‹ Histoire de France (volume 3)Chapitre 37 sur 101 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

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Mort du Cardinal de Lorraine. Conduite de ses neveux.

j e cardinal de Lorraine était mort à Avignon , en 1574. Ses trois neveux jouissaient en F rance de la plus grande considération. C’étaient Henri , duc de Guise , chef de la branche cadette de la maison de Lorraine , établie en ^France} Louis, cardinal de Guise , évêque de Metz , appelé eardinal de Lorraine après la mort de son oncle } et Charles , duc de Mayenne. La maison de Guise avait reçu un nouveau lustre par le mariage de Henri III avec Louise de Lorraine-Vaudemont. La santé de Henri 111 s'affaiblissait graduellement ; le sceptre échappait à ses débiles rhains : il le confiait tantôt à sa mère, tantôt à des favoris lâches, effé-

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minés , donl les plus célèbre furent Anne de Juyens| et Jean Nogaret de la Valette , en faveur desquels il érigea les terres de Joyeuse et d’Lpernon en duché - pairie (i) j Jacques de Levis, comte de Cailus 5 et les comtes dô Maugiron et de Sainte JVfegrain.

Ces mignons gouvernaient l'état au grc dé leurs fantaisies et de leurs vices 5 ils ménageaient les Guise dont ils redoutaient l’influence 5 et Henri , au sein de la mollesse et de l'insouciance, fermait les yeux sur los menées tor-’ tueuses ayec lesquelles les Guise s’approchaient du trône. Les Guise mettaient à profit, pour parvenir à leur but , la bassesse des favoris, la faiblesse du monarque et les momens de dépit de la reine mère. Habiles à dévouer la cour au mépris le plus mérité, en cachant la main qui dictait des dénonciations perfides , ils suivaient avec opiniâtreté leur plan d’élévation. Joignant dans leur conduite la v fourberie à l’adresse, ils jouaient la popularité dans les, campagnes, la vertu à Paris, le vice à la cour (a) ; ici censeurs rigides des

(1) Dans les lettres d’érection, leroi accordait aux nouveaux ducs et pairs séance au parlement fiprè.t les princes du sang et les princes étrangers-, et avant les autres ducs. Hénault , Abr. cbron., tom. 2 . i J <}

( 2 ) Ils avaient si bonne mine ces princes lorrains ! disait la maréchale de Retz , qn’auprès d’eux les autres

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1576. abus , là vils complaisans du roi et de la reine mère , les Guise se ménageaient l’assistance des grands , des vengeurs dans le peuple , des factions dans le clergé. Henri averti par plusieurs personnes , refusait d’ajouter foi à des avis certains, ou peut-être son état de langueur ne lui permettait pas de prendre des mesures suffisantes. ,

Mabli pense (1) que, dès le premier jour du régné de Henri III , le duc de Guise avait forme le dessein de le reléguer dans un cloître, et qu’il imagina la ligue pour s’essayer à l’usur- : pation et pour se faire des sujets avant de monter sur le trône. On pourrait douter que 1 ambition des Guise se fût élancée jusqu’à la couronne , du vivant du duc d’Anjou , agréable à tous les partis ; mais dès-lors il circulait dans Paris des mémoires et des généalogies où l’on faisait descendre la maison de Lorraine des Carlovingiens , sur lesquels les Capétiens avaient usurpe la couronne. C’étaient autant de pierres d’attente, préparées d’avance, pour légitimer les efforts auxquels les Guise pouvaient être poussés par les circonstances.

princes paraissent peuple. MUlot , Élétn. de l’hist. de France, tom. 3 .

(1) Observations sur l’hist. de France.

henri m; 149

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