‹ Histoire de France (volume 3)Chapitre 21 sur 101 · CHAPITRE XXII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXII

Mort de Pie V. Élection de son successeur, La reine de N a carre et son fils viennent à Paris,

P ie V mourut le premier mai. Hugues , cardinal Buon Compaguo, qui lui succéda , accorda pour le mariage du prince de Bearn et de Marguerite de France , le bref refusé par son prédécesseur. Les termes en paraissaient insuflisans au cardinal de Bourbon, oncle du jeune prince, et ce fut depuis un prétexte de révoquer en doute la validité de ce mariage.

Le roi et la reine mèr^, sans s’arrêter à ces formalités pontifîcalés, et satisfaits d’avoir obtenu le consentement du pape , de quelque manière que ce fût , reçurent avec de grands té*

moignages de joie la reine de Navarre , arrivée à Paris dans les premiers jours de juin. Cette princesse fut bientôt suivie du prince de Béarn et du prince de Condé (1). Ils étaient accompagnés d’un grand nombre de capitaines , parmi lesquels on distinguait les comtes de Nassau, de Montgommeri , de la Rochefoucault , les colonels de Mouy, Téligny, gendre de l’amiral , Lavardin, Gucrchi, guerriers célèbres par leur bravoure.

Pour réussir dans la guerre qu’on feignait de projeter contre l’Espagne , il fallait éteindre jusqu’aux moindres étincelles des discordes civiles. Charles prit ce prétexte pour appeler à la cour toute la maison de Lorraine, sans donner le moindre sujet d’inquiétude aux réformés. Il lui fut aisé de forcer l’amiral de convenir qu’on ne pouvait entreprendre des hostilités étrangères , sans avoir besoin des forces du parti catholique , dont les ducs de Guise et d’ Aumale étaient les chefs : ils vinrent donc à Paris , accompagnés d’une ^cortc très-nombreuse. Le duc de Guise et l’amiral promirent sur leur honneur de ne point s’offenser mutuellement , et de remettre tous leurs anciens différends , ou à la décision du roi et de la reine

(>) Mcm. de la reine Marguerite.

mère , ou à des temps plus opportuns, quand le roi et son conseil le permettraient.'

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