CHAPITRE XX. i
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Assassinai du prince d’Qratrge. Mort du due d’Anjou.
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uiulaume de Xassau , prince d’Qrange ,fut assassiné par des émissaire» de la cour d’Ea<pagne. L’espagnol Jaurigpi le blessa d’un coup de pistolet dans Anvers ; Bahhasard Gérard le tua dans Delf» aux yeux de son épouse , qui . vit ainsi assassiner son second mari , après avoir perdu 14 premier , ainsi que son père, l’amipd de Coligny , à la journée de la St.-Barthelemi» Çct assassinat dn prince d’Orange (0 ne fui pas commis par l’envie de gagner les soixante? quinze mille francs promis par Philippe 11, mais par enthousiasme de religion.
Strada (i) rapporte que Gérard soutint, dans les tQuvmens de la question, qu’il avait été poussé à celte action par un instinct divin. Le même historien ajoute , que Jaurigni n’avait entrepris de dqnuer la mort au prince d’Qrange, qu’après avoir purgé son aroe par la confes*
(i) Voltaire, Essais sur les moeurs, totn. 3.
( 2 ) Strada de Belio Belgico.
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1583—84. s ‘ on » aux pieds d’un dominicain , et après l’avoir fortifiée par le pain céleste. C’était le crime du temps. Le même esprit dirigea la St.- Barthelemi , assassina Henri 111 et Henri IV , , et forma la conspiration des poudres en An-
gleterre. Les exemples tirés de la Bible , prêchés par les réformés et par les catholiques , faisaient impression sur des âmes également faibles et féroces ; leur fureur aveugle ne leur laissait pas comprendre que si Dieu demandait du sang dans l’ancien testament, on ne pouvait obéir à cet ordre dans le nouveau , que dans le seul cas où Dieu lui-même descendrait du ciel pour dicter de sa bouche , d’une manière claire et précise , ses arrêts sur l’existence des hommes dont il est le maître; et qui sait encore si Dieu ne serait pas plus content de ceux qui auraient fait des remontrances à sa clémence que de ceux qui auraient obéi aveuglément à sa justice.
Philippe II accorda des lettres de noblesse aux frères et aux sœurs de l’assassin ; ils en jouirent jusqu’au temps où Louis XI V s’empara de la Franche-Comté où ils demeuraient.
Alors la famille Gérard fut mise à la taille ; elle osa présenter ses lettres de noblesse à l'intendant de la province, Vanolles ; il les foula aux pieds. Le crime cessa d’être honoré , la famille Gérard resta roturière; mais elle eût conservé sa noblesse eu transportant son domicile en Espagne.
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' HENRI III. Il 3
* Le duc d’Anjou (i) était mort la même année et presque au môme temps. Les duchés d’Anjou , d’Alençon et de Berri qui lui avaient été donnés en apanage, furent réunis à la couronne. Le changement apporté par cette mort aux affaires de France , empêcha le roi d’Espagne d’employer tous ses moyens pour profiter des troubles que l’assassinat de Guillaume de Nassau avait jeté parmi les confédérés des Provinces-Unies. , ; i. ,