CHAPITRE XLVIIÏ
Siège dé Paris.
]VÆ ayeNne s’était avancé sur les Confins de la Touraine avec urte armée de huit à dix mille hommes j il manqua même une Occasion d’enlever le roi dans les faubourgs de Tours (a) , mais il fut contraint de faire retraite et de se rapprocher de Paris , dès que les troupes du roi
( 1 ) Mdm. de la ligue, tom. 3. D’Aubignd , tom. 3. (a) D’Aubignd, tom. 3. Cayet, tom, l. '
Tom. II, a e . part. a5
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de Navarre se réunirent à l’armée royale. Les deux rois avaient résolu d’assiéger cette capitale. On partitde Tours au moisde mai. Le roi de Navarre formait l’avant-garde ; Henri 111 menait le corps de bataille où se trouvaient le duc de Montbazon , les maréchaux d’Aumont et de Biron; le duc d’Epernon commaudait l’arrière-garde.
Toutes les places se rendaient ou elles étaient forcées. L’armée royale fut renforcée devant Pontoise par un secours de dix mille (i) Suisses et de deux mille cavaliers allemands. Le duc de Montpensier et le duc de Longueville conduisaient en même temps au roi des secours considérables. Ces forces réunies formaient une armée de quarante mille combattans. Paris se trouvait bloqué presque de toute part. La navigation de la rivière était surtout interceptée. Le duc de Mayenne tenait garnison dans la ville avec huit mille fantassins et dix - huit cents chevaux. Ces troupes réunies à l’immense population de Paris semblaient en mesure de détruire successivement tous les postes de Parmée royale, éloignés les uns des autres; mais «oit trahison ou défaut de subsistances , une partie de l’infanterie du duc de Mayenne, désertant dès les premiers jours du siège , alla grossir
(i)D« Thou, liv. 96. Guichenon, Hist. de la maison do Savoie. Addit, aux nuits, de Castelnau , tom. 1»
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l’armée assiégeante. La consternation fut bientôtextréme dans Paris. Ceux qui avaientmontré le plus d’ardeur à se soulever, se décourageaient les premiers suivant le génie de la multitude. Un grand nombre de chefs de famille se flattant que leur obscurité les garantirait des vengeances de la cour, opinaient publiquement à ouvrir les portes. Ceux qui avaient toujours été attachés au parti de la cour , sans oser mauifesler leurs seutimens, devenus plus hardis , s’efforcaient do présenter les affaires de la ligue comme absolu* mentdésespérées. Le duc de Mayennen’avai t pas moins à craindre de l’inconstance des Parisiens que dé la supériorité des armées des deux rois.
Henri I il (t)élaitinstruitde celle disposition générale par un grand nombre de transfuges abandonnant à chaque heure la ville pour passer dans son camp. Une foule d’aventuriers aninfés par l’espoir d’un riche pillage , augmentaient à chaque instant l’armée. Il fut résolu, dans un conseil de guerre, de donner un assaut général. Les deux rois étaient assurés d’emporter nonseulement les faubourgs, mais que, dans la ville, une partie des bourgeois prendrait les armesen leur faveur , les uns entraînés par lenr ancien attachement à la maison royale , les autres pour réparer par ce service leurs révoltes passées.
(i)Dsvila, Guerr. cir«, Hv. 10.
Ce dessein arrêté , Henri III voulut recon-* naître par lui-même les postes des ennemis (i). On dit que s’en retournant il s’arrêta à cheval sur les hauteurs de Saint-Cloud, d’où l’on découvre distinctement tout Paris , et proféra ces paroles : e Paris , tu es la capitale du royaume , mais une capitale trop riche et trop remuante 3 il faut te tirer du sang pour te guérir de tes frénésies. Encore quelques jours et l’on ne verra ni tes maisons ni tes murailles. Cette vaste plaine ne contiendra que des ruines. » Cette horrible catastrophe était généralement prévue. Le duc de Mayenne , déterminé à ne pas survivre à sa défaite , avait projeté de monter à ' cheval avec quatre mille hommes dévoués à la mort comme lui et de périr les armes à la main , lorsqu’un événement inopiné changea la face des choses.