CHAPITRE III
Combinaison des gouvememens de Pologne , de Suède , de Danemarck et de Hongrie.
Le roi de Danemarck est investi du pouvoir arbitraire.
U K E révolution sans exemple dans les annales du monde , changeait alors le gouvernement du Danemarck. Quoique la Suède et le Danemarck n’eussent formé , durant quelque temps , qu’un seul empire , l’exercice du pouvoir souverain était cependant modifié différemment dans l’un et dans l'autre royaume.
Presque tons les peuples du nord de l’Europe , les Polonais , les Bohémiens , les Suédois , les Danois, les Hongrois, s'étaient accordés à partager l’autorité publique entre un roi électif, les grands de l’état et le corps entier de la nation. La différence du gouvernement de tous ces royaumes consistait dans la combinaison de ces trois élémens. Les Polonais seuls avaient conservé l’entier exercice du droit d’élire leurs monarques. Les familles en possession du trône en Suède , en Danemarck, en Hongrie, eu Bohême, le prélen-
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daient héréditaire , quoique les lois ne leur eussent pas assuré cette prérogative contestée dans les temps de troubles.
Dans tous ces royaumes , l’autorité royale était extrêmement restreinte. Les monarques , souvent despotes par le fait, ne tenaient du contrat social que le seul droit de présider au sénat et de commander les armées. Le sénat gouvernait l’état , et cette diète décidait seule des grandes affaires. Sa composition était différente en Hongrie , en Pologne , en Suède , en Danemarck ; en cela consistait la liberté du peuple. En Pologne , où le^ nobles et les évêques tirés du corps de la noblesse composaient seuls la diète , le peuple était absolument esclave. Il languissait dans une moindre servitude en Hongrie, depuis que, pendant les longs troubles dont ce royaume , voisin des Ottomans , était agité , les rois , pour se procurer des soldats , avaient mis des bornes à là tyrannie des seigneurs j mais ces bornes n’étant pas fixées par la loi , et variant selon les circonstances , les habitans des campagnes de Hongrie n'étaient guère plus libres que ceux de Pologne. Le peuple faisait partie des états en Suède et en Dançmarck , mais d’une manière dissemblable. Xe’s états de Danemarck sp composaient du clergé, de la noblesse et du peuple ; ceux de Suède comptaient quatre ordres, la noblesse, le clergé, les habitans
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des villes et ceux des campagnes» Il résultait de cette diversité dans la composition de la diète générale , que , lorsqu’èn Suède, les deux chambres des communes balançaient le crédit des nobles et des prêtres , le peuple de Dauemarck en était perpétuellement écrasé : ce fut l’origine de la révolution de 1660.
Des guerres subsistantes presque sans interruption entre la Suède et Je Danemarck depuis que ces deux états avaient cessé de reconnaître le même monarque, venaient d'être heureusement terminées par la médiation de •la cour de France. Les états furent alors assemblés pour chercher les moyens de rendre quelque prospérité au royaume. Les nobles s’étaient maintenus en possession d’imposer sur le peuple tout le fardeau des subsides ; non - seulement ils étaient extrêmement onéreux , mais la nécessité de congédier des armées inutiles et de faire un sort aux soldats congédiés, obligeaient à trouver de nouvelles ressources pour de nouveaux besoins. Les meilleures terres du royaume appartenaient aux nobles ; leur lot s’était prodigieusement augmenté depuis que , par l'introduction de la religion réformée en Allemagne, presque tous les biens du clergé romain avaient passé dans les mains des seigneurs.
Dans cette circonstance , les communes ar-