TRAITÉ DE PISE
« leur les malheureux accidents qui sont arrivés, et « les sujets des mécontentements que Votre Majesté « en a eus lui ont causé le plus sensible déplaisir « qu'elle fût capable de recevoir, l'assurant que ce « n'a jamais été la pensée ni l'intention de Sa Sainte teté que Votre Majesté fut offensée, ni M. le duc « de Créqui, son ambassadeur, Sa Sainteté désirant « qu'il y ait de part et d'autre la bonne et sincère « correspondance qui y a toujours été. En mon par- « ticulier, j'atteste à Votre Majesté, avec le plus pro- « fond respect qu'il m'est possible, la joie que j'ai « de me voir cette entrée ouverte pour faire con- « noître à Votre Majesté , par les plus soumises et « sincères actions de mon obéissance, quelle est « la vénération que j'ai et toute ma maison aussi « pour le très-glorieux nom de Votre Majesté ; avec « quelle fidélité et quel zèle je professe toutes les a vénérables lois de servitude à la royale personne « et maison de Votre Majesté ; combien les accidents « arrivés à Rome ont été éloignés de nos sentiments, « et avec quelle amère douleur j'ai appris que moi « et ma maison ayons été ep cela chargés d'imputa- « tions sinistres et bien éloignées de cette révérence a et dévotions que nous professons et que nous au- « rons toujours un particulier désir et ambition de « professer envers Votre Majesté — »
D'autres articles du traité stipulaient en termes exprès dans quelle forme seraient adressées à Louis XIV ces rétractations humiliantes, et quels personnages seraient également soumis à de pareils désaveux ou à la disgrâce du pape. 11 y était dit encore :
« Art. VIL Le seigneur don Augustin ira audevant de M. l'ambassadeur à San-Quirisco, s'il vient par la Toscane, et à Civita-Vecchia , s'il vient par mer, et à Narri, si c'est par la Romagne ou la Lonibardie, et lui témoignera en même temps le déplaisir de Sa Sainteté pour l'accident arrivé le 20 août.
c V 111. Le jour que madame l'ambassadrice arrivera à Rome, la signora donna Bérénice ou madame la princesse Farnèse ira au-devant de ladite dame ambassadrice jusqu'à Pontemalle , et lui témoignera l'extrême déplaisir qu'elle a , et que tous ceux de sa maison ont aussi, de l'accident du 10 août, etla joie qu'elle ressent du relourde Son Excellence.
« IX. Sa Sainteté ordonnera d'une manière précise et efficace à ses ministres de porter à l'ambassadeur de Sa Majesté le respect qui est dû, à lui qui représente la personne d'un si grand roi , fils aîné de l'Église, tant aimé et estimé de Sa Sainteté...
« XII. Toute la nation corse sera déclarée incapable de servir à jamais, non-seulement dans Rome , mais aussi dans tout l'État ecclésiastique....
« XIII. Il sera élevé une pyramide à Rome, vis-à-vis l'ancien corps de garde des Corses , avec une inscription dans des termes concertés, qui contiendra en substance lé décret rendu contre la nation corse... »
Lorsque le pape eut subi ces engagements, les plus durs que l'orgueil d'un roi étranger eût jamais imposés au père des fidèles , Louis XIV restitua au domaine de Saint-Pierre Avignon etle Comtat Venaissin, et la paix lut rétablie avec Rome. Ajoutons que le gouvernement royal, satisfait de la condescendance du pape ,