CHAPITRE XXXIV
Mort du prince de Condé. Poursuites contre sa veuve.
Henri IV pleurait alors la mort du prince de Condé arrivée à Saint- Jean d’Angely,le 5 mars. Voltaire rapporte à cfe sujet une lettre de Henri IV à la comtesse de Grammont , monument précieux de ces temps horribles ;
« lise leva samedi matin, déjeuna debout, puis joua aux échecs ; il se leva de sa chaise , se mit à se promener dans sa chambre , devisant avec l’un et l’autre. Tout d’un coup il dit : . baillez-moi ma chaise, je me sens une grande foiblesse. II ne fut pas assis qu’il perdit la parole , et soudain après rendit lame. Les marques du poison sortirent. 11 n’est pas croyable l'étonnement que cela a porté dans ce pays-là. Je pars dès l’aube du jour pour y aller pourvoir en diligence jje me vois bien en chemin d’avoir
de la peine Je ne me trompe guère dans
mes jugemens. C’est une dangereuse bête qu’une méchante femme. Ces empoisonneurs sont tous papistes J’ai découve et un tueur
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pour moi.... Si je n'élais huguenot, je me ferais turc (1). »
Le prévôt de Saint-Jean d’Angely fait arrêter Charlotte de la Trémouille (2), princesse de Condé , accusée de cet empoisonnement. Il fait écarteler le nommé Ancelin Brillaut, maîtred’hôtel du prince , convaincu d’avoir fourni le poison. La princesse était enceinte ; elle appela des procédures faites contre elle, à la cour des pairs ; et après avoir été long-temps prisonnière , le parlement de Paris , sans être assisté d’aucun pair la déclara innocente sous le règne de Henri IV , et les procédures furent brûlées.
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