CHAPITRE XL
Plusieurs membres du parlement de Paris sont conduits en prison.
Bussi Leclerc, procureur au parlenfent, de- ~~ venu gouverneur de la Bastille , entre , le lundi * seize janvier, dans la grand’chambre , accompagné d’une force armée considérable. 11 ordonne aux magistrats d’enregistrer la déclaration du conseil des Seize et le décret de la Sorbonne (i) j sur leur refus, il conduit prisonniers à la Basti lie le premier président Achille du Harlay , et ceux des magistrats reconnus pour être attachés au roi. Plusieurs, parmi lesquels on comptait de Thou et Séguier , eurent le bouheurd’éviter la prison en se cachant. Ils se rendirent furtivement auprès du roi. Un grand nombre ( 2 ) de membres de la chambre des
( 1 ) Journal de Henri III.
( 2 ) Mémorial de la chambre des comptes , coté 4 K , fol. 320.
334 hist. 1 )E FR., II'. F. , L. V.
comptes et de la cour des aides lurent enfermés dans d’autres prisons.
Le lendemaiu le reste du parlement s’assemble, présidé par Barnabé Brisson. Ce magistrat en protestant en secret devant deux notaires qu’il cédait à la force, en tenant l’audience du parlement, crutse prépareruneressource contre l’incertitude des événemens, sans réfléchir sur une vérité prouvée par toutes les pages de l’histoire, que pendaut les troubles civils (1), celui qui flotte cuire deux partis, péril ordinairement victime de l’un ou de l’autre.
Environ cent quatre-vingts membres composaient alors le parlement de Paris. Cinquante étaient en prison , d’autres en fuite. Le reste s’assembla à l’ordinaire. Tous les présidons et conseillers firent serment sur le crucifix de ne jamais se départir de la ligue, et de venger la mort du dneet du cardinal de Guise contre les auteurs et les complices de ce meurtre (2). Une assemblée générale fut tenue au parlement pour régler la forme d’une administration provisoire. Les membres du parlement , le duc d’Aumale , gouverneur de Paris , le prévôt des marchands
(1) Un héraut fut envoyé par le roi pour interdire cc parlement ; il fut sur le point d’être pendu ; le duc d’Aumale le fit sortir de Paris. Daniel , (oui. 6 .
(2) Journal de Loiscl. ' *•» ,.
et les échevins, et un grand nombre d’individus de toutes les conditions (i) signèrent une promesse de réunir leurs efl'orts pour la défense de la religion catholique et la punition exemplaire des assassins du duc et du cardinal de Guise ; celle société eut le nom de sainte union. C’était une nouvelle combinaison de la ligue.