CHAPITRE IV
Origine des différends d' Alexandre VII et de Louis XIV.
D E toutes les puissances de l’Europe , les cours de Vienne et de Rome furent les seules à qui la paix des Pyrénées ne parut pas agréable. L’empereur voyait avec chagriD le mariage de Louis XIV avec l’Infante , fille aînée de Philippe IV. Les renonciations exigées de cette princesse, furent enregistrées dans les parlemcns ; mais on en sentait dès lors l’insuflisance , et jamais elles ne rassurèrent le cabinet de Vienne.
A l’égard du pape , les rois de France et d’Espagne s’étaient engages, par un article formel, à solliciter la cour de Rome de fixer un terme convenable pour rendré au duc de Parme les duchés de Castro et Ronciglione ; cet arrangement convenait d’autant moins à Alexandre VII, que son frère Mario Chigi, arbitre suprême de la cour romaine , regardait ces deux duchés comme les seuls pays qui pouvaient être érigés en sa faveur en souverainetés. La chambre apostolique, voulant prou-
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▼er son peu d’égard aux prétentions du protégé et aux menaces des protecteurs , confirma l’incamération de Castro , et renouvela les bulles lancées contre le duc de Parme.
Dans le même temps, un artisan logé dans le palais du cardinal d’Estc, protecteur des églises de France , fut décrété de prise de corps à la requête de ses créanciers; les domestiques du prélat le défendirent contre les sbires ; le barigel qui se présenta avec une escouade plus nombreuse > fut obligé de prendre la fuite. Le préfet de Rome ayant déclaré contraire au bon ordre le droit de franchise en vertu duquel plusieurs individus voulaient soustraire à la rigueur des lois les malfaiteurs réfugiés dans leurs palais , ordonna à la garde corse d’enlever de force l'artisan caché chez le cardinal d’Esle. A celte nouvelle , toute la maison du cardinal prit les armes ; les ambassadeurs étrangers et plusieurs familles puissantes attachées aux Français , lui envoyèrent des secours ; le préfet n’osa pousser les choses plus loin , et le cardinal Barberini , chargé en 1660 de terminer cette contestation , se conduis sit avec tant de dextérité , qu’il assoupit la querelle ; mais il restait un levain de discordé? entre la cour dé France et celle de Rome.
On assure que le cardinal Mazarin , attaqué de la maladie dont il' mourut -, conseilla a Louis XIV de donner à cette affaire plus d’im-
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j66q portance qu’elle ne méritait , et que d’après' les avis de ce ministre, il envoya à Rome un ambassadeur qui , ayant révolté les Romains par sa hauteur , causa entre les deux cours un démêlé ridicule , mais qui fit beaucoup de bruit dans le temps , et dont je parlerai bientôt.