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Wolsey lui indiquait les moyens de rompre ce i5a5. mariage. U se préparait à déclarer la guerre à l’empereur; enfin les Vénitiens, le pape, la régence de Toscane et les ‘Suisses s^alliaient avec la duchesse d’Angouléme. '
- - La France présentait de toutes parts une liarrière impénétrable ; dans les Pyrénées , le ' maréchal de Lautrec couvrait la frontière avec une bonne armée ; du côté des Alpes , les déûlés étaient gardés par le dtic d’Albanie avec le resté de l’armée >de Pavie.irLés généraux de l’empereur ne poutvaient cmtreptendre de pénétrer en France , sans -laisser 'la Lombardie exposée à une invasion des Suisses et des Yénitîeàs, dont le sort s’attachait «lors-à< celui de la France. D’ailleurs , depuis le licenciement d’une partie de l’infanterie commandée par Pescara ;'ies troupes impénalës' de cette arme Consistaient ''pritiaij^lemeDt dans le corps conduit dan» lift Péninsule pitr lé connétable de. Bourbon ; ce corps était plus’ attiaob|é'à Bourbon qu’à.l’empereinr. Bourbon s^Ëiait Vengé aveb éclat ; les suites 'de sa ' vengéânce l’effrayaiùrt lui-même. La r^fente lui écrivait’ des lettres affectueuses , elle le lai&ait maître des conditions de son retour en France, elle lui offrait, en dédommagement de la reine Eléonore',' <Rénëe de France , seconde fille de Louis Xll., avec une dot proportionnée à sa naissance. Le connétable attaché à sa patrie, malgré les injustices de là coiir, eût brisé les fers du roi . prisonuier, si les généraux de l’empereur, eu se
i5o5. livrant à quelque entreprise éloignée ^ lui avaient laissé les moyens d’exécuter ce projet. .
a5. Dans cette disposition des choses^ Charles- Quint cherchait par la voie des'vnégociations à tirer les plus grands avantages possibles du malheur de son adversaire. L’évèque d’Osma , confesseur de Charles-Quint , conseillait au monarque de traiter François 1." d’une manière généreuse. La plupart des ministres regardaient au contraire ces idées chevaleresques de générosité comme ne pouvant s’allier avec la politique. Us proposâioït de vendre au roi de France sa liberté au plus hant prix. Cette opinion convenait au caractère de l’empereur, elle fut adoptée. Lé comte de Rceux; eat ordre d’offrir à François I.'*^ les conditions sui-
vantes : Rendre 'à l’empereur le duché de Bour* gogne; l’exempter <le l’hommage pour ce duché ejt pour la Flandre et l’Artois; céder la-Provence et le Dauphiné au connétable de Bourbon ; satisfaire, le roi d’Angletere' suri ses prétentions ^ et renoncera tons ses droits sur Naples ,.Milaniot 'tout autre état d’Italie. Ces cessions devaient être ratifiées par les états-généraux ide France, et' mises à exécution avant que le roi ne recouvrât sa liberté. L’empereur voulait cimenter ' cet étrange' traité par.ilë mariage du dauphin avec l’infànte Marie de Poi> tugal, fille de la princesse Eléonore.
François I." ne put entendreices propositions sans ressentir l’indignation la plus violente; tirant son épée,ils’écria:<( Pubque jesuisdestiuéàécouter
FBANÇÜIS i."
