‹ Histoire de France (volume 2)Chapitre 8 sur 27 · Tome ni · texte numérisé non relu

Tome ni

Le» armes ottomanes sé tournaient alors contre la Hongrie. Les rivalités les plus fâcheuses , perpétuées dçptns les guerres des Hussites, afiàiblissaient ce, pays ravagé. Les nobles, miém armés que les populaires , et favorisés secrètement par le clergé , eurent le dessus. Le peuple devint seifdes nobles et des prêtres. Les individus de ces deux ordres se regardèrent comme formant seuls le corps politique de la narion. Seuls, ils élisaient les rois 5 seuls , ils composaient les diètes générales dans lesquelles résidait le pouvoir législatif. La nation asservie ne compta pour rien. ^

En vaip ht nature a rendu la Hongrie fertile en blé , en vin , en pâturages. En vain elle y fait naître des hommes robustes etinteUigens, le pays est presque désert : le voyageur étonné y rencon trait un petit nombre de villes ruinées , dés villages creusés, sous terre où les habitans s’ensevelissent avec leurs grains et leurs bestiaux, et quelques centriues de châteaux fortifiés dont les possesseurs disputaient la. souv^uineté aux Allemands et aux Turcs. Le gouvernement de ce pays ne s’est amélioré qpe sous les derniers empereurs autrichiens.

li^epuis la mort de Mathias Corvin, fils d’Huniadé ) W Hongrois portèrent sur le trône Ladislas, roi de Bohême. 11 mourut en i5i6, laissant les couronnes de Hongrie et de Bohême à son fils , Louis II, âgé de quinze ans ; ce prince , gouverné par les prêtres , étrit peu redoutable à Soliman , maître de Belgrade , au confluent de la Save et du

FRANÇOIS I." irS

Danube. A. peine les Hongrois pnrent-ils lever i5ig. trente mille hommes. Un cordelier, nommé Tomeré, promit la victoire au nom du ciel; on le créa général ; il choisit plusieurs évêques pour ses lieutenans. Les Hongrois furent entièrement défaits à la journée de Mohat , en 1636. Le roi resta sur le champ de bataille. Soliman enleva dans la Hongrie deux cent mille captifs. Les fréquentes invasions des Turcs doivent être rangées parmi les causes de la dépopulation de ce royaume.

Il eût probablement snbi le joug ottoman, si la révolte de plusieurs provinces asiatiques n’avait * conduit Soliman au-delà du Bosphore de 'fhrace.

Les Hongrois, profitant de l’éloignement de leur ennemi , remplirent le trône vacant. On élut l’archiduc Ferdinand, frère de Charles-Quint , mari de la sœur du dernier roi ; depuis cette époque la Hongrie et la Bohême furent gouvernées par les princes autrichiens.

/ Le gouvernement de Pologne ressemblait à celui de Hongrie , la couronne était élective ; cependant on prenait constamment les monarques dans la &mille des Jagellons , elle s’éteignk en 1673.

Pologne, en Suède, ^enDanemarck, on ignorait les titres de ducs , de comtes , de marquis , ri multipliés dans le midi de l’Europe. Les patriciens {>renaient le titre de nobles comme ceux de Venise.

Les nobles gouvernaient l’état suivant les résolutions prises dans les diètes génémles.

Sous le règne de Sigismondl.", le grand-maître

,^i6 HIST. DE FR. L' PART. LlV. XXllI.

19. des Teütoniques , Albei't de Brandebourg , abandonnant la religion romaine , chassa de Prusse les chevaliers attachés à cette religion. Ils se retirèrent il INÏariendal en Franconie. Albert changea son titre de grand-maître en celui de duc de Prusse.

Cet événement était amené par la religion réformée qui s’établissait alors en Allemagne , révolution singulière ; elle fut l’origine des autres révolutions survenues en Suède , en Danemarck , en Angleterre et même en France , depuis le règne de F rançois I jusqu’à celui de Henri IV.

