Tome V.. a
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ralentir leur courage. La terre était jonchée de morts; les Anglais commencent enfin* à reculer. Deux fois ils furent ramenés à la charge par Talbot , deux fois le canon les contraignit à s’éloigner pour reprendre haleine. Cependant les Français, épuisés par une action si opiniâtre , combattaient avec moins d’ardeur. Un corps de cavalerie bretonne vint augmenter leur force dans cet instant décisif. Talbot , désespérant de vaincre, cherchait une . mort glorieuse dans les rangs français. Son cheval , atteint d’un coup de coulevrine, l’en-« traîna dans sa chute. Couvert de blessures et accablé par la fatigue, il ne pouvait se relever, son fils accourut à son secours. A cette vue , Talbot prêt d’expirer, recueillant le reste de ses forces , exhorte son fils à Se retirer. Ma carrière est remplie avec gloire , lui dit-iJ , je meurs en combattant pour la patrie ; vivez pour la servir: le jeune Talbot ne songeait qu’à venger son père , il tomba percé de coups , et poussa son dernier soupir , mêlant son sang avec le sang paternel. Ainsi périt ce guerrier. Ses compagnons lui avaient donné Je surnom d’Achille. 11 le méritait par son héroïque valeur.
La mort du général décida la victoire. Les Anglais prirent la fuite , laissant trois mille morts sur le champ de bataille. Ils en perdirent
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i45a un plus grand nombre dans leur déroute.
Les batailles da Crécy et d’Azincourt n’avaient pas jeté uja plus grand éclat. Les débris de l’armée vaincue se réfugièrent dans Bordeaux. Cette place fut sur-le-champ assiégée,
Une escadre française , maîtresse de l'embouchure de la Gironde , arrêtait les secours de vivres. Le commandant thiglais fit détruire les cordages et agrêts des vaisseaux à l’an-, cre dans le port. Il sa flattait d’augmenter le courage de la garnison , la privant de tout moyen de retraite : l'artillerie française faisait un effet prodigieux. La ville touchait au moment de sa totale destruction. Les pertes des Angldis ne leur permettaient plus de garder toutes les portes. Ils proposèrent une capitulation , on leur permit de faire voiles pour leur patrie j la ville de Bordeaux fut taxée à une forte contribution.
Charles , voulant prévenir de nouvelles tentatives de la part des Anglais , ordonna la construction de deux citadelles à Bordeaux , une au bord de la Garonne , et l’autre à l'extrémité opposée de la ville. Les Anglais conservaient en France les seules villes de Guines et de Calais»
Un long séjour de la cour de France dans les provinces méridionales , entraîna plusieurs
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changcmens dans l’administration de la jus- , 4 ,a tice. Le parlement de Toulouse, institué depuis long-temps, mais transféré à Poitiers , avait été irrévocablement fixé à Toulouse par un édit donné à Saumur en x 44^ ■ ^-‘ e r °t se proposait de former un pareil établissement dans Bordeaux ; c’était même un des principaux articles de la capitulation. Les habitaus du Poitou sollicitaient la même grâceen faveur de Poitiers. Cette institution paraissait désirable. Cependant sur les pressantes sollicitations du parlement de Paris , ce double projet fut abandonné. Louis XI établit dans la suite un parlement à Bordeaux , mais le Poitou resta dans le ressort du parlement de Paris.
