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LOUIS XIV ET LA HOLLANDE

avaient fondé, eux aussi, une Compagnie des Indes occidentales qui leur assurait en quelque sorte le monopole des échanges avec plusieurs empires d'Afrique et d'Asie, spécialement avec le Japon, le Malabar, Ceylan et la côte deTloromandel. En ce temps- là le cap de Bonne-Espérance était une colonie hollandaise.

La république comprenait sept provinces unies par un lien fédératif, et à la tête desquelles se plaçait naturellement la Hollande. Les états généraux siégeaient à la Haye. Dans le principe, un stathouder commandait l'armée et la flotte, un « grand-pensionnaire » avait la garde des sceaux et des archives, comme aussi la présidence de l'assemblée. C'étaient deux chefs, l'un militaire, l'autre civil, préposés au gouvernement d'un État. En i65o, lorsque mourut Guillaume II, prince d'Orange, le parti populaire, opposé à sa maison , prévalut un moment et se servit de sa victoire pour abolir le stathoudérat. A la tête de cette faction étaient Cornélius et Jean de Witt, hommes de mer, renommés par la sincérité de leur patriotisme. Leur domination, quoique glorieuse, quoique illustrée par une lutte contre l'Angleterre, ne tarda pas à déplaire au pays. La Hollande regrettait la noblesse, elle conservait des sympathies h la maison d'Orange, énergique ennemie des Anglais. Pour se faire des appuis au dehors, le grand-pensionnaire, Jean de Witt, avait depuis quelques années conclu avec Cromwell la paix de Westminster, par laquelle l'Angleterre garantissait que nul prince de la maison d'Orange ne serait stathouder de la république. Plus tard il avait négocié avec Louis XIV le célèbre .traité d'alliance de Paris , qui

fut si favorable à la France, tandis que les Hollandais ne cherchaient qu'une garantie réciproque des droits de chaque État. Bien que mécontent d'avoir ainsi donné satisfaction aux vues ambitieuses de Louis XIV, Jean de Witt se défiait surtout de Charles II, roi d'Angleterre, et imputait à ce prince, non sans raison, l'arrière-pensée de faire arriver au gouvernement des Provinces-Unies le jeune prince d'Orange, alors âgé de seize ans, et qui était fils d'une princesse de la race des Stuarts. Indépendamment de ce grief, il existait entre la Hollande et l'Angleterre des causes graves de dissentiment, telles que la jalousie et la rivalité de leur commerce maritime, circonstance qui avait déjà suscité une guerre entre les deux peuples et menaçait d'en faire éclore une seconde. Jean de Witt, ennemi de l'Angleterre, allié douteux de la France , portait une haine ouverte au gouvernement espagnol , et lui imputait de vouloir, par la perfidie ou la force , ressaisir l'entière domination des Pavs-Baset mettre fin à findépendance de la Hollande.

La situation étant ainsi tendue à l'extrême entre l'Angleterre et les Provinces-Unies, des hostilités réelles, des collisions sanglantes éclatèrent d'elles-mêmes, et, le 4 mars i665, le roi Charles II déclara solennellement la guerre à la république de Hollande. Le 1 3 juin de la même année, la flotte du roi, forte de cent quatorze voiles et commandée par le duc d'York, et la flotte hollandaise, de cent trois voiles, sous les ordres de l'amiral Wassenaer, se livrèrent bataille à la hauteur de Lestoff, sur la côte de Suffolk. Les Hollandais, vaincus, perdirent vingt-deux vaisseaux ; le duc

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