En général , la religion réformée fut regardée comme l’effet abusif des indulgences : indulgence ' ‘signifie grâce, rémission. La pratique en remonte au berceau du christianisme. Les premiers chrétiens , conduits à sacrifier aux dieux de l’empire , par la crainte ou la rigueur des tourmens, ou ceux' dont la conduite déréglée scandalisait leurs frères , étaient exclus de l’église ; s’ils demandaient à y rentrer , l’évêque les soumettait à une pénitence publique; elle fut réglée par les premiers conciles dans les canons nommés pénitentiaux ; on en pouvait diminuer la rigueur "par l’intercession des fidèles détenus dans les prisons pour la foi ; on donnait à ces intercessions le nom d’indulgences., .

Suivant un usage établi dans la suite, la pénitence publique pouvait être rachetée ; les moines entreprirent ce commerce;ils se chargeaient, moyennant finance j pénitences dei ceux qui ne voulaient pas les acquitter eux-mêmes, ou de ceux qui

FRANÇlMS 11^7

étalent morts avant d’avoir terdiioë leur exjiiatidn.' »ô 19. De là c0tte fbrmylq usitée dans da plupart des actes de donation >à 'des î monastères-, moi, pour le remède- de nfion ame, de celle de mon ppré ^ de ma mère J etc. ; ' • '> 'ii;>ivâi.

Vers le temps des croisades, les papes accordé-; rent des indulgences- aux fidèles-enrôlés -pour ‘ces fatales expédition^; les,fiomntes, dans' des! 1 siècles ignorans, dévots et ooiromipus , - sàisissaient avin dement; une coUipensation qui,' en expiation de leurs fautes , -leur oiËfrait les dépouilles des peuples vaincus; chacun prenait la croix , et , selon l’cxptession d’un auteur- contemporain, 'il’Eiirope paruts’arracher de ses fondemens pour -tomber avec fra-cassurFAsie. ■<. t/

■ Parmi les croisét se - trouvaient des femmes et des vieillatd» , ils surcha«geaienb l’armée. Les papes les retinrent dans leurs: maisons , leur accordant . ,

'lesiiululgehcesen comlbrihuant-à .la guerre par.desdems voloutairés;. dès bureaux s’établirent, des prér. , posés recevaient l’argent et - délivraient des diplômes d’indulgences; les théologiens, rendant compte > de ce trafic, publièrent en; principe l’existence dans l’élise, d’un trésor inépuisâbléi d’indulgences dont le pape disposait souverainement.' ' s-

• Toutes, les chaires retentissaiei|t des biens inappréciables qu’on -pouvait -ae; procurer , les prédicateurs, éebaullàientlesiemes'apalhiques parles gémis- : semens des âmes de leurs- parens.; ilsdes; représem td.cnt .dans les.flaiuntcadu-purgatoife aUCndanl itne

ii8 HIST. DE FR. L* PART. LIV. XXHI.

1519. délivrance si &cile. Les hommes étant désabusés de ^ ces expéditions lointaines , les ppes firent publier d’autres croisades contre les Arabes d’Espagne , les Albigeois du Languedoc et contre les princes cathobques dont la cour de Rome avait à se plaindre.

En vain les conciles censurèrent c^ crians abus , ils subsbtèrent. Cependant les réclamations de ces conciles et la jalousie introduite entre les théologiens et les gens de lettres , les jdaisanteries et les satires lancées par ces derniers contre les moines vendeurs d’indulgences , auraient dû rendre Léon X un: peu plus circonspect ; la cu|ûdité fermant- les yeux sur le danger , une ' bulle chargea l’archevêque de Mayence de &ire prêcher les indulgences en Saxe. Jean Tetzel, moine dominicain , obtient oette commission lucrative ; • il chcHsit des coopérateurs parmi les moines de son ordre. 'Lest auguslios jomssaient d’un grand crédit dans oette contrée , l’électenr Frô* délie , surnommé le Sage , lenr aVait confié la direction’ de l’université de Wittemberg. Jaloux de là préférence donnée 1 aux dominicaias. , ils examinèrent la > conduite ^ de ces» receveurs ; ils dissipaient dans la débauche une partie.de> la rançon des âmes du puigatoire ÿ Luther &it cbaigé ^ s’élever contre ce scaachite j une dilate théologique en amena d’autres mais, au déféut de ce sujet de discorde, un autre se fût' présenté. L’abu.s de la puissance pontificale était prvenu

