CHAPITRE XXIX
Quatrième traité de paix entre la cour et les réformés.
A cette nouvelle , les généraux catholiques font aux Rochellois les propositions de paix les plus avantageuses. L’armée royale dépérissait de jour en jour ; les Rochellois rejetaient tout projet d’arrangement , à moins que les articles de la pacification ne s’étendissent à tous les réformés français. Le duc d’Anjou fut contraint de souscrire à cette condition.
Tous les édits en faveur des (1) réformés furent confirmés de nouveau. Il fut convenu que les villes de la Rochelle , de Cognac, de Nismés et de Montauban , resteraient en leur pouvoir. Le duc d’Anjou n’eut pas la liberté d’entrer dans la Rochelle. Le traité fut conclu le 11 juillet. La Rochelle promit d’être fidcle à la France et envoya à Paris quatre députés en qualité d’otages. Il fut stipulé que la cour nommerait un général pour résider dans la Rochelle
( 1 ) Édit du mois de juillet i5y3.
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011 qualité de gouverneur. Ce gouverneur , n’ayant aucune force militaire sous ses ordres, était entre les mains des Rochellois un véritable otage , dont la présence les rassurait contre les duplicités de la cour. Armand de Biron fut revêtu de cet emploi. 11 entra dans la Rochelle accompagné d'uu hérault d’armes; fit publier la paix etpritpossfession de son gouvernement. Le duc d’Anjou congédia l’armée et revint à Paris.
Ce prince regardait sa transplantation en Pologne comme un véritable exil (1). Ou l’appelait chez un peuple dont il n’entendait pas la langue , regardée alors comme barbare , et* qui moins malheureux à la vérité que les f rançais, moins fanatique, moins agité , était cependant plus agreste. L’apanage du duc' d’Anjou lui valait plus que la couronne de Pologne. Ce royaume éloigné était si pauvre ,> que dans Je diplôme de l’élection, on stipula,* comme une clause essentielle , que le roi dépenserait en Pologne les revenus de son apa- ; nage de France. Il fut donc chercher avec' douleur celle terre étrangère ( 2 ). 11 avait ce- ... . ■ - , ■ ^ ■•‘y vtfw- *
( 1 ) Voltaire, Essais sur les mœurs, etc., tom. 3.
( 2 ) Le regret de quitter la France ne fut pas le seul cpie le ducd’Anjou emportaitavec lui; on sait son amour pour la marquise d’isle, Marie de Clèves, première' lemme dcHeuri F '. , prince de Coudé. Henau!, tom. 2 .
« ju 4
CHARLES MAXIMILTEN. Iû5 pendant peu de chose à regretter en France.
La cour qu’il abandonnait était en proie à autant de dissensions que 'le reste de l’état. L’était chaque jour des conspirations réelles ou supposées , des duels , des assassinats, des emprisonnemens sans forme et sans raison, pires que les troubles qui en étaient cause. On ne 'voyait pas tomber sur les échafauds tant de tètes considérables qu’en Angleterre , mais ç>n ■comptait plus de meurtres secrets , et on commençait à connaître le poison.
Cependant*quand les ambassadeurs de Pologne vinrent à Paris rendre hommage à leur nouveau roi , ou leur donna la fête la plus brillante et la plus ingénieuse. Le uaturel et les grâces de la nation française perçaient à travers tant de calamités et-de fureurs. Seize dames de la cour , représentant les seize principales provinces de France, ayant dansé un ballet accompagné de machines^ offrirent au roi de Pologne et aux ambassadeurs , des médailles d’or, sur lesquelles on avaitgravé les productions qui caractérisent chaque province.
Henri, roi de Pologne, partit au commencement d’octobre , pour prendre possession de ses nouveaux étals. La Santé de Charles son frère , chancelait alors , mais elle pouvait se fortifier. Obligé de traverser l’Allemagne (i) ,
(i) Heuri fit sou entrée publique à Paris en qualité
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il trouva partout sur sa route les preuves les plus fâcheuses des impressions répandues contre lui par le massacre des protestans , dont on l’accusait d’avoir été l’un des auteurs ; l’électeur palatin , Frédéric III , prétextant une indisposition pour éviter d’aller àsa rencontre , le fit inviter de venir , avec une partie de sa suite , au château d’Heidelberg , dans lequel il résidait. . >
Frédéric , protecteur des réformés , lui fit la réception la plus mortifiante. II fut servi presque uniquement par des réfugiés français. On exposait à ses regards des tableaux qui représentaient les massacres de la St.-Barthelemi , et durant son passage dans Francfort , plusieurs individus formèrent le projet de mettre le feu à la ville et d’en accuser les Français de la suite
du prince , pour animer le peuple à les exterminer. «
de roi de Pologne, par la porte Saint-Antoine. Oo prit à mauvais augure que ses hérauts d’armes avaient mal blasonné les armes de son nouveau royaume. Mésetau