de pareilles demandes , il ne me reste plus qu’à mourir». Alarcon saisit le bras de François I."' lise
calma peu à peu ; mais il déclara de la manière la plus formelle sa resolution de rester prisonnier toute sa vie , s’il fallait acheter sa liberté à un prix honteux. ‘
Ces prétentions odieuses augmentaient le chagrin que ressentait François de sa captivité ; le désespoir se fàt emparé de lui, s’il ne l’eùt éloigné en s’attachant à la seule idée dont il pouvait recevoir une faible' consolation. 11 se persuada que les propositions faites par le comtei de Rœux ne venaient pas immédiatement de l’empereur , mais de son conseil espagnol. D’après cette supposition , il se flattait d’écarter , dans une entrevue avec l’empereur , la plupart des difficultés' dont les minû^rés éntoùrüiéùt l’aSaire de sa délivrance.) Lannoy hii avait inspiré cette fausse ■ idée. ' • Pisighitone pouvait être d’iui jour à i l’autre investie par les Yénitiens et les Suisses, dl même par les troupes aux ordres du connétable de Bourbon, liannoy avail prévenu l’empereur de la •presqu’impossibilité danis laquelle il sc' trouvait de répondre du prisonnier. La* régente de France venait d’envoyer eh Espagne l’archevêque d’Embrun, François de Tonmon-. Ce ifégociateur devait d’abord ©ter à l’empereur toùCéspoir d’obtenir le démem- .brement de la monarchie par le suffrage des étatsgénéraux. U était autorisé à oflrir une cession absolue des drpits de la maison de France sur le
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i5a5. royaume dë Naples; la translation dé cès mêmes droits à l’égard du Milanais , de l’état de Gènes , et du comté d’Asti, sur la tête de Henri II, fils du roi , en faveur de son mariage avec Marie de Portugal J nièce de l’empereur ; une renonciation do toute suzeraineté sur les comtés de Flandre et d^Artois ;,un désistement des droits de la couronne sur les villes de Lille , Douai et Orcliie; enfin une satisfaction dont le connétable de Bourbon serait content. ' ' ' ' .
Charles-Quint recevait en tnême temps les pro-» positions de la duchesse d’Angoulême, elles lettres du comte de Lannoy dans lesquelles il lui laissait appréhender que François I.*” ne fût mis en liberté. Sentant la nécessité.de l’élodgner de la l40mbardie , il regardait cette transdation comme enilièrement i hasardeuse. • On ne- pouvait la > tenter, sâns( traverser la territoire des puissanQÇs;suspèctes, oit courir les iisques de tomber dans flottés! de Laiàyette et de Doria, en cr<^ièrei$ur Ja Méditerranée. -'i
Charles feignit de prêter l’oreille |aux^ propositions de François de Tournoh. Lahnoy «t Alarçon cnrcDt ordi'c de communiquér octte dispositon à François I.*' Ce prince s’était conduit aVec la dernière inconsidération avant la bataille de Pavie. U y mit le comble en demandant, comme' unes grâceÿ d’être transporté en Espagde^ dans uii téoips où {a marine française s’opposait invincibleitmnjt à. Cette translation , et où ses amis s’agitaient,pour lui ren-
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lire la liberté en Italie. Lannoy employa toute sa souplesse à confirmer le monarque dans ce sentiment, et concerta avec lui les moyens de l’ex«3cuter. François fournit les vaisseaux sans lesquels ce voyage était impossible.
, Lannoy , sans communiquer son projet à Bourbon et à Pescara , supposa un voyage que le roi désirait de faire à Gènes. Mais comment , dans le conseil de la régente, personne ne découvrit le pit^e? Comment ne fit-on pas sentir à cette princesse combien il était dangereux de laisser sortir le roi , sur de vaines promesses, d’un pays où l’empereur exerçait une autorité précaire , et de le précipiter dans les prisons d’Espagne , d’où il serait impossible de le retirer sans subir la loi du vainqueur. Ces observations ne furent pas faites. La flotte de la Méditerranée eut ordre d’envoyer à Gènes six galères montées par des soldats espagnols, et de lui laisser faire librement le voyage d’Espagne. François 1." s’embarqua sur ces vaisseaux. Les vents poussèrent la petite escadre assez près des côtes de France. L’infortuné monarque passa à la vue de son royaume , vers lequel ses vœux et ses regards se tournaient avec douleur. On aborda en peu de jours à Barcelonne, et bientôt après, François fut logé par ordre de l’empereur dans le palais de Madrid, sous lu garde du vigilant Alarçon.
