‹ Histoire de France (volume 3)Chapitre 54 sur 101 · CHAPITRE XXV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXV

Le roi de Navarre publie un manifeste contre la ligue.

Pendant ces négociations, deux agensdu roi de Navarre offraient ses services à Henri 111, et l’exhortaient à mettre à l’épreuve le zèle et la fidélité des réformés. Henri 111 écrivait au roi de Navarre que jamais il ne signerait aucun acte capable de troubler la paix subsistante dans le royaume entre les catholiques et les proteslans, soit que ce fût alors l’intention de ce prince , ou qu’il voulût tromper jusqu’au bout les réformés.

On rapporte que l’édit de Nemours ( 2 ) ayant été apporté au roi de Navarre , produisit sur ce prince un effet physique assez difficile à expliquer. Ayant resté long-temps sa tête appuyée

( 1 ) Perefixe , Hist. de Henri-le-Grand.

( 2 ) Mathieu , de Henri III, liv. 8.

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sur une de ses mains , la moitié de sa moustache blanchit soudainement. Duplessis Mornai fut chargé de sa part de rédiger un manifeste , dans lequel Henri se. plaignait amèrement de ce que ses ennemis lui donnaient le nom d’hérétique , de relaps , de persécuteur de l’église et de perturbateur de l’état : ce qui était évidemment faux, parce que si l’orlhodoxilé des opinions religieuses, soutenues parles réformés, se trouvaient contestée , ils avaient toujours offert et ils offraient eucore de s’en rapporter aux personnes éclairées, et aux décisions d’un concile libre et légitimement assemblé.

En conséquence, le roi de Navarre suppliait Je roi de ne pas trouver mauvais qu’il déclarât haulcmcnl que ceux dont il était attaqué dans son honneur et ses sentimeus religieux , avaient faussement et malicieusement menti;. et pour éviter la désolation du peuple et tous les malheurs de la guerre, il offrait au duc de Guise , chef de la ligue, de vider cette querelle de sa personne à la sienne, un à un , deux à deux , dix à dix, ou en tel nombre qu’il voudrait , avec armes usitées entre chevaliers (1) , dans tel eudroit choisi par le duc de Guise lui-même.

Leduc deGuise, sans exposer sa personne.se flattait d’écraser le roi de Navarre par la supé-

( 1 ) Me'm. du duc de Nevers , (oui- >• Daniel , tom. 6.

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riorité de scs forces. 11 ne fit aucune réponse précise au cartel de ce prince. Plusieurs individus attachés à ses intérêts publièrent des écrits dans lesquels on assurait qu’aucun ligueur n’était conduit par animosité contre le roi de Navarre , dont la personne était respectée par tous les confédérés; mais qu’on agissait uniquement par motif de conscience et pour obtenir le triomphe de la religion romaine.

Henri , roi de Navarre, voyant l’orage le plus noir prêt à fondre sur lui , tint un conseil auquel assistèrent le prince de Condé et le maréchal de Damvillc , appelé alors maréchal de Montmorency depuis la mort de son frère aîné. Ce dernier , en qualité de gouverneur du Languedoc, pouvait rendre aux réformés les plus importans services , et les ligueurs se montraient aussi acharnés contre lui que contre les princes de la maison de Bourbon. On pri t dans ce conseil des mesures pour la défense commune.

L’expérience avait démontré aux protestansde France qu’ils pouvaient essentiellement compter sur les protestans d’Allemagne. O 11 chargea le duc de Bouillon et le comte de Chàlillou de négocier avec eux.

JR

* HEÎîki iii.

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