‹ Histoire de France (volume 3)Chapitre 89 sur 101 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

Henri IV est reconnu par les Vénitiens.

Avant le départ de la cour , Jean Mocenigo, ambassadeur de Venise , obtint une audience publique , dans laquelle il présenta à Henri IV des lettres de créance du sénat , qui le reconnaissait en qualité de roi de France. Ce corps |e félicitait sur son avènement à la couronne , et s’excusait sur la difficulté des chemins, rendus impraticables par les brigandages de la guerre , de ce qu’il ne lui envoyait pas un ambassadeur extraordinaire (i) pour le congratuler suivant l’usage.

Presque toutes les places du Maine et de la Basse-Normandie, le Mans, Alençon, Argentan , Domfront , Lisieux , Bayeux , Falaise , Honfleur ouvraient leurs portes au roi (2).

Ces conquêtes , en lui procurant les fonds né-

(») De Thou , liv. 97.

(2) Mém. de Duplessis Mornay, tom. 1.

cessaires pour payer sou armée , lui permettaient non - seulement de rétablir parmi ses troupes une discipline assez exacte, mais d’erqpêcher le pillage des églises catholiques et de traiter avec décence les gens d’église. Son impartialité à cet égard mécontentait la plupart des ministres protestans. Plusieurs d'entre eux proposèrent d’indiquer une assemblée générale à Saint-Jean d’Angely , pour élire un autre protecteur des églises protestantes (i). Ce prince , perpétuellement occupé à ménager les catholiques sans offenser les réformés, eut besoin de toute sa prudence pour dissiper ce projet.

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