CHAPITRE III
Bataille de Jarnac.
Tjf.s réformés étaient maîtres des ponts de Jarnac et de Châteauneuf. Ils s’étendaient sur les deux bords de la rivière. On avait informé le duc d’Anjou que l’électeur palatin levait douze mille hommes de cavalerie et d’infanterie , pour les. envoyer au secours des réformés de France j il était essentiel de les attaquer avant l’arrivée de cette armée. Dans celte vue les généraux catholiques , ayant vainement tenté de surprendre Jarnac, envoyèrent un nombreux détachement à Châteauneuf dont le pont avait été coupé : Armand de Gontault-
12 HIST. DE ER. j II e . P., L. IV.
Biron le rétablit avec une promptitude incroyable.
La bataille de Jarnac sedonnale i3 mars(i)j le prince de Condé , peu avant l’action , ayant eu malheureusement la jambe cassée d’un coup de pied de cheval, se retirait dans sa tente quand on vint l’avertir que l’armée royale chargeait. A cette nouvelle , malgré sa blessure , il se précipite au milieu de la mêlée. Cet effort de courage augmenta l’intrépidité de ses troupes -, quoique moins nombreuses d’un tiers , elles disputèrent la victoire jusqu’au moment où le cheval du prince ayant été tué , il fut fait prisonnier. Ceux qui lavait pris, voyant qu’il ne pouvait se soutenir sur ses pieds, le portèrent dans leurs bras , et le couchèrent devant un buisson. Le bruit s’en étant répandu ' dans l’armée catholique , le capitaine des gardes du duc d’Anjou ( 2 ) survint , et s’approchant par derrière , lui cassa la tête d’un coup de pistolet. Cette action brutale et lâche excita l’indignation des deux armées. On dit qu’elle fut commise par ordre exprès du duc d’Anjou, jaloux des grandes qualités militaires du prirfee
(1) Mém. de Tavannes. Mena, de Castelnau. La Popelinière, liv. i5. Discours militaires et politiques du capitaine de la Noue. Hénault , Abr. chron. , tom. 2 ,
( 2 ) Brantôme, Eloge du prince de Condé.
CHARLES MAXIMILIEN. l 3 ■
de Condé. Le meurtrier s’appelait le baron l56 ^ de Montesquiou; il flétrit un nom illustre (i).