- FRANÇOIS I." ug

à un point excessif, le» lumières pins répandues' iSig. jetaient une grande dë&èeur sur une feule d’ab- *

surdités religieuses ; on devait présumer qUe des hommes moins aveuglés par les préjugés dn temps sonderaient les plaies fiâtes à b inOréle-d& TéVa»-^ gile par l’ignorance et la soperst^oii-.

Les livres de Wiclef et 'dè Jean Hùs , muHâpliés par rimprimerie, setrouvuient dfths bmU'coup de mains ; l’inGonséquenoe d’un clet^é passant • sa vie dans la mcdlesse , en prêchant les aUstériléft' et les piivutions , se faisait vivemént sentir. Leà* Allemands pauvres et sans commerce sè révoltaient , voyant leur numéraire prendre la route" de l’Italie, par un trafic honteux des choses saitites; up homme instruit , mettant plus d’ordre et dé clarté dans les écrits de Widef et de Jean Hus , devait produire une révolution religieuse.

Cet homme pouvait-il ne pas se rencontrer dans . un temps où l’on commençait à Cultiver les lettres: le Inthéranisme fut moins l’effet des livres de Luther 'que des réclamations générales élevées contre les abns dé la religion faits par l’église romaine. > >

Dans ■ ces réclamations , ‘ après avoir invectivé contre les hbus des indulgences, <m contestait lé' droit de celui- qui préâckit à œ commerce : les censeurs , passant à d’autres branches de l’autoéilé , ecclésiastique , les entamaient les unes après les autr^'j des pratiques les plus indifférentes de la reli^on>- chrétienne, on en vint par degrés k

1 5 19. combatfetre ou rejeter plusieurs dogmes* regardés * comme fondamentaux ; dans; l’église romaine. .

- Une. partie de ces cheogemens fut l’ouvrage de la philosophie; elle de>;int odieuse aiixepnêtres, confondant. tleur icaiise ayeO céllùidelDieii ;.fart déraisonner fut traité < -pari eux d’irréligion., r les mots atf^6i\et phi^osjppfie détinrent synonymies dans les éçrits publiés par lés , piiêtres. ■ n;*; . j 4. Martin Luther , né • à Llèbe petite viBe 1 de ? Saxe, en i485, s^éleva W>p,remier oodtRftTanJo-- . toritë du pape dans, des thèses publiéeê-'« WSt-i temberg , en i5i6„ Frédéric, duC/de|Sa)i6e,iprbtégeaitce moine dopt l’éruditioniétonnait l’Allemagne. F rédériç; joignait,, , dit-iOO 0 à son .attachement à, la religion! ^l^ifiUUe, a^ea d’âubdliganoe , pour en sentir j le» , lab^f ,L Ouyirage jdbr.pcètresi^ j et peut-être enço^ejjplus d’eRyâe vde>!js^qipâi;er!) des 'biens.imméusesrpossédéà'.daus sestiétatslpar le clergé. ; r,,, ; p:, ^

Luthé« corbbuttifÜ’abovd. dest'pratiqùes aujieifc-d titieuses généralement éondanmahlcs. Ayant tonné, ) contredes vendeurs (Tihdnl^efiéesiÿ^pâ, publiai luu . programme contenant g5 propositions, dans lésn, quelles U révoquait en. douté. sides lindulgeaitéés conddérées .en,eUe^-uiôa^ito «oRcaliawfat avfec l’iesp . prit de l’église dans le)i|$tci%p^eùtj>dùi(>éoitbn£ie,,i.

