‹ Histoire de FranceChapitre 25 sur 192 · NOUVEAUX INCIDENTS · texte numérisé non relu

NOUVEAUX INCIDENTS

à propos qu'elles lui prouvaient, de Ja part de la Hollande, une disposition hostile et des prétentions abusives d'où des prétextes de guerre ne tarderaient pas à surgir.

Vers le même temps quelques soulèvements populaires eurent lieu dans' le comté de Boulogne. On a conservé peu de traces de cette agitation, qui fut de courte durée , et à laquelle Louis XIV mit fin en envoyant, dans les campagnes où se manifestait le désordre, quinze compagnies des gardes françaises et suisses et vingt-trois compagnies de cavalerie. Sur ces entrefaites , le duc de Lorraine ayant manqué à certaines clauses du traité intervenu entre lui et le roi de France, notamment k l'article stipulant la cession de Marsal , le roi fit passer en Lorraine cinq mille hommes d'infanterie et trois mille hommes de cavalerie, se réservant de conduire en personne d'autres forces dans ce duché si l'apparition de cette petite armée ne suffisait pas pour réduire Charles IV à une prompte soumission.

Paul de Gondi, cardinal de Retz, qui, sous la Fronde, avait joué le rôle d'un factieux et d'un intrigant, ne cessait, depuis son évasion, de changer de lieu d'exil ; ilsedétermjna enfin à renoncer à l'archevêché de Paris, éminente charge dont il s'était toujours montré indigne, soit par sa turbulence, soit par ses mœurs. 11 échangea le siège archiépiscopal contre la riche abbaye de Saint-Denis, qui rapportait quarante mille écus de rente ; puis il obtint du roi la permission de rentrer en France.

D'autres incidents plus graves se produisirent alors.

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Depuis longtemps la bonne intelligence avait cessé d'exister entre la cour de France et la cour de Rome. Le pape Alexandre VII , alors qu'il n'était que simple cardinal du nom de Fabio Chigi, avait combattu les intérêts français durant les conférences de Munster; à son tour le roi ne s'était fait faute d'agir contre l'élection du cardinal, avant son avènement au saint-siége, et il s'en était suivi une défiance réciproque. Cependant le pape, redoutant les entreprises d'un roi jeune et orgueilleux , usait de prudence et s'attachait à ne donner à Louis XIV aucun prétexte d'agression ; il avait affecté de ne point prendre garde aux procédés durs et blessants qu'employait , vis-à-vis du gouvernement pontifical, le cardinal d'Esté, ambassadeur ordinaire du roi de France ; il s'imposa, bien que mécontent à juste titre, une extrême réserve envers le duc de Créqui, chargé à son tour de représenter à Rome les intérêts du roi de France. On comprend combien cette disposition des esprits pouvait amener, entre les deux cours, des causes de conflit , le pape ne devant pas toujours subir sans mot dire les airs de hauteur et les allures provocatrices de Louis XIV et de ses agents. Chaquejour il y avait quelque collision entre les gens de livrée de l'ambassadeur et les soldats du pape, et, comme les subalternes n'avaient point à ménager des intérêts dont la responsabilité ne pesait pas sur eux , ils n'imitaient en aucune manière la circonspection prudente du souverain pontife.

Le 20 août 1662 il y eut une collision entre plusieurs Français et quelques soldats corses de la garde du pape. LesFrançais, poursuivis par leurs adversaires,

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