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G63] DISETTE EN FRANCE

Deux récoltes, celles de 1661 et de 1662, avaient été contrariées par les intempéries, et le royaume se trouvait exposé à toutes les misères d'une grande disette. Louis XIV fit acheter des grains en Russie et en Pologne et les fit transporter en France , où on les vendit à bas prix. Les annalistes contemporains disent que, grâce à ces expédients, le peuple, en France, n'eut point à souffrir. Ceux qui savent combien de telles ressources sont précaires, combien elles aggravent le mal en découragant le commerce libre, peuvent à bon droit s'imaginer que les misères furent excessives , et que le roi réussit tout au plus à pallier le mal à Paris et dans certaines villes privilégiées. Le temps était encore éloigné où, en matière d'approvisionnements publics , on devait suivre des principes plus conformes à l'intérêt général et à la saine entente de l'économie.

Parmi les fausses mesures qui aggravèrent le mal il faut signaler un arrêt du Parlement, du 1 9 août 1 66 1 , aux termes duquel il était « défendu aux marchands

alliance offensive avec Alphonse VI. Dès lors la cour de Madrid , désespérant de réduire le Portugal , se prêta aux insinuations de la cour de Londres, qui lui offrait sa médiation pour la paix. Durant les conférences qui furent tenues à Lisbonne à ce sujet, le roi Alphonse VI fut détrôné. Sa femme , princesse de Nemours , le força d'abdiquer par ses intrigues , et épousa Pinfant don Pèdre II, qui succéda au roi son frère à titre de régent. La France s'était flattée que cet événement servirait à maintenir le Portugal dans son alliance contre l'Espagne; mais, plus tard, don Pèdre fut obligé , par les corlès de son royaume , de suivre la négociation commencée, et la paix fut signée à Lisbonne, le i3 février 1668. Par ce traité l'Espagne reconnut le roi de Portugal comme prince souverain et indépendant, et, de part et d'autre, on convint de se rendre tout ce qu'on s'était pris durant la guerre , excepté la seule ville de Ceuta , qui resta aux Espagnols.

de contracter aucune société pour le commerce du blé el de faire aucun amas de grains. » Prohibitions déplorables, puisque le plus sûr expédient qui pût remédier aux maux de la situation était, au contraire, d'encourager les opérations régulières du commerce. C'est ainsi que, dès le mois de mai, en prévision d'une mauvaise récolte, le prévôt des marchands avait pris un arrêté pour empêcher que les grains ne fussent transportés hors de Paris. Le i5 février 1662, le roi ne pouvant à lui seul acheter les grains nécessaires à la subsistance du royaume, une déclaration de Sa Majesté intervint, permettant « à toutes les personnes défaire venir des bleds en France, avec descharge, pour les bleds seulement , du droit de cinquante sols par tonneau payé par les navires estrangers. » Cette mesure tardive ne ramena pas l'abondance dans le royaume. Col bert fit venir à Paris vingt-cinq mille sacs de blé; mais leur transport rencontra de sérieux obstacles. Le roi ordonna de procéder à des distributions gratuites, et cet acte de munificence ne suffit pas pour calmer le peuple ; car les magistrats de la police durent sévir envers ceux « qui proféroient des injures contre les personnes chargées de la distribution gratuite du pain (1). » Quant aux indigents honnêtes, dont le nombre s'accroissait dans une proportion effrayante, on chercha à les secourir par l'établissement de l'Hôpital général de Paris et par l'institution de quelques ateliers de charité. Or, tandis qu'on essayait de soulager la population parisienne, une misère affreuse ,

(1) Archives de l'Empire. Registres de PHotel-de-Villc, 11 mai 1662.

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