I et si .elles , pouvaieot tirof>]baKiiBa^J du«pifi;gatoire> u Tct^ répondit! auj-‘l>;?p§fikeu»é ^pan/uoé^ éx- > plicatioo de ,1a; doctrine dé l’égbâo; »ur;la ;<pwSi tion des indulgences ; usant de son pouvoir d ’in- •

' .7i 1 FRANÇOIS 17" ‘ . '••• lii

quisiteur j il livraiau^iiflarotnes l’ëcHt <le Liithprj 1619. tel fut le ridicule prélude d’une scission religieuse qtii ailtima dés bûchérs' dans lesquels péiirent des milliers de victimes^ • 1. , - . î . 1 ■

Trois ' théologiens célèbres entieprirént de venger l’honneur du SaWrt'Sicge , Ëckius, auparavant ami de Luther , Silvestre Priéro , maître du sacré palais et l’ih<^uisiteur Hùgtraat." Luther répondit surec' modération aù premier, il Kvfaau ridicule les deux antres , qui : prétendaient* Paccabler' par des cotations do Saint Thomas- d’Aquin et des autres scholastiques. Priero'^ oflFensé du ton’ niépri-: ^

sant- pris ^envers' lui par un* professeur 'jusqu’alors obscur -(Fune école de> Germanie,' revient à lit; charge par une dissertation dans laquelle , donnant le pape pour *Ie seul Sititerprète des Saintes Ecritures ,.il -fournit *à son adversaire l’oecafeidn de l’aecuser- lui-ménie ' d’hérésie et de ■ blasphè me. ' • ' ' iNe gardant jdùs ide mesures^ 'Luther - deman-' déit dans >»» . écrits l’abolition des nvotnés auxquels il lattribuait-TiiiYention du- purgatoire , pour* retirer dansi leurs couvens l’argent des sots.; ib réclamait la cqmmutiioa sous les deux cdpècès enfaveur des laïques ; il 'voulait- que les prêtres ne vendissent ni ' indulgences , ni bobéfices ,- ni dis-' penses , ni; -messes;* il débitait deé choses assez pea intelligibles snn le libre-arbilre et* la justification' religieuse! Jltfellait*^ dit-on , changer l’op'inion do' Luther*;* au moyen 'd’un chafpfeau rouge f le mé-‘ pris témoigné d^ns -Home -à un moipe dont les''

Il* HIST. DE FR. L* PART. LIV. XXIH.

iSig. talem n’étaient pas appréciés arrêta cette voie de conciliation.

Luther avait été cité à Rome ^ le traitement éprouvé par Jean Hus , à Constance , dispensait assez lé réformateur d’entreprendre ce voyage: on convint d’examiner sa doctrine dans la diète d’Augsbourg , en iSig , devant le cardinal Gajetan , légat en AUemagne. Luther vint à Augsbourg ; Cajetan l’engagea d’abord par de douces paroles à se rétracter, il lui laissa apercevoir ensuite le dam ger dans lequel il s’était mis en venant à Aogsbourg. Luther s’évada furtivement, il fit signifier au cardinal un acte dans ' lequd il appelait de se» procédures et même de celles du pape au prochain concile général.

Tandu que Luther bravait l’autorité papale dana ses livres de la liberté chrétienne , et de la captivité de Babylone;^^ tandis que le pape, ignorant combien ce. moine était prot^ én Allemagne , condaumaat se» écrits j tandis que -Fantagoniste de la> cour romaine dmmait une preuve dé courage en. se présoatant à la tfi^e deW crmsen i5ai; tandis que deretouràWittëmberg il livrait pnbliquemMit aux flammes, non sealementles décrets pontificaux lancés contre lui , mais tout le code connu sous le nom de Décrétales ; tandis qu’il supprimait les vœm monastiques , le célibet sacèrdotal , qu’il di-! minuait le nombre des sacremens et réglait la discipline du culte connu sous le nom de coi^essioit d’Augsbourg , les memes causes produisaient ail-

leurs les mêmes effets. La révolution ne fut donc iSig. pas moins arrivée , quand même Luther li’eût pas élevé sa voix contre les abus introduits dans la religion romaine.