i5. La paix n’était pas conclue entre la M5a- Mi » France et l’Angleterre. Cependant la France cessa absolument d’éprouver leshorreurs de la guerre. La tranquillité, rendue au royaume, donnait lieu au gouvernement d'arrêter ses regards avec plus d’attention sur les désordres agglomérés daus les principales parties de l’administration. l a chambre des comptes , les trésoriers de France , les généraux des aides eurent ordre de surveiller les malversations des préposés au recouvrement de toutes les branches des revenus publics. On prescrivit aux receveurs des financesdes formes dont ils ne devaient pus s’écarter, eu justifiant
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1453 -ii5j l'emploi des sommes dont ils étaient comptables. ‘ '
La chicane , enhardie par les discordes civiles et par l’indifTérence d’un gouvernement étranger, étouffait la justice sous la multiplicité des actes judiciaires. Des procédures indéfiniment prolongées accusaient l’insuffisance des lois. L’homme le plus instruit est un ignorant auprès d’un légiste occupé à lutter sans cesse et presque toujours avec avantage contre l’intention du législateur. Inaccessible à tqut autre sentiment qu’à celui de la cupidité , les contestations justes ou injustes lui paraissaient également plausibles. L’amour de l’argent fait seul pencher la balance. A force de subterfuges , il submerge les procès dans l’abîme des écritures. Le juge , prêt à prononcer , hésite sur son tribunal. Le. légiste dévore à «es yeux indignés les objets en litige. Le trône était assiégé de plaintes. Les chefs de la guerre de la Praguerie, voulant se concilier la bienveillance générale, se récriaieut surtout sur la longueur des procédures. Le roi assembla en i 453 les personnages les plus expérimentés dans tous les ordres de l’Etat , et sur leur avis fut dressé un édit dont les articles abrégeaient les formes judiciaires.
Le principal obstacle consistait dans l’incertitude et la diversité des coutumes. Plu-
sieurs de ces coutumes n’étaient connues que 1 par une tradition incertaine ; l'ordonnance de i 5 a 3 en ordonna la rédaction par écrit et les présenta aux juges comme règles uniques dans leurs jugemens.
Dans le dessein d’écarter les fraudes et les surprises, les procureurs furent tenus de communiquer à leur adverse partie toutes les pièces dont ils voulaient se servir, sous peine de nullité de procédure. On taxa leurs salaires. Une foule d’actes employés uniquement pour allonger les procès furent supprimés. La loi défendait aux procureurs de retenir, les pièces d’un procès sous prétexte de n’avoir point été payés de leurs émolumens. Il était enjoint aux juges de condamner à l’amende les avocats dont les discours paraîtraient évidemment trop prolixes , et , en cas de récidive , de les punir par la suspension et môme par l’interdiction.
Charles rétablissait l’ancien usage de pourvoir aux charges de judicature par voie d’élection. Lesprésidens, conseillers, et gens du roi, assemblés pour remplir une place vacante , présentaient au roi deux ou trois jurisconsultes parmi lesquels le roi choisissait un nouveau juge. Cet usage 11e subsista pas longtemps.
La même ordonnance recommandait aux
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1 i 53* M5s magistrats d’éviler toute communication avec les plaideurs , de rejeter les présens , de punir même rigoureusement ceux qui leur en o!Triraient. 11 leur était ordonné de cacher aux plaideurs le nom du rapporteur de leur procès, cl , s’ils venaient à le connaître , d’en nommer un autre.
L’université comptait alors vingt-cinq mille éludians. L’enseignement s’y bornait à du mauvais latin et à de vaines subtilités. En i/\5 •>, le parlemcnutyant maintenu la juridiction del’évèque de Paris sur l’université , elle décida qu’elle n’obéirait désormais à aucune injonction du parlement et des autres cours souveraines. Les étudians regardaient leur professeur, comme le seul supérieur dont ils dépendissent; les conséquences de ce privilège insociable remplissaient Paris de querelles , et souvent de meurtres. Charles réforma une partie de ces abus. Un statut ridicule excluait des chaires de médecine les hommes mariés , il fut abrogé.
Daniel prétend que, sans faire injure à Charles-le- Victorieux, on ne peut s’empêcher de le compter parmi nos plus grands monarques. Suivant le président bléaault, au contraire, ce prince fut en quelque sorte le simple témoin des merveilles de son règne.
