CHAPITRE PREMIER
Retour de Henri III en France.
Henri IÎI , à la nouvelle de la mort de son frère , craignant que les Polonais ne s opposassent à son retour en France, avait pris secrètement les moyens de se mettre en liberté. J1 donna un grand festin et un bal à la Soeur
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du roi Sigismond-Auguste , son prédécesseur j profilant de la confusion occasionnée par le grand nombre de personnes qui assistaient à la fête , il s’évade furtivement accompagné de quelques Français , et prend rfvec précipitation le chemin de sa patrie ( 1 ). Les Polonais en- * voycrent à Paris des ambassadeurs pour lui déclarer qu’ils supporteraient son absence pendant neuf mois , et que , s’il n’était pas de retour en Pologne le i2 mai de l’année suivante , la diète procéderait à l’élection d’un nouveau roi. Le ternie expiré , Etienne Battori, prince de Tx’ansilvanie, fut placé sur le troue. Il épousa la sœur de Sigismond-Auguste.
Henri 111 quittait un pays où les mœurs étaient agrestes et simples, où l’ignorance et la pauvreté rendaient la vie monotone , mais exempte des grandes passions qui conduisent aux grands crimes. Ou voyait au contraire à la cour de France un mélange monstrueux de luxe, d’intrigues, de galanterie , de débauche, de superstition. 11 n’était pas impossible que ce prince rétablit la tranquillité dans un royaume agité de factions , déchiré et sanglant , mais non démembré , et dont tous les habitans se seraient réunis s’il avait été menacé d’une invasion étrangère. Les protestans ne deman-
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(») Mathieu, liv^. , » .
daient que la sûrelé de leurs personnes , de leurs biens et l’exercice paisible de leur religion. Un grand nombre de catholiques ayant en horreur l’excès de barbarie auquel les troubles religieux avaient conduit la cour, penchaient aussi pour une solide paix. C’était surtout le vœu des politiques, dont le nombre augmentait , et qui , trop faibles pour résister aux deux factions catholique et protestante, pouvaient cependant faire pencher la balance en faveur du parti dont ils auraient embrassé la défense. Ce parti avait formé le projet d’exclure Henri III du trône et d’y placer le duc d’Alençon j mais la prison du duc de Montmorency et du maréchal de Cossé ayant rompu ces mesures, il se bornait à vouloirraainter.ir la paix en France. L’autorité souveraine , déployée sans faiblesse , .suffisait pour empêcher que les réformés n’abusassent des privilèges qu’on ne pouvait leur refuser , après l’atrocité de la St.-Barlhelemi. L’empereur Maximilien et le sénat de Venise avaient conseillé cette conduite à Henri 111 , lorsqu’il passait sur leurs terres, MfWbV-. '
Mais , tandis que les politiques multipliaient les moyens conciliatoires pour rapprocher les catholiques et les réformés, les zélés des deux cultes , se réunissaient pour rendre odieux le* conciliateurs. Les évêques d'un côté > les ministres proiestansde l’autrq , leur prodiguaient
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dans leurs sermons , les noms d’athées , de me* créans , afin d’affaiblir leur autorité morale.. Le peuple, égaré par ses prêtres, regardait comme des poisons , les remèdes que de sages -médecins voulaient appliquer aux maux publics.
Cependant , on fût peut-être venu à bout de calmer son effervescence par les armes de la raison. Ce furent surtout les Guise qui, voyant dans une paix tranquille et durable , la ruine de leurs projets ambitieux, décidèrent Henri 111 à la guerre.
Ce prince partit de Cracovie le 19 juin , séjourna quelque temps à Vienne , à Venise , et vint à Turin , où pour s’attacher le ; due de Sa-» voie ( 1 ) , il lui rendit Savillan , Pignerol et la vallée de Pérouse , retenues auparavant par les rois de France, pour s’assurer de la fidélité de la cour de Turiu. . . „ . ; ^ .
<• Henri trouva auprès de Lyon la reine mère. Elle était venue au-devant de son fils, à la tête de la maison du roi , commandée, par le duc de Guise , en qualité de grand maître. Elle menait à sa suite le duc d’ Alençon et le roi de Navarre , retenus prisonniers. Le rocks remit en liberté. Médicis se fit un coupable plaisir d’apprendre au nouveau roi , que Montgom»
meri, qui, sans le vouloir, avait blessé Henri II
(>) Guicifeftcu , Hist. de la maison de Savoie.
HENRI III. r lî^
dans un tournois , fait prisonnier pendant les ^ derniers troubles , était mort sur ua échafaud* accusé de complicité avec Coligny. On assure q ue Henri 111 désapprouva cet assassinat commis avec le glaive de la justice.
Les couleurs sous lesquelles elle présentait les projets des politiques frappaient vivement un prince sans expérience. Persuadé que s, il leur donnait le temps de réussir , une partie de l’autorité royale échapperait de ses mains , il résolut de commencer son règne par un acte de- vigueur capahle. de jeter de (i) l’éclat sur son gouvernement. A la tête d'un peut nombre de troupes levées à la bâte , il veut forcer le bourg de Livron au confluent.de la Proxne et du Itbdne* Jl est «repoussé les habit ans lui criaient du haut des murs : Approchez , assassin*, venez massacreurs , vous ne nous trouverez pas endormis comme Goligny. Les finances se trouvaient dans un si mauvais état que la petite armée royale ne recevant aucune paye se débanda.
Henri fut fort heureux de n ’être pas attaqué en chemin lorsque , sous les, plus tristes auspices , U alla se faire sacrer à {feints.
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(«) Mcsm. du duc de Nevqrs , toœ. 3.,