Zuingle , curé de Claris , prêchait contre les indulgences vendues dans les montagnes de Suisse par le cordelier Samson. Ce curé , supprimant les cérémonies extérieures du culte, le ramenant à la simplicité des siècles primitife,' niait la présence corporelle de Jésus-Christ dans l’eucharistie. H fut ainsi le précurseur des calviniste. Carlostad , d’abord disciple de Luther , donna naissance aux anabaptistes.OEcolompade proposait un quatrième sys- ’ tème religieux dans. des livres où- la majesté du style se joignait aux raisonnemens les plus hardis et à la plus rapide âoqnence. K> ' ^

Ces novateurs , divisés entre eux, se réunissaient dans la haine profonde qu’ils portaient à l’élise romaine^ appdbée par eux le séjour ded’Anteohrist.

Ils se pauriagèrentinéenaiblemeat en deux sectes , la communion d’Augsboni^ , et cdle de Genève. La seconde s’étendit principalement ;eu Sume , er> France ,. en Angleterre et dans les Pays-Bas. l.a première domina èn Allemagne , en Suède, en Danemarck et généralement dans le nord de l’Ëurope. • ' •

5. La manière dont la religion réformée &t reçue en Suède &it une grande époque dans l’histoire de ce rpyaume^ • >

En Suèdcret pn Danemarck le Jtrône était éiec-

müT. DE Ffl. L' PART. LIV. XXI IL

iSig. ti£ Les communes' ne conservaient presque aucun- ■ droit pôlitiqüe eh Danemarck ; mais en Suède les agriculteurs siégeaient dans l’assemblée législative ,• composée de quatre ordres ; les noblesy les prêtres, les’bourgèois’dsés villes, et lés babitans des campagnes. Une violente antipathie régnait entre les Sué-' dois et les 'Danois. Cependant les deux . nations y réunies par le tràllé de Colmari, fiarmaient un seul empire. Ce; lien mal serré > tendait sans cesse' à. se rompre. .nir) fci;--.'!!. • ' i..j

J’ai rapporté dans les livreslprécédens cpm'ment les Suédois , opprimés par les irois de Danemarck . placèrent sur 1er trône le- sénateur- Steeh-Stdiw,' perpétu^leméntfcn- guerre avec- les ;rois deiDane-' nihcck , Christjàn I." , et Jean son fils, a j- ! » ;

En i5o4 , le roi Jean ne conservait en Sûèdé que les villes de Calmar et .de Borchorai. La<mortdc Steen-Sture augmenta les troubles. Le plüs grand nombrc.dés 'sénateurs choisit, en qualité d’adminis' tlialeurdu royaume^ Suatite-lNilsod-Sturjc. D’autres' appelaient . le -col de Danemalckr à ':1a' couronne.* Ij’administrateur mofirüt en: 1 Ui 11 leât'pour successeur son fils y Stenon-Sture. Christian 11 régnait aIoiîs.en.DahentiBrckr;Ge prinée, ,pi-épara la’ révolution dont' lus * suites Éivofisèrerit. Gustave Yasa,i et. donnèrent en Suède à la religion réformée la pboedejar'èligionir.on^atu^i! j.j Joeb "î >iu •/ r : > f.

