CHAPITRE XXXIII
La Sorbonne déclare que Henri III peut [. être privé de la couronne. Requête des ligueurs.
Les princes de la maison de Lorraine.se croyaient alors en France les dépositaires de la fortune publique. Le duc de Guise était l'idole des Parisiens \ les chaires retentissaient de ses louanges. La Sorbonne décida dans une assemr blée secrète que les princes incapables déporter une couronne avec honneur méritaient d’en être pri vés, comme on ôte l'administration d’une suer cession à un tuteur qui la gère mal (1) : maxime dictée parles Seize, etqu’ils prétendaientmettre en. pratique. Le duc de Guise 11e parlait que d’exterminer les protestans et de ruiner les princes de la maison de Bourbon. Il ajoutait .quelquefois que , ppur rendre à la religion catholique tout son lustre, on serait peut-être contraint à déposer Henri III et à le reléguer dans un cloître, comme on avait jadis renfermé Chil-
(1) Cayet , tom. 1. Journal de Henri III.
deric. Le duc de Lorraine combattait quelquefois ces assertions insensées ; mais elles étaient fortement appuyées par le duc de Mayenne , le duc et le chevalier d’Aumale, les ducs de Nemours et d’Elbeuf.
Assemblés à Nancy (1) à la fin de janvier, ils signent uu manifeste dans lequel ils exigent que le roi éloigne de sa cour les personnes dont les sentimens leur sont suspects; qu’il fasse publier les décrets du concile de Trente; qu’il établisse en France le tribunal de l’inquisition ; qu’il cède aux ligueurs , pour leur sûreté, les principales places de France; qu’il entretienne une armée sur les frontières de Lorraine, dont le commandement serait confié au duc de Guise; qu’il fasse confisquer et vendre les biens des réformés, dont le produit serait employé au paiement des dettes faites durant la guerre, et de sanctionner toutes les entreprises des ligueurs présentes et à venir : c’était parler en maîtres de l’état. Le duc de Guise se chargea de présenter au roi cette requête qui le détrônait.
(1) D’Aubigné, tom. 3 , liv. 1. Daniel, Hist. de France, tom. 6. ,
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282 Hisr. DE TR., II e . p., l. y.