INCIDENTS
miter l'exemple d'Alger. A la suite de ces expéditions la Méditerranée fut libre, et le commerce assuré contre la piraterie.
La guerre se prolongeait en Hongrie avecdes chances favorable à l'empereur. Les ducs de Lorraine et de Bavière avaient échoué devant Bude ; ils prirent, peu de temps après, une éclatante revanche. Ayant joint les Turcs près de Gran, ils les mirent dans une complète déroute. Un grand nombre de princes et de seigneurs français assistèrent à cette bataille, et plusieurs d'entre eux, contre la volonté du roi.
L'année suivante un carrousel réunit de nouveau à Versailles, à la fin de mai, les curieux de Paris et les nombreux étrangers attirés en France par la gloire du règne. Cette fois trente dames y parurent à cheval , à la suite de la duchesse de Bourbon , qui représentait Thalestris, reine des Amazones. Le Dauphin avait choisi le personnage d'Alexandre et groupé autour de lui les lieutenants et les compagnons du conquérant de l'Asie. Ce fut à la fois un spectacle brillant et gracieux. La Dauphine ne prit point part à ce divertissement ; cette princesse devait, deux mois plus tard, mettre au monde un troisième prince , qui, à sa naissance, reçut le titre de duc de Berri; elle était alors fort souffrante d'une grossesse qui faillit lui coûter la vie.
Le prince d'Orange ne donnait pas de carrousels ; c'était le moment où il complotait l'usurpation du trône d'Angleterre, et ses préoccupations laissaient peu de place au plaisir. Afin d'assurer le succès de ses efforts contre les Stuarts, il cherchait à accroître les
embarras qui assiégeaient le grand roi sur le continent; il se proclamait le champion de la cause protestante proscrite par Louis XI V; il faisait appel, dans toute l'Europe, à une nouvelle coalition contre la France. Une circonstance semblait le favoriser : Louis XIV était souffrant, il gardait la chambre, on le disait en péril, et tout venait en aide à ceux de ses ennemis qui aspiraient à ramener ce prince aux conditions de la paix de Nimègue. Un traité conclu dans cette intention fut signé secrètement à Augsbourg, le 8 juillet , entre l'empereur, r Espagne, la Suède, le duc de Neubourg et le plus grand nombre des princes allemands.
Louis XIV ignora d'abord ce traité. En proie aux douleurs d'une fistule, maladie qui avait fait périr Richelieu, depuis quelque temps il montait rarement à cheval et n'y montait pas sans souffrance. Convaincu qu'une opération pourrait lui rendre la sauté, le roi se décida à la subir ; il ne confia son projet qu'à madame de Maintenon , à son ministre Louvois et à ses deux chirurgiens, Félix et Bessière. Le jour en fut fixé au 18 novembre. Louis XIV ayant recommandé à l'opérateur de ne le pas épargner, Félix , encouragé par le sang-froid de 1 illustre malade, reprit son assurance, et extirpa d'une main ferme les dernières racines du mal. Deux heures après, le roi reçut son fils, son frère, les ofliciers de sa maison , et leur apprit que l'opération qu'ils avaient tant redoutée était terminée heureusement (i).
(i) « Le roi se soumit aux incisions et les supporta avec la plus grande fermeté. Tout le monde l'ignora , même la famille royale. Il ne s'y trouva que les personnes nécessaires , avec madame de Maintenon. Quand la nou-