SYSTÈME COLONIAL
ptoient du payement des tailles et autres charges publi» ques, à la foui le et oppression des pauvres et misérables. » Les recherches pour usurpation des titres de noblesse se poursuivirent sévèrement pendant plusieurs années. Dans la seule province de Bretagne les amendes encourues par les usurpateurs de noblesse s'élevèrent à huit mille écus. lians quelques autres provinces le montant des amendes fut bien plus considérable. En Provence , douze cent cinquantesept usurpations furent signalées, et produisirent , à cinquante livres par famille , £rès de soixante-trois mille livres. Le total des amendes pour tout le royaume atteignit le chiffre de deux millions. C'était peu sans1 doute pour le bruit qu'avaient fait ces recherches, pour les clameurs qu'elles avaient soulevées; mais, sî l'on songe que tous les usurpateurs de noblesse devaient à l'avenir contribuer au payement de la taille, et que la taille elle-même se trouvait réduite de près de vingt millions, on comprendra la portée de la mesure ordonnée par Colbert et le soulagement que le peuple des campagnes dut en éprouver (r).
Préoccupé ajuste titre d'accroître, par le commerce et l'industrie, les éléments de la richesse nationale, Colbert demanda à tous les consuls de la France des rapports détaillés sur les produits du pays qu'ils habitaient, sur la nature des importations, sur les contrées d'où on les tirait. On a remarqué la précision et la sagesse des instructions qu'il adressait à cet égard à tous les délégués du roi résidant à l'étran-
Ci) M. P. Clément, de l'Institut, Surintendants, Contrôleurs géne*
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ger. Toutes les questions commerciales y étaient agitées. Mais ce fut surtout par le développement du système colonial que ce grand homme voulut ouvrir de nouveaux débouchés à la production française. Dans ce but il s'attacha à former des compagnies de commerce, imitées de celles que possédaient déjà l'Angleterre et la Hollande. Il provoqua, à cet égard, des souscriptions, il imposa, en quelque sorte, la nécessité de prendre des actions, et le roi lui vint en aide en usant de sa haute influence. Cinq compagnies s'organisèrent donc successivement, par les soins de Colbert,pour le commerce des deux Amériques, de l'Asie, du Levant, du Nord et de l'Afrique. Dès le 28 mai 1664 le roi fit paraître un édit portant établissement d'une compaguie des [Indes occidentales, pour faire le commerce dans les îles et terre ferme cT Amérique et autres pays, aux concessions, pouvoirs, facultés, droits, exemptions et privilèges y contenus.
« La paix dont jouit présentement cet État nous ayant donné lieu de nous appliquer au rétablissement du commerce ( tels sont les termes de cet édit), nous avons reconnu que celui des colonies et delà navigation sont les seuls moyens de le mettre dans l'éclat où il est chez les étrangers; pour à quoi parvenir, et exciter nos sujets à former de puissantes compagnies, nous leur avons promis de si grands avantages qu'il y a lieu d'espérer que tous ceux qui prendront quelque part à la gloire de l'Etat et qui voudront acquérir du bien par les voies honorables et légitimes y entreront très-volontiers; ce que nous avons déjà reconnu avec beaucoup de joie par la compagnie qui