On eût dit, ajoute cet écrivain, que la fortune
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en dépit de l'indifférence du monarque, et '453- ^55 pour faire quelque chose de singulier , lui avait donné à la fois des ennemis puissans, et de vaillans défenseurs. Ce n’est pas qu il manquait de courage, mais s’il paraissait à la tête de ses armées , c’était comme guerrier et non comme chef. Sa vie était employée en galanteries et en fêtes. Cette critique me paraît exagérée. Un auteur contemporain rend témoignage de l’assiduité de ( harles au conseil, et de sou application aux affaires. Si la nature lui accorda des talens médiocres, on doit reconnaître au moins sou mérite dans sa confiance aux grands hommes, qui secondèrent ses vues; on lui reproche son attachement pour Agnès Sorel , tandis que sou épouse Marie d’Anjou, princesse d’un grand mérite, vivait délaissée dans le fond d'un palais. Agnès Sorel lui fît sentir l’aiguillon de la gloire. Si cette fav.orite imagina l’artifice , , dans lequel on persuada à Jeanne d’Arc , que le Ciel la destinait à humilier l’orgueil des Anglais, on 11 e saurait méconnaître ses talens. On prétend , à lsf vérité , que le principal but de -celte intrigue fut d’éloigner des affaires le connétable de Richemont attaché à la reine , et regardant les énormes dépenses , prodiguées à l’occasion d’Agnès Sorel, comme inconvenantes dans l’état désastreux où se trouvait la France.
S3~ l 455 Sur la fin du règne de Charles, les finances,
' en bon ordre , étaient administrées avec économie. Les places de Guienne en bon état, les troupes bien entretenues, les soldats disciplinés et aguerris sous d’habiles chefs , tout cela annonçait un prince prêt à faire la paix ou la guerre. Les agriculteurs protégés , ne redoutaient plus cette foule de brigands armés pour la destruction de la France. Le commerce et les arts, sortant à peine de l'enfance , répandaient l’abondance dans les provinces, et ranimaient l’industrie. Les lois si long-temps négligées ou violées, recouvraient leùr empire. De sages réglemens consolidaient la puissance des magistrats et la liberté des citoyens. La France se montrait sous une face nouvelle. Charles eût travaillé avec encore plus de succès au bonheur de la nation, si la conduite dénaturée de son fils, remplissant se6 dernières années d’amertinne, n’eût jeté beaucoup d’anxiété dans ses démarches.
i6. Toutes les tentatives faites, pour engager le dauphin à revenir à la cour , avaient été infructueuses. * Ce prince gouvernait le Dauphiné en souverain indépendant. Le duc de Savoie, son beau-père , négligeant de lui * prêter hommage du marquisat de Saluées , il lui avait déclaré la guerre. C'était un pré-
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texte d’écraser le Dauphiné par de nouveaux «453- Mrs impôts. Les trois états de la province réclamaient les privilèges dont ils avaient joui
sous leurs anciens souverains. Louis ne con-
naissant d’autres lois que sa volonté, rejetait les remontrances des trois états. Ils portèrent leurs plaintes au pied du trône. Charles envoya une armée sur les frontières du Dau-
phiné. Le dauphin se trouvait sans ressources; les troubles d’Angleterre ne permettaient pas à la cour de Londres, de se mêler des affaires
de France. Le duc de Bourgogne n’offrait au dauphin d’autre assistance que sa médiation; le duc de Savoie , maltraité par lui, se montrait éloigné d’embrasser sa querelle; il craignait d’être livré à son père par les Dauphinois.
IJ eut recours aux prières et à la soumission. Son dessein, disait-il , était dépasser ses jours auprès de son père; mais il redoutait la mauvaise volopté de plusieurs ministres dont il sollicitait l’éloignement. Une pareille demande ne pouvait être admise sans avilir l’autorité royale. Après d’inutiles négociations , Charles , désespérant de vaincre l’opiniâtreté de son fils, le priva du gouvernement du Dauphiné , et le confia au baron de Chatillon. Il menaçait en
même temps de procéder juridiquement contre • 1
les individus , dont les mauvais conseils fo-
mentaient la désobéissance du dauphin.
