‹ Histoire de France (volume 5)Chapitre 16 sur 17 · Tome V · texte numérisé non relu

Tome V

4i8 fflST. DE FR. I«. PART. LIV. XVI.

>4^6 superstition , aveuglant les hommes, leur inspire des passions haineuses. Charles , craignant d’être victime des sorciers , établit contre eux une chambre ardente. La même opération se répétait dans les Etats du duc de Bourgogne. Les procédures, dirigées contre ces fous, semblaient en augmenter le nombre.

11 devint prodigieux par les révélations des prétendus complices. Les personnages les plus distingués se trouvaient compromis. On fut contraint d’arrêter le cours de ces procédures insensées .

1 < 56 -1456 17. Une entreprise plus redoutable était

un plan formé par le duc d’Alençon pour ramener les Anglais eu France. Le duc d’Alençon descendait de Charles de Valois. 11 paraissait rarement à la cour depuis la guerre de la Praguerie. Ses liaisons avec le dauphin le rendaient suspect au roi. Le duc d’Alençon avait chargé son aumônier des détails de cette intrigue. Ce prêtre, effrayé des suites de ce projet, en fit instruire les ministres par un de ses parens. Les lettres portées au roi , il s’écriait douloureusement : A qui faut-il me fier désormais si les princes de mon sang me trahissent! Leduc fut arrêté dans son hôtel à Paris. On l’enferma dans le château de Melun. L’instruction de son procès commença sur-le-champ.

Le roi avait chargé un maître des. requêtes ,

CHAR LES-LE-VICTORIEUX (‘VIII-). 4ig

deux conseillers au parlement , et le prévôt de Paris de l’interroger. Le duc refusait de répondre, prétextant sa qualité de prince du sang et de pair de France. 11 réclamait son droit d’être jugé par la cour des pairs.

Depuis le procès du roi de Navarre , aucune action en crime de lèse-majesié n’avait été intentée ou du moins poursuivie contre un pair du royaume. Le procès, commencé contre le dauphin Charles , n’avait pas eu de suites. L’espèce d’anéantissement dans lequel tous les ordres de l’Etat furent ensevelis pendant une longue anarchie, éteignait la connaissance des anciens usages de la monarchie. Le parlement de Paris conservait des registres. Le roi lui demanda comment il fallait procéder contre Jean , duc d’Alençon , accusé de crime d’Etat. Le parlement répondit: Le roi doit le juger accompagné des anciens pairs de France, des barons tenant pairie, et des autres notables deson royaume, prélats, gens de son conseil et du parlement.

On ne conçoit guère comment les magistrats voulaient introduire des prélats en qualité de juges dans un procès criminel , c’était sans doute comme témoins, ou pour recevoir leurs instructions.

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MS6-1458 La cour des pairs fut convoquée àMontargis , ensuite à Vendôme ; cette assemblée fut sur le point de changer en guerre déclarée la mésintelligence subsistante entre les cours de Paris et de Bruxelles, depuis le séjour du dauphin dans le Pays-Bas. Le duc de Bourgogne, en qualité de premier pair de France, fut sommé par un héraut d’armes d’assister à la cour des pairs. Quoique monseigneur le roi , en vertu du traité d’Arras , répondit-il , ne me doive rien commander, néanmoins je rnetrouveraiàla cour des pairs au plaisir de Dieu. II ordonna à ses armées de se disposer à marcher vers Vendôme. Leroi convoquait de son côté l’arrière- ban , et toutes les forces du royaume. La France se voyait au moment de retomber dans les dissensions civiles. Le roi prit le sage parti de reculer. Il dispensa le duc de Bourgogne d’assister au jugement du duc d’Alençon, le priant d’y envoyer trois ou quatre membres de son conseil. Leduc, satisfait de la modération du roi , congédia son armée , et envoya trois de ses conseillers à Vendôme.

L’accusé persista long-temps à méconnaître la réalité de la conspiration. Pressé à la fin par la force des preuves, il avoua que vers le temps de la descente de Talbot dans la Guienne , il avait promis de donner sa fille en mariage au fils aîné du duc d’York , et de

se déclarer en faveur des Anglais dans les cir- 1456-1458 constances favorables. On lui représenta la déