CHAPITRE V
Les réformés reçoivent un puissant secours d’ Allemagne.
W olsang, duc de Deux-Ponts , venait au secours des réformés , à la tête de douze mille hommes, moitié cavalerie et moitié infanterie. Coligny avait chargé de Mouy et Morvilliersà la tête de huit cents chevaux , et Briquemaud avec douze cents arquebusiers , d’aller à la rencontre des Allemands sur les frontières (a). 4 Dans cette armée se trouvaient le prince d’Orange Nassau avec ses frères, sortis de Flan-
(1) Mem. de Tavannes.
( 2 ) Méserai, Abr. chron. , tom. 3. Hist, des priucea d’Orange.
CHARtES MAXIMILIEN. X'j tlreS pour échapper à la barbarie du duc d’Albe. Le duc d’Aumale, à la têle d’un corps de quatre mille hommçs d^e cavalerie et de six mille Suisses (i), fit de vains efforts ponr empêcher le duc 'des ' Deux-Ponts de pénétrer dans le cœur de la F rance. Il traversa la Bourgogne (2), passais Saône auprès de Montreuil , arriva saris obstacle aux bords de la Loire , sé rendit maître dte la Charité, et traversa le fleuve.
D’Aumale avait abandonné les Allemands pour-se réunira l’arntée royale campée auprès de Gieu. Leduc des Deux-Ponts était mort d’une fièvre maligne, au bord de la Loire. Le comte de Mansfeld, devenu général de l’armée allemande, opéra sans aucune difficulté sa jonction avec celle de Coligny aux bords de la Vienne.
» Alors l’armée royale devenue inférieure , se retirant dans le Limousin > campait à Roche- Abeille, poste avantageux. L’amiral la suivit sans pouvoir la forcer à une action générale. Les catholiques étaient les maîtres de toutes les villes des environs; la disette força les réformés à décamper. Leur armée était brillante , mais Coligny manquait de ressources pour là nourrir. Plusieurs généraux conseillaient de
( 1 ) Belleforest , liv. 6.
(a) De Thou, liv. 14. Mem. de Castelnau , liv. 7.
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passer la Loire , de s’emparer des plus belles provinces du royaume , et même de bloquer Paris : c’était surtout l’opinion des généraux allemands , pour contenter leurs soldats avides de butin ; d’autres proposaient de se borner aux places qui tenaient encore pour les catholiques au sud de la Loire, et de dominer, sans contradiction , des bords de ce fleuve aux Pyrénées , dans des provinces où les réformés étaient beaucoup plus nombreux que dans le nord de la France.