieu de Tombelaine pouvant estre de grande utilité , comme il sera dit cyaprès.
Si Mme du Plessis se trouvoit obligée de sortir de Paris, il faudroit qu'elle allast s'enfermer quelque temps dans la citadelle d'Amiens ou de Verdun, pour y conférer et donner les ordres aux gens dont on se voudroit servir.
* Prendre garde surtout à ne point escrire aucune chose importante par la poste, mais envoyer partout des hommes exprès, soit cavaliers, ou gens de pied, ou religieux.
« Une chose est d'advertir mes amis, qui commandent à Belle-Isle, Concarnau et Tombelaine, que les