>453- >455 Uu légat du pape, envoyé en France , ménageait une réconciliation entre le père et le (ils. Il était difficile de concilier les prétentions réciproques. Le roi exigeait le retour du dauphinà lacour, et le bannissement de plusieurs officiers de ce prince, regardes comme les auteurs de sa conduite séditieuse. Le dauphin , récriminant, voulait chasser du conseil du roi les ministres dont il prétendait avoir à se plaindre.
Louis rassemblait ses troupes; il ordonnait aux hommes de dix-huit à trente ans de prendre les armes , et prévenait les habitaus des campagnes d’enfermer leurs meubles et leurs bestiaux dans les places fortes. Connaissant le mécontentement de la province, il comptait peu sur ces dispositions hostiles ; mais il pensait que son père ne voudrait pas le pousser à bout. Le baron de Cbatillon , accompagné d’une seule compagnie d’ordonnance, n’ayant pas été reçu dans Grenoble , craignait de se compromettre en commençant les hostilités contre l’héritier présomptif de la couronne ; il revint à Lyon. Une armée française s'assemblait auprès de cette ville sous la conduite du comte de Dampicrre.
Ce général avait ordre de se saisir de la personne du dauphin. Le prince fut instruit de cette particularité; toute sa fermeté l’aban-
donne ; une prompte fuite lui paraît l’unique >456 moyen de se dérober à la colère de son père.
La proximité l’invitait à chercher un asile dans le duché de Savoie ; il n’osa prendre ce parti.
Le duc de Bourgogne était le seul prince, sur la bonne volonté duquel il crût pouvoir compter.
Tandis qu’il délibérait, Dammartin entrait en Dauphiné. Les places le recevaient dans leurs murs; les troupes dauphinoises se réunissaient à l’armée royale. Si le dauphineùt écouté la voix delanatureetde son devoir, son refuge était dans les bras de son père; il les eût trouvés ouverts pour le recevoir. Ceux dont il écoutait les perfides insinuations lui faisaient entendre - que le projet du roi était de l’enfermer dans une prison perpétuelle , d’assembler les états-généraux, et d’y faire proclamer Charles, son frère, en qualité de dauphin. 11 prend la fuite avec sept à huit individus , et au moyen d’un déguisement il parvient dans les Etats du duc de Bourgogne.
Ce prince commandait dans la Batavie une armée employée à faire reconnaître David , son fils rfaturel , en qualité d’évêque d’Utrecht.
11 instruisit sur-le-champ le roi des détails de la fuite du dauphin , le priant de l’accepter pour médiateur dans cette occasion délicate.
La cour de Philippe-le-Bon , la plus galante
1456 et la plus magnifique de l’Europe, était celle ou le cérémonial s’observait avec le plus de dignité. Sainte Palaye, auquel notre littérature est redevable d’une infinité de recherches curieuses et instructives , nous instruit d’une manière exacte et naïve de l’étiquette, observée à la réception du dauphin Louis , dans Bruxelles. La duchesse de Bourgogne, suivie de toute sa maison , attendait ce prince à la porte du palais. 11 descendit de cheval , et embrassa la duchesse. 11 lui donnait la main et . le pas; elle s’en défendit , lui disant: Monseigneur, vous avez désir qu'on se moque de moi, car vous me voulez faire ce qui ne m’appartient pas. Non, madame, reprit Je # dauphin , je dois vous rendre tout honneur, car je suisle plus pauvre du royaume de France; je ne sais où requérir refuge, sinon de vers mon bel oncle, le duc Philippe, et vous.
Quand le duc de Bourgogne revint de Hollande, le dauphin alla à sa rencontre au milieu de la cour du château. Le duc fléchit un genou en l’appercevant. Le prince courait pour l’empêcher de se prosterner une seconde lois, la duchesse le retint par le bras , et l’obligea "de recevoir les trois génuflexions. Le prince fugitif fixa son séjour dans Genope, petite ville à peu de distance de Bruxelles , où sa femme se rendit auprès de lui.