Toutes les puissances d’Italie parurent frappées de stupeur apprenant cette translation. Bourbon et Pescara , se regardant comme méprisés , remplissaient la Péainsule de leurs inutiles plaintes.
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Pendant le séjour du roi de France à Pisighitone , la difficulté de le garder rendait les forces des alliés de la ï’rance supérieures à celles de l’empereur. L’extrême facilité , au contraire , de le resserrer dans un château de Castille augmentait les avantages des Impériaux. La garde du prisonnier, ne faisant plus diversion , les vieilles bandes espagnoles, malgré leur sensible diminution, suffirent à la défense de la Lombardie et du royaume de Naples. Ce n’était cependant pas le plus funeste effet du voyage de François 1."' à Madrid.
^ De tous les peuples de l’Europe , les Italiens calculaient le mieux les chances dlplonjatlques dans le seizième siècle. Ils prévoyaient aisément que le roi de France , hors de l’Italie , abandomierait sans répugnance ses droits sur cette région, si cet abandon devenait le prix de sa liberté. Suivant Guichardin , la plupart des conseillers de l’empereur insistaient sur cette renonciation.
Si Charles - Quint eût abandonné son projet de démembrer la France , le suprême intérêt de rendre la liberté au roi aurait assurément déterminé la duchesse d’Angoulême à livrer l’Italie à ses propres forces , c’est-à-dire à la discrétion de l’empereur. Dans cette appréhension, les puissances italiennes, ne pouvant attendre aucun avantage do leurs liaisons avec la France, devaient songer a prévenir leur ruine en négociant avec l’empereur.
Charles-Quint avait promis la couronne de Bourgogne au connétable de Bourbon. Il ne se croyait pas en mesure de tromper un prince considéré
commcle premier général de l’Europe. Ce général , »5a5. marchant à pied à la tête de ses soldats , à l’exemple des anciens généraux romains , et partageant leur mauvaise comme leur bonne fortune , avait pris sur eux un tel empire , qu’ils l’auraient servi envers et contre tous , à la charge même de trouver leur solde à la pointe de leurs épées. L’embarras de Qiarles fut le principe de l’invariabilité avec laquelle , durant près de treize mois, il insistait sur la cession delà Bourgogne, delà Provence et du Dauphiné.
La longueur de cette négociation offrait aux puissances d’Italie une occasion de se soustraire à la domination de Charles-Quint. Bourboit , craignant que les deux monarques signassent un traité contraire à ses intérêts , vint en Espagne auprès de Charles-Quint. Pescara , chaîné en son absence du commandement de l’armée de Lombardie , ne perdait aucui\e occasion de Lire éclater son ressentiment contre le vice-roi de Naples. 11 l’accusait même de s’être montré lâche dans le danger , et insolent après la victoire.
Charles-Quint , voulant apaiser les clameurs élevés contre lui, venait d’accorder à François-Mal ie Sforza l’investiture du Milanais , avec des conditions très-onéreuses. On pouvait considérer le nouveau duc de Milan comme le sujet de l’empereur ])lutôt que comme le vassal de l’Empire. Le bon ])laisir d’un suzerain ambitieux devenait le seul garant de la sûreté de Sforza. On s’attendait à le voir bientôt dépouillé d’une souveraineté à peu près
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i5a5. icBagirialre. L’empereur ne devait pas manquer d« prétextes. La réunion de la Lombardie et du royaume de Naples dans les mêmes mains présageait évidemment l’asservissement prochain de l’Italie. On ignorait à quelles conditions il plairait à Charles-Quint de rendre la liberté à François 1.*' Dans cette incertitude , les confédérés d’Italie résolurent de détacher le marquis de Pescara du service d’Es- '■ pagne, en lui offrant la plus brillante fortune.
