CHAPITRE XIX
Succession des empereurs musulmans ,
jusqu’à la fin du seizième siècle.
A. MURAT lit , successeur de Sélim, leur montra cependant, dans une occasion délicate V qu’il était digne de les commander. Us venaient de se répandre en tumulte dans les cours extérieures du sérail , en demandant avec des cris séditieux la tête du grand trésorier , et menaçant l’empereur lui-même. Amurat tombe sur eux le sabre à la main , en tue plusieurs 5 le reste se dissipent souffre qu’on execute presque sous ses yeux les principaux moteurs de l’émeqte. Amurat avait un courage mele de cruauté qui distinguait presque tous les Turcs ; mais cette férocité que la présence du péril développait, ne produisait en lui qu’un effort momentané. Retombant bientôt dans 1 ivresse • de la volupté , son bras savait manier le sabre , mais sa tête n’était pas capable de porter le fardeau d’un vaste empire.
Mahomet III qui monta sur le trône en i5çp>
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après la mort de son père Amurat, commença son règne par faire étrangler dix-neuf de ses frères, et par faire noyer douze femmes de son père , jugées enceintes. A peine ces horreurs excitèrent - elles dè légers , murmures parmi les janissaires. Ses armées furent chassées de la haute Hongrie , de la Valaehie et de la Transilvanie. Au lieu de présider aux efforts de ses ministres pour réparer ces pertes , il se consola dans les bras de ses femmes , des malheurs éprouvés par ses troupes , sans que les guerres domestiques et étrangères pussent de tirer de la solitude de son harem.
Son indolence finit par opérer un soulèvement parmi tous les ordres de l’état. Dans cette extrémité , ne prenant conseil que de son humeur sanguinaire , il fit périr presque tous ses ministres. Ce scélérat mourut de la peste en i(k>3, à l’âge de trente-neuf ans, après avoir fait étrangler l’ainé de ses fils et la sultane qui en était mère.
CHARLES MAXIMILIEN. 5g
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