CfiristÀshîi avait tenté un*B iuvasima eh Suède durant l’:»iriéc i5i8. Vaincu, il feignit* de désirer la: paix , et oirritd’ep-i''é(^er les ai’litleadanaStoidiolni ,

IT.ANÇOIS I."

ii condition que six otages seraient remis dans ses » mains. On accorda les six otages. Parmi eux se trou- \ ait Gustave Vasa. Christian les fit charger de chaînes au moment où ib entraient dans le vaisseau dar iK^s, tourna ses voiles vers les côtes de Danemarck , et se prépara à rentrer hostilement en Suède , après avoir obtenu une bulle de Léon X, dans laquelle les Suédois étaient frappés d’excommunication.

Les foudres pontificales, méprisées dans plusieurs pays où les sciences avaient lait des progrès , conservaient leur influence chci les Suédois agrestes ct'ignorans. Elles favorisaient les armes danoises. Stenon étant mort eu. 1620, les Suédois, affaiblis et divisés , couronnèrent Christian.

>Cc monstre se rendit coupable d’un des crimes les plus atroces dont fassent mention les fastes de runivers. De concert avec Trolle , archevêque d’Lpsal , il avait obtenu la buHe d’excommunication . contre les Suédois; mais , parvenu au trône , il avait juré sur les espèces eucharistiques un entier oubli du passé. Sur la foi de cçtte réconciliation , le roi invite à souper deux évêques, le sénat et un grand nombre des principaux seigneurs de Suède , parmi lesquels se trouvait Eric Vasa, père de Gustave. Les tables étaient servies. La joie brillait sur tous ies fronts. Le roi et l’archevêque sortent sôus quel- ,<jAie prétexte. Us rentrent un moment après , suivis de satellites et de bourreaux. L’archevêque , la bidle du pape à la main , fait massacrer les convives. Cette fête de deux tyrans^fut terminée par

i5>9. le pillage de Stocholm, où l’on extermina plus de six cents citoyens. Les assassins , se répandant ensuite dans les provinces , égorgèrent les parens et les amis des proscrits.

Gustave Yasa s’était échappé de sa prison .en i5ai. U erra dans les montagnes de Dalecarlie sous un habit de paysan. 11 travailla aux mines pour subsister. Se faisant enfin reconnaître par des hommes auxquels toute politique était inconnue , Gustave se vit bientôt à la tête d’ une armée. Lubeck fournit des armes à feu. La guerre fut san^nte. Christian donna de nouveaux exemples d’atrocTté.

II £nt enfin chassé , non seulement de Suède , mais encore de Danemarck , en i5aa.

En i5a5, Frédéric 1." régnait à Copenhague, et Gustave Yasa à Stocholm. Ihms l’un et l’autre royaumes , les plus riches domaines appartenaient au clergé. Ces biens rentrèrent dans le commerce par l’introduction de la religion réformée. Ce chan- . gement s’opéra en Danemarck sans l’intervention de la puissance royale. Frédéric , ayant embrassé le luthéranisme en i5a5 , et laissé à un chacun la liberté de se conduire dans sa croyance comme il le jugerait convenable, la ville de Mahnoë renonça la première en iSaS à la religion romaine. Les autres villes de Danemarck ne tardèrent pas à suivre cet exemple. La révolution ne fut pas si paisible en Suède.

Gustave sentait le danger d’attaquer ouvertement vue religion dont les prêtres riches pouvaient être

dti^cndus par un peuple superstitieux. 11 dioisit une i5i^ vuie détournée. Ses ministres représentèrent aux quatre ordres que la rareté du numéraire devait être attribuée à la quantité d’argent tiré du royaume par la cour de Rome. On fit remarquer avec q*ucl acharnement les évéques avaient embrassé le parti des rois de Danemarck, et quelle influence dans les malheurs publics ils pouvaient tirer de leurs immenses richesses. Il était nécessaire de diminuer les impôts. On pouvmt y suppléer en réunissant au domaine royal le superflu des biens du clergé.