Cette trame fut ourdie avec beaucoup de secret par la régente de France , et les gouvernemens de Venise , de Rome et de Milan. Jérome Morone , devenwcbancelier de Milan , fut chargé de cette négociation. Connaissant la vaste ambition de Pescara , il fit tomber la conversation , dans plusieurs entrevues , sur les circonstances de la bataille de Pavie.
Pescara traitait toujours ce sujet avec feu. Morone insistait sur l’affectation avec laquelle l’empereur récompensait Lanuoy d’une victoire à laquelle il avait peu contribué , et semblait oublier ceux auxquels il devait ses succès. Il lui laissa entendre peu à peu quele moment arrivait dese venger des affronts dont il avait à se plaindre , et de se couvrir d’une gloire immortelle en déUvrant sa patrie du joug des étrangers. Il lui montra toutes les puissances d’Italie disposées à le couronner. L’inlànterie espagnole était seule redoutable, ne dépeqdait-il pas de lui de la disperser dans les villages , où dans une seule nuit ces soldats seraient massacrés par les
peuples
peuples indignes de leurs exactions. « Les princes d’Italie , sur le point de recouvrer leur indépendance par la réunion de leurs forces , tournent avec inquiétude leurs yeux sur vous. Osez vous asseoir sur le trône de Naples : la fortune vous le présente comme la récompense digne du libérateur de l’Italie. Le pape, en qualité de souverain, vous offre l’investiture; la France, Venise , Florence, Rome et Milan garantissent de concert cette possession en votre faveur ».
Pescara , frappé de la grandeur de ce projet, parut incertain. Des jurisconsultes furent chargés de décider si un sujet pouvait légitimement prendre les armes contre son souverain , à la voix du suzerain dont le royaume relevait. Les sentimens des théologiens de Rome et de Milan se conformèrent aux désirs du pape. Les négociations continuèrent. Pescara parut prendre avec ardeur les mesures dont cette révolution devait être la suite.
Cependant les difficultés de l’entreprise , et une maladie de Sforza , regardée comme mortelle , avaient déterminé ce générai à ne donner aucune parole formelle. 11 crut plus prudent d’attendre de l’empereur Milan en récompense du service le plus important , que de rechercher une couronne incertaine. L’empereur connaissait les principaux détails de cette conspiration ; il se préparait à faire arrêter Pescara , lorsqu’il reçut sa lettre. Feignant d’être satisfiiit de sa fidélité, il lui ordonna de Tome yil. i4
-i525. continuer ses entrevues avec Morone , et de se procure? des preuves juridiques.
Pesoara ne pouvait se dissimuler combien le silence gardé par lui devait paraître suspect ; il n’osa refuser l’odieuse commission dont on le chai^eait : à sa honte étemelle, il joua le rôle le plus infâme, celui de séduire pour trahir. Ce rôle joignait la difficulté extrême à l’extrême scélératesse. Pescara sut tromper l’œil pénétrant de Morone , auquel Guichardin avaitentendu dire plusieurs fois : a L’Italie renferme peu d’hommes dont la fourberie égale celle de Pescara ». Morone viht trouver ce général dans riovarre , où devait être mise la dernière main au complot. Antoine de Lève était caché avec plusieurs soldats derrière une tapisserie. Morone est arrêté au sortir de cette audience ; on le conduit au château de Pavie. Pescara , son com- ' plice , a l’audace de l’interroger eomme son juge. L’empereur déclare Sforza déchu du duché de Milan. Pescara se rend maître de toutes les places du Milanais.
Le mauvais succès de cette conspiration augmentait la puissance impériale en Italie ; cependant Charles se dérida â se réconcilier avec Francis 1.*' Pescara , se croyant perpétuellement sur le point d’être arrêté , mourut presque subitement. Bourbon , quittant l’Espagne , vint prendre le commandement de l’armée impériale en Italie.
DE
FRANGE