Tome VI , ae. part
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,-6^0, bourgeois. La cour d’Espagne avait envoyé deux cent mille francs pour contribuer à cett« dépense ; le reste était fourni p,ir la princesse de Condé , les ducs de Bouillon et de la Rochefoucault. Le premier exploit de Mazarin fut la prise du château de Yaire , à deux lieues de Bordeaux. Il fit penare le commandant. Les ducs de Bouillon et de la Rochefoucault crurent devoir user de représailles , eu faisant pendre le commandant pour le roi dans l’ilc de Saint-Georges, qui venait de se rendre. II fut condamné, par un conseil de guerre, présidé par la princesse de Coudé et le duc d’Enghien son fils, auquel assistèrent deux magistrats du parlement. Cet officier fut exécuté surle-champ, et, un moment après, mis en pièces par le peuple en fureur.
Un coup aussi hardi étonnait le cardinal j mais il était trop avancé pour oser reculer. On comptait dans l’armée du roi huit mille, hommes de pied et trois mille chevaux ; ce nombre n’était pas suffisant pour investir Bordeaux ; le siège n’avançait point.
Le parlement avait envoyé une députation au parlement de Paris, pour former une union entre les deux corps. Les Espagnols , qui, cherchaient à brouiller de plus en plus les. affaires de France , venaient aussi de dépêcher à Paris Gabriel de Tolède j ils offraient au duc d’Orléans d’entrer eu négociation pour la paix ,
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à condition que les princes emprisonnés recevraient une satisfaction éclatante. Mazarin sentait la nécessiié de pacifier la Guienne, et de ramener la cour à Paris; une démarche du parlement de Paris en fournit le prétexte. Lorsque.les députés du parlement de Bordeaux furent admis dans les chambres assemblées , et qu’ils demandèrent l’union des deux parlcmens pour concourir conjointement à obtenir la paix intérieure et extérieure , et la liberté des princes , on décida sur-le-champ qu’une nombreuse députation serait chargée de supplier la reine de lever le siège de Bordeaux , et de donner la paix à la Guienne. Il fallut rédiger les instructions des députés : ce fut le sujet d’une délibération qui se prolongea durant plusieurs jours. On voulait y insérer la demande formelle de l’élargissement des princes et de l’expulsion de Mazarin. Le coadjuteur eut assez de souplesse pour écarter celte condition ; mais Mazarin cr.iignant qu’elle ne se renouvelât , se hâtait d’adopter les propositions faites par le parlement de Paris. La paix fut signée au mois de septembre (i); la déclaration qui en contenait les articles parut le premier octobre : ils renfermaient une amnistie générale , même pour ceux qui avaient
(») Hist. de Louis XIV, par Lamartiniôrc , liv. 10.
trailé avec l’Espagne. Les privilèges de la ville et du parlement de Bordeaux étaient mainte- * nus. Les troupes réglées , qui avaient soutenu le siège , pouvaient aller joindre le maréchal de Turcnne àStenay , avec armes et bagages. Enfin , les Bordelais promettaient de recevoir le roi de la même manière dont il avait coutume de l’être dans les autres villes. A l’égard de la liberté des princes , pour laquelle on avait pris les armes, les instructions de la députation du parlement do Paris, 11e portant rien de précis à ce sujet, il fut aisé au premier ministre de faire entendre aux magistrats des deux parlemens, que la cour étaitdans l’intention de satisfaire le vœu général à ce sujet; mais que les ménagemens dus à l’autorité royale , ne permettaient pas que la volonté du monarque fût violentée par les articles précis d’un acte public.
En effet, Gourville , confident du duc de la Rochefoucaull (1), proposait alors au premier ministre ie mariage de sa nièce Martinozzi avec le prince de Conli , comme, un moyen assuré de se récuucÜitr avec les princes. Cette négociation fut poussée assez loin, et réussit dans la suite; mais alors de nouvelles intrigues iu-
(1) Mf’m. de Motteville , iom. 3 , pour servir à J’hist. d’Aune d'Autriche > pm îd. de MuUfcvillç , tom. 3.
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dinarcnt l’esprit du ministre vers d’autres idées. ' Non-seulement les priuces n’obtinrent pas leur liberté, mais ils furent transférés d’abord au château de Marcoussi , et ensuite à la citadelle du Havre-de-Grace ; cette translation rompit les mesures des amis des prisonniers qui avaient projeté de les enlever. Le duc de Nemours était à la tête de l’entreprise. Quand le cardinal les vit partir, il se crut dispensé de ménager les chefs des frondeurs avec lesquels il avait feint de se réconcilier; il refusa au coadjuteur la nomination au cardinalat (i). Le coadjuteur indigné , employant avec succès l’arme et l’intrigue qu’il maniait avec plus d’adresse encore que Mazarin , résolut de réconcilier le prince de Coudé avec les chefs de la fronde ; les pty-tisans de Condé et les frondeurs affectaient les uns envers les autres tant de défiance , que Mazarin ne crut jamais que leur réunion fût possible , quoiqu’il en eut reçu avis de divers endroits ; cependant cette réunion était sur le point de s'effectuer, et l’eût été plutôt si l’on eût pu fixer les indécisions du duc d’Orléans, qui, vingt fois par jour , voulait et ne voulait pas la même chose ; enfin , le coadjuteur cl la duchesse de Chévrcnse réglèrent que le duc d’Orléans et les frondeurs procureraient la
()) Mém. du card. de Retz.
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1 66 HIST. DE "FR. , IIe. P. , L. XVT.
,550i liberté des princes (i) ; que le duc d’Enghien épouserait mademoiselle d’Alençon, fille du duc d’Orléans ; que le prince de Condé renoncerait à ses prétentions à Ja charge de connétable, que le prince de Conti épouserait mademoiselle de Chévreuse, et que le prince de Condé se réunirait au duc d'Orléans pour procurer au coadjuteur le chapeau de cardinal.