Ces propositions furent l’objet de la discussion la plus orageuse. Les bourgeois et les agriculteurs les adoptaient. Les chambres du clergé et de la noblesse se réunissaient pour balancer le voeu des communes. Gustave , voulant fixer l’indécision des quatre ordres , leur parle en ces termes : «c J’ai accepté la couronne dans l’espoir de rendre la Suède heureuseret Porissanteÿ ce souhait ne peut être accom- ' pli sans une prompte diminution des charges publiques , et une attention suivie d’empécher le numéraire de sortir du royaume. Dans cette unique vue je vous ai proposé de donner une autre destination aux biens dont vos ancêtres ont enrichi le clergé , et qui ne sont pas néccssaûres aux ministres de la religion. Si ma proposition n’est pas acceptée, je vais descendre du trône , et le céder à celui qui trouvera un ordre de choses plus favorable au bien public ». ' ■ *

Plusieurs prêtres et fJosieuis nobles avaient été

128 mST. DE FR. I." PART. [JV. XXIII.

519. gagnés. Stocholna, dont l’exemple était d’un grand poids, aniionça par une députation aux états-généraux, que Gustave était le seul roi dont elle voulait reconnaître l’autorité. Tous les biens acquis par le clergé , depuis l’origine des troubles de Suède , fièrent réunis au domaine royal par un décret des états. Le même décret défendait aux évêques de condamner les laïques à des amendes , de porter les affaires ecclésiasticpies- à la connaissance du pape , et laissait à chacun la liberté de conscience.

Ce premier point emporté, la religion réformée fut bientôt reçue dans le royaume. La diète de 1628 la déclara religion nationalè.

6. Depuis le traitéconclu entreles fcours de.France et d’Angleterre pour la restitution de Tournai , une étroite correspondance s’établit entre François et Henri. Les deux rois fixèrent au 4 juin une entrevue dans laquelle ils conviendraient de tous les articles du mariage entre le dauphin et Marie d’Angleterre.

Des commissaires respectifs préparèrent dans Ardres et dans Guines des logemens pour les reines et leurs cours. Leqr présence’ devait donner à cette’ entrevue le plus brillant' éclat d’une fête galante. Le bruit de ces préparatifs avait décidé Charles-Quint à ‘ quitter brusquement l’Espagne , sous prétexte de recevoir dans* Aix-la-Chapelle la couronne de Germanie.

Au lieu de diriger sa course vers la Belgique , il prit terre à Douvres, et n’oublia rien pour rompre

un

un voyage dont il redoutait les suites. Les choses iSsu. étaient trop avancées. Des hérauts d’armes , envoyés *dans les principales villes ,de l’Europe , invitaient les chevaliers à se trouver aux tournois , dont les deux monarques devaient être les juges et les rémunérateurs. Henri aimait l’appareil de ces spec- . tacles ; il savait avec quelle grâce il y paraissait. Charles-Qiiint ne put l’engager à renoncer au plaisir qui l’attendait dans une assemblée singuhère et magnifique. Le cardinal Wolsey n’était pas moins jaloux de déployer sa magnificence en présence des deux cours , et de montrer l’étendue de son crédit sur l’esprit des deux rois. L’empereur, ne pouvant empêcher l’entrevue , s’appliqua à en • prévenir les effets.

Les honneurs , les richesses et le crédit dont jouissait le cardinal Wolsey , ne satisfaisaient pas son ame ambitieuse. La tiare devemjk l’objet de ses dérirs. François 1." avait promis totu son crédit^ mais l’autorité de l’empereur dans le collège des cardinaux pouvait l’emporter sur celle du roi de France. Wolsey saisit avidement l’offre feite par Charles de le servir avec chaleur. Séduit par cette perspective , il lui promit qü’il serait question uniquement de fêtes dans les conférences arrêtées entre les deux monarques , et que Henri lui ferait une visite dans la Bel^que , immédiatement après son entrevue avec François I.''

Les principales maisons d’Ardres et de Guines étant destinées au logement des reines, les deux

Page 1