‹ Histoire de France (volume 3)Chapitre 34 sur 101 · TV · texte numérisé non relu

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(1) Galerie philosophique du seizième siècle.

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périt ses ennemis par cette piqûre (i). Ce sortilège ne tuait assurément personne, l’expérience ne corrigeait pas. On aimait mieux supposer que si le charme n’avait pas réussi; c’est qu’on l'avait mal fait. La reine mère avait prétendu que , par ce sortilège , le duc d’Alen-* çon, le roi de Navarre et les autres chefs des politiques , avaient voulu’ faire périr Charles ; entraîné par la nature dans le tombeau, sans besoin de cette vaine et ridicule expérience. Deux favoris du duc d'Alençon , Mple et Co-* conas , furent pendus pour ce Crime imaginaire. On fit subir la question à Cosme Rug 1 gieri , florentin , accusé d’avoir fabriqué ces sortes d’amulettes. *Un sorcier , condamné à être brûlé déclara, dans son dernier interrogatoire , qu’il se trouvait plus de trente mille sorciers en France.

Ces manies étaient jointes à mille pratiques ridicules de dévotion, et ces pratiques reli* gieuses se mêlaient à la débauche effrénée.

Les protestans , au contraire , opposaient des mœurs austères aux mœurs dépravées de la cour. Chez eux l’adultère était Un crime capital; ils mettaient presqu’au même rang la messe et les sortilèges. Les catholiques et lfcs

(i) On Dominait envoûtés ceux qui étaient ensorcelés de cette manière. ..

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protestans formaient, pour ainsi dire , deux nations dont le? mœurs , les opinious , les habitudes différaient: il était bien difficile de les concilier» ~ ». , .

Catherine de Médicis avait obtenu sur son fils l’eippire le plus absolu. Ce prince infortune, se croyant environné de gens qui joignaient la volonté et un invisible pouvoir de lui arracher la vie , se livrait à tous les excès de la défiance et d’une puérile superstition. 11 établissait des confréries religieuses, dans lesquelles il’ se faisait appeler frère Henri , et ussistait à des processions couvert du froçd'uu pénitent imbécile. -> ,

L'alliage continuel des plaisirs et des cérémonies religieuses dans l’esprit de Henri III , venait quelquefois d’une autre cause que de la superstition. La reine, Louise de \ audemont, chaste et dévote, obtenait souvent du pouvoir sur lame du son époux. Henri dans des accès intermittens de tendresse , apportait dans les bras de Louise et sou amour et ses regrets. Alors la reine se permettait sur sa conduite un long examen. Plus éclairée , elle eût conseillé au roi de veiller à l’ayenir sur les besqjns de l’état et sur sa santé. Elle se bornait à lui commander des bigoteries dignes d’un moine. La stérilité de la reine entretenait les troubles de France, et surtout l’espoir des Cruise de parvenir au trône. De là ces péle-

rinages ,c es processions , ces fondations pieuses , occupations ordinaires de Henri 111, durant plus de la moitié de son règne. 11 allait à pied à Chartres, à Meaux, à Notre-Dame de Liesse, près Laon ; il promettait d’uu côté des vierges d’argent ; il fondait de l’autre des chapelles, des oratoires. La reine partageait quelquefois ses promenades pieuses 3 et à défaut de miracle , le roi faisait venir à grands frais Laurent Jombert , médecin de Montpellier, pour essayer si, par le secours de l’art, les obstacles à la fécondité de la reine pourraient être levçs.’ Les moyens humains étant nuis, les processions recommençaient,. Elles ne se terminaient pas toujours aussi pieusement qn’elles avaient commencées^ la débauche succédait aux actes de religion. Les prédicateurs osaient , dans, leurs chaires, en faire au roi les plus sanglans reproches. Le roi resta convaincu qu’il était ensorcelé : ses soupçon» tombaient sur soufrère, ' ? ■

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