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M*71] POLICE DE PARIS

la marine royale le choix, dans toutes les propriétés , moyennant payement, des arbres propres à la mâture et à la construction. Disons encore que les dispositions les plus importantes de cette ordonnance s'opposaient à la dévastation des biens de mainmorte. Il est vrai que les corporations propriétaires de ces domaines étaient tenues de les faire arpenter et d en conserver les plus beaux arbres. La marine royale devait y trouver d'abondantes ressources pour la mâture et la construction des vaisseaux (i).

La création d'un lieutenant de police à Paris eut lieu au mois de mars 1667, en même temps que parut la première ordonnance pour la réformatiou de la justice. Colbert pensa que le soin d assurer dans Paris le repos du public et des particuliers, de purger la ville de ce qui pouvoit jr causer des désordres, d'y procurer l'abondance, et /aire vivre chacun selon sa condition et son devoir, demandait un magistrat spécial ; et il créa l'emploi de lieutenant de police. D'après l'édit de création, le nouveau magistrat devait connaître de tout ce qui regardait la sûreté de la ville, prévôté et vicomté de Paris, du port des armes prohibées , du nettoiement des rues; donner les ordres nécessaires en cas d'incendie ou d'inondation; veiller aux subsistances; régler les étaux de boucherie; visiter les halles, foires ou marchés, hôtelleries, auberges, maisons garnies, brelans, tabacset lieux mal famés; avoir l'œil sur les assemblées illicites, tumultes, séditions et désordres auxquels ils donnaient lieu ; étalonner les

(1) M. A. Chéruel, de l'administration de Louis XIV ( 1661-1672 ), d'après les Mémoires inédits d'Olivier d'Ormesson.

poids et balances; faire exécuter les règlements sur les manufactures; punir les contraventions commises pour le fait d'impression et de vente des livres et libelles défendus. En même temps le lieutenant de police , comme s'il se fût agi d'un cadi musulman , élait investi du droit de juger seul et sommairement tous les contrevenants, en matière de police, saisis en flagrant délit, la juridiction demeurant réservée au présidial chaque fois qu'il y avait lieu d'appliquer des peines afflictives (i). M. de La Reynie exerça le premier à Paris cette magistrature de sûreté publique, et fut l'agent énergique et hardi du système de Colbert (2).

(1) V. Delamarre , Traité de la Police. M. P. Clément , Contrôleurs et Surintendants généraux , etc., art. Colbert.

(2) La police de Paris était confiée à un fonctionnaire unique , désigné sous le nom de lieutenant général de police ; le sieur de La Reynie avait toutes les conditions éminentes que nécessitait cette position délicate. Ferme d'abord , d'une très-grande finesse et pénétration , sa sagacité était infinie, sa vigilance sans bornes. M. de La Reynie était bien connu de tous les filous de Paris. C'était ce lieutenant de police qui avait achevé Péclairage de la capitale , substituant des réverbères resplendissants aux petits cierges verts et jaunes , aux lampes mesquines et graisseuses qui s'égouttaient sur les passants, au pied de chaque Vierge dans sa niche. Avec La Reynie le roi était sûr de Paris ; il avait établi des commissaires dans tous les quartiers , hommes actifs et laborieux comme lui, et ces commissaires savaient à point nommé tout ce qui se passait dans les maisons particulières ou hôtelleries , quel étranger était arrivé à la Lampe-d'Or, à l'Écuelle-de-Rois , à l'Écu d'Acier, à l'enseigne de la Croix -du-Tiroir, hôtelleries bien connues et bien hantées. Ces commissaires de quartiers faisaient chaque soir des rapports à La Reynie ; une grande partie ont passé sous mes yeux , et l'historien aime à voir ces petits détails de mœurs administratives dans une vaste capitale. Parmi ces commissaires de quartiers était le savant Delamarre, l'érudit dont les travaux conseiencieus ont servi de base et d'élément à tous les écrits postérieurs sur l'administration active de Paris. (M. Capefigue. )

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