‹ Histoire de FranceChapitre 90 sur 192 · CONFLITS RELIGIEUX · texte numérisé non relu

CONFLITS RELIGIEUX

défendre contre les envahissements de leurs rivaux, et ne trouvaient plus sous la main les armes qui auraient pu encore les faire craindre. C'était d'ailleurs moins l'envie que le moyen de nuire qui leur manquait, et leur soumission , en dépit des apparences, n'était ni sincère ni sérieuse. Le vieux cri : « Malheur aux vaincus! » pesait sur eux comme une menace permanente et faisait fermenter l'espoir de la révolte dans leurs cœurs. On peut s'en faire une idée en lisant le passage suivant extrait d'un Mémoire que rédigea plus tard l'un des petits-fils de Louis XIV, élève de Fénelon, dont la mémoire est restée en honneur chez tous les amis de la miséricorde et de la justice. Parlant de l'attitude des calvinistes sous le gouvernement de son aïeul, le royal écrivain s'exprimait en ces termes t

a II est vrai qu'ils ont causé ( les protestants ) moins de désordres sous le règne actuel que sous les précédents , mais c'étoit moins la volonté de remuer qui leur manquoit que la puissance. Encore se sont-ils rendus coupables de quelques violences et d'une infinité de contraventions aux ordonnances, dont quelques-unes ont été dissimulées, les autres punies par la suppression de quelques privilèges. Malgré leurs protestations magnifiques de fidélité et leur soumission en apparence la plus parfaite à l'autorité, le même esprit inquiet et factieux subsistoit toujours et se trahjssoit quelquefois. Dans le temps que le parti faisoit au roi des offres de services, et qu'il les réalisoit même, on apprenoit par des avis certains qu'il remuoit sourdement dans les provinces éloignées et qu'il entretenoit des intelligences avec l'ennemi du dehors. Nous avons en

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main les actes authentiques des synodes clandestins dans lesquels ils arrêtoientde se mettre sous la protection de Cromwell , dans les temps où Ton pensoit le moins à les inquiéter, et les preuves de leurs liaisons criminelles avec le prince d'Orange subsistent également. L'animosité entre les catholiques et les huguenots étoit aussi toujours la même...

a On n'entendoit parler dans le conseil que de leurs démèlésparticuliers : les catholiques ne vouloient point admettre les huguenots aux assemblées de paroisses ; ceux-ci ne vouloient point contribuer aux charges de fabrique et de communauté ; on se disputoitles cimetières et les fondations de charité ; on s'aigrissoit, on s'insultoit réciproquement. Les huguenots , dans les campagnes où ils n'avoient pas de temple , affectoient , dans le désœuvrement des jours de fête , de troubler l'office divin par des attroupements autour des églises • et par des chants profanes. Les catholiques, indignés , sortoient quelquefois du lieu saint pour donner la chasse à ces perturbateurs , et , quand les huguenots faisoient leurs prêches, ils manquoient rarement d'user de représailles. Il arriva un jour que les habitants d'un village de la Saintonge , tous catholiques , mirent le feu à la maison d'un huguenot qu'ils n'avoient pu empêcher de s'établir parmi eux, donnant pour raison qu'il ne falloit qu'un seul homme pour répandre peu à peu l'hérésie dans tout le village. Les protecteurs de la réforme firent grand bruit de cette affaire, où il s'agissoit d'une chaumière estimée 460 livres, et il en fut question dans le conseil. Le roi, en condamnant les habitants du lieu à dédommager le proprié-

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