‹ Histoire de France (volume 3)Chapitre 88 sur 101 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

Voyage du roi à Tours. \

U NE des raisons qui déterminaient le roi à s’éloigner de Paris , était la promesse par lui faite de tenir au mois d’octobre les états généraux dans Tpurs. La guerre étant allumée

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de toute part, il était difficile que les députés des trois ordres pussent se réunir quand même les dissensions intestines ne se seraient pas opposées aux élections; mais le roi ne voulait pas manquer à sa parole. 11 envoya le baron de Givri en Brie, le maréchal d’Aumont en Champagne , le duc de Longueville en Picardie , leur laissant des forces convenables pour se soutenir dans ces provinces. Suivi du reste de l’armée , il traversa la Beauce et cotoya ensuite la Loire par le chemin ordinaire qui conduit en Touraine.

* Ses principales armées se battaient dans les provinces voisines de Paris, mais les autres contrées de la France n’étaient pas plus tranquilles. En Berri , le comte de Montigny qui commandait pour le roi , avait battu en rase campagne et fait prisonnier le marquis de la Châtre j le baron de Neuvy qui soutenait le parti de la ligue , avait défait et pris le baron deGamache dans la même province. Aux environs de Genève , la guerre était vivement allumée entre cette république et le duc de Savoie qui , s’étaut brusquement emparé du plat pays , resserrait étroitement la ville. A Toulouse , à Limoges, il s'élevait les séditions les plus sanglantes. Le duc d’Epernon s'étant déclaré ouvertement eu faveur du roi , chassa les ligueurs de ses gouvernemens d’Angoumois Tottu II j a e . part. 26

i5Hç.

et du Limousin (i). En Provence , Lavalellé , frère du duc d’Epernon, Commandant pour le roi , en était venu plusieurs fois aux mains avec le commandant pour la ligue il s’était rendu maître de Toulon (a). En Guienne, le maréchal de Matignon , en feignant de rester neutre entre le roi et la ligue, rendait à Henri IV l’important service d’empêcher les ligueurs de se réunir eu forces. 11 mandait au roi qu’il tenait la Guienne en dépôt , prêt à l’en rendre le maître absolu aussitôt qu’il aurait embrassé la religion catholique. En Dau^ phiné, le duc de Lesdiguières bloquait Grenoble et Valence, qui tenaient seules pour la ligup en Dauphiné. * • yü.-

Au milieu de ces victoires et de ces défaites, toutes les provinces étaient ravagées. Les deniers publics n’étaient perôus ni par le roi ni par les ligueurs : les contributions imposées sur les villes conquises et quelques emprunts , étaient presque les uniques ressources employées par Henri IV pour payer son armée.

Elle vivait aux dépens des pays dans lesquels on combattait. Les serviteurs de ce prince venaient tour à tour se ranger sous sa bannière et s’en retournaient les uns après les autres , après

(i) Hist. du duc d’Epernon.

(a) Bouche, Hist. de Provence , tom, 2 .

quelques mois de service , pour se procurer de l’argent chez eux. Ces inconvéniens l’empêchaient de profiter de ses succès.

Henri IV arriva à Tours (i) le ài novembre.

Le lendemain il tint au parlement un lit de jus- . lice , auquel assistèrent les princes du sang , • avec les cardinaux de Vendôme et de Leuoncourt. 11 y fut reconnu roi de France , avec les cérémonies accoutumées ( 2 ). Apres cette séance, ayant réuni auprès de lui ses capitaines catholiques et réformés, il leur dit : « qu’il voyait avec un extrême déplaisir les obstacles iusurmonlables apportés par les malheurs de la guerre à l’assemblée des états généraux. convoqués dans Tours. 11 les prit eux-mêmes à témoin de son exactitudeà abandonner ses autres allai res pour venir traiter avec eux à Tours des choses dont on était convenu par le compromis signé deux jours après la mort de Henri 111. Les circonstances n’étant pas favorables , ajouta le roi , je vous propose de trouver bon que la convocation des états soit renvoyée au i5 du mois de mars.» Cette proposition ayant été acceptée , la proclamation pour la tenue des états généraux fut publiée dans Tours , et sur-le-champ l’armée abandonna les

(1) De Thou , liv. 97.

(a) Davila, Guerr. civ. de France, liv. iO«

4°4 HIST. DE ER., II e . P., L. VI. ^

i58g. environs do cette ville pour attaquer les plates du Maine et de la Basse-Normandie, dont les ligueurs étaient encore en possession.

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