‹ Histoire de FranceChapitre 70 sur 192 · I663J CONFLIT AVEC LE PAPE · texte numérisé non relu

I663J CONFLIT AVEC LE PAPE

sant à S. M. d'ordonner ce qu'il appartiendroit pour le remboursement de la finance qui avoit été effectivement payée lors de l'aliénation. » L'arrêt fut exécuté le 28 juillet pour Avignon, d'où le vice-légat s'étoit retiré la nuit précédente, escorté de quelques gardes du duc de Mercœur, gouverneur de Provence , et le 1 *r août les commissaires désignés par le parlement mirent le roi en possession de Carpentras. En Italie on pouvait s'attendreà une résistance sérieuse. Louis XIV rassembla quelques forces, sous le commandement du marquis de Bellefonds et du comte de La Feuillade ; il donna également des ordres pour qu'un corps d'armée, fort de quelques milliers d'hommes, infanterie et cavalerie, se tint prêt à marcher sur Rome, et le maréchal Duplessis-Praslin fut chargé de conduire les opérations de la guerre. Loin d'y mettre obstacle, le gouvernement espagnol permit aux troupes françaises de traverser le Milanais , et elles ne tardèrent pas à prendre leurs quartiers dans les duchés de Modène et de Parme ( i663). Le pape, très-alarmé, cherchait encore, à force de négociations, à détourner l'orage prêt à fondre sur ses États, mais on exigeait de lui des satisfactions trop humiliantes pour qu'il consentît à les accorder. Cependant l'empereur d'Allemagne et le roi d'Espagne, moins directement engagés dans la question, invitèrent le souverain pontife à se soumettre et à ne point irriter, même en invoquant le bon droit, un jeune monarque dévoré d'orgueil, et qui mettait sa gloire à faire triompher des exigence injustes. Le sacré collège s'effraya à son tour et supplia le pape de ne point attirer le

fléau de la guerre sur l'État ecclésiastique. Alexandre VII se résigna à subir les conditions imposées par Louis XIV.

Le 12 février 1664 intervint, entre le souverain pontife et le roi de France , le trop célèbre traité de Pise, monument de l'orgueil et non de la grandeur de Louis XIV. Il y était dit : « Le détestable attentat commis dans Rome par les soldats corses, le 20 août 1662, contre M. le duc de Créqui, ambassadeur extraordinaire du roi très-chrétien, ayant donné à Sa Majesté un juste sujet de déplaisir et causé à Sa Sainteté une très-vive douleur , Sadite Sainteté , comme un bon père jaloux de l'honneur de ses enfants, désirant réparer entièrement une telle injure faite au fils aîné de l'Église en la personne de son ambassadeur, afin d'entretenir de son côté, ainsi que Sa Majesté du sien, une parfaite correspondance, et de prévenir tous les maux que la chrétienté pourroit souffrir des suites de cet accident , a donné à M. Rasponi plein pouvoir et faculté entière de convenir avec le plénipotentiaire du Roi T. C. des satisfactions dues à S. M. pour un si grand outrage Lesdits plénipotentiaires ont conclu les articles qui suivent : i° Sa Sainteté, pour faire paraître à S. M. T. C. son affection paternelle... désincamérera , c'est-à-dire révoquera l'incamération des États de Castro et de Roncigliano, etc.... M. le cardinal Chigi ira en France, et, dans la première audience qu'il aura de Sa Majesté, il lui dira en propres termes ce qui suit : « Sire,

« Sa Sainteté a ressenti avec une très-grande dou-

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