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Dans ce lieu de refuge et de repos , le dau- 1460 phin paraissait rongé d’inquiétudes. Son caractère fut constamment de se conduire au gré de ses caprices , et de réfléchir ensuite sur les moyens de sortir des embarras , où l’avaient jeté ses imprudences. Cette conduite l’obligea durant son règne d’employer perpétuellement les armes de la ruse, voulant effacer ses violences par des artifices , ou soutenir ses fourberies par des cruautés. 11 passa pour fin , pour dissimulé. C’était un perfide. A force de commettre des fautes , palliées par son adresse , il acquit l’habitude de la fausseté ; elle dirigea toutes ses actions. 11 s’adressait au ciel , dit un judicieux moderne , lorsqu’il manquait de ressources sur la terre , se flattant de trom- . per Dieu comme il trompait les hommes.
Quittant le Dauphiné , ce prince avait adressé une lettre circulaire aux évêques de France, il leur demandait des prières; il écrivait en même temps au roi , son père , que son dessein , allant à Bruxelles , était de prendre les armes contre les Musulmans.
Des ambassadeurs de Bourgogne vinrent à la cour de France. 11 $ dirent que le duc , instruit de la résolution prise par le dauphin de passer en Angleterre , lui avait donné asile dans l’unique désir d’arrêter les effets de ce projet impolitique. Le roi répondit : Mon fils
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j456 11 e peut j sans se rendre coupable de rébellion , sortir sans mon aveu de mon royaume; le duc de Bourgogne, en recevant Louis chez lui , devient garant de son obéissance; la première démarche de mon fils doit cire de rentrer dans son devoir; avant ce retour, je ne saurais admettre aucune de ses excuses.
Charles montrait une assurance qu’il n’avait pas. Le séjour de son fils à Bruxelles lui causait de vives alarmes. 11 se hâta de renforcer les garnisons des villes, frontières de Bourgogne et des Pays-Bas. Le duc levait des troupes. Les deux cours s’observaient avec défiance.
Faut-il , pour humilier , pour confondre les idées morales , que Louis XI ait mérité d’étre considéré comme un grand roi, lui le plus perfide des hommes? Tant l’art, de gouverner les empires , s’éloigne des lois ordinaires , dont le nœud dirige les familles particulières. Louis XI fut un fils dénaturé , un frère barbare, un mauvais époux , un mauvais père , un maître implacable, un voisin jaloux déloyal. 11 causa la mort de son père. Charles , égaré par ses appréhensions, mourut de faim pour éviter les poisons préparés par la main de son fils. Les chagrins , les soupçons , les terreurs ne laissaient pas à Charles un moment de repos. De nouvelles conspirations contre sa personne se découvraient chaque jour.
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Dans une de ces conspirations il s’agissait 1 de magie et d’enchantcmens. Otton Castellani, Florentin, successeur de Jacques Cœur dans l’administration des finances , fut accusé d’avoir tracé certains caractères diaboliques , au moyen desquels il se flattait de forcer le roi à rappeler son fils. Il fut banni de France.
Un prêtre, renommé par ses prédications, pre'venu de sorcellerie vers le même temps, convint devant l’inquisiteur que tous les sorciers du royaume se rassemblaient dans un local , où le diable se montrait à eux sous la forme d’un mouton. On lui demanda, comment tous les sorciers de France pouvaient se trouver au lieu du sabbat ? On fait ce voyage en un instant, répondit-il, sans s’émouvoir; il faut seulement chevaucher un balai, disant certaines paroles. Des juges , livrant aux flammes des hommes qu’il fallait remettre dans les mains des médecins , montraient une barbarie égale à l’imbécillité des accusés. Ce docteur, attendu sa qualité de prêtre , ne fut pas brûlé ; on se contenta de l’enfermer dans une fosse profonde. La superstition à cet égard était générale. On n’entendait parler que de révélations, de possessions, de maléfices. Le fanatisme rendit, dans tous les temps, les hommes plus *rmorans , plus crédules , plus mécbans,V.,„- région adoucit les mœurs; la