CHAPITRE XXVIII
Le duc d* Anjou est élu roi de Pologne.
Sigismond- Auguste, roi de Pologne, était* mort à Cnyssin , dans la Podlaquie , le 7 juillet 1572. En lui finit la ligne masculine des princes Jagellous. Les polonais ne s’accordaient pas sur le choix d’un monarque. Le roi de Suède,. Jean III , prétendait au trône. 11 offrait de restituer à la Pologne les pays dont
(1) Brantôme , Eloge du maréchal de Biron.
CHARLES MAXIMILTEN. . IOI son père s’était emparé en Livonie. Le Czar , Juan IV, Vassilicviek , croyait aussi mériter le choix delà nation polonaise. Le besoin d’une paix solide entre la Pologne et la Russie devenait le motif de ses espérances. Le duc de Prusse comptaitparmi des nonces de nombreux partisans. Le choix fait de ce prince pour porter la couronne, pouvait réunir au royaume le duché de Prusse, regardé comme un démembrement de la Prusse polonaise. L’électeur de .Saxe et le margrave de Brandebourg , se plaçaient aussi parmi les candidats. Enfin, l’empereur Maximilien négociait secrètement pour faire élire l’archiduc Ernest son fils. Aucun de ces prélendans ne fut élu. L’Europe apprit avec surprise que le choix était (i) tombé sur le duc d'Anjou , frère du roi de France.
Il devait en effet, paraître étonnant que des Sarmates eussent été chercher un monarque chez les Celtes , avec lesquels ils n’entretenaient aucune liaison. La cour de France attribuaitcet événement aux talens de Jean de Mon- .luc ( 2 ) , évêque de Valence , ambassadeur de Charles , à Varsovie. 11 était le fruit du hasard.
(1) Daniel, tom. 6. Mènerai, Abr. chron. tom. 3.
( 2 ) Mémorial de la chambre des comptes de Paris, coté N. N. N., loi. 5iï. Le Laboureur. Continuation dos iném. du Castelnau.
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Un nain polonais, nommé Jean Crazouski , avait fait , durant quelques momeus,les plaisirs de la cour de France, par la vivacité de son esprit, comme il en causait la surprise par la petitesse de sa taille. Comblé des bienfaits de Charles et de Catherine de Médicis , il revint dans sa patrie, plein de reconnaissance pour la cour de Paris , et d’admiration pour la magnificence dont elle brillait.
Sigismond-Auguste vivait encore. Le nain polonais ne cessait d'entretenir les magnats de Varsovie des choses dont il avait été frappé dans Paris. Il aimait surtout à s’étendre sur les brillantes qualités de Henri , duc d’Anjou. Il parlait toujours avec un nouvel enthousiasme des exploits guerriers de ce jeune prince. Son langage, animé par la reconnaissance , fit insensiblement une impression profonde sur l’es-: prit des polonais.
Embarrassés sur le choix d’un monarque par la puissance même des candidats, ils ne pouvaient couronner l’un d’eux sans mécontenter tous les autres. Quelqu’un proposa le duo d’Anjou ; il fut élu sur-le-champ et presque d’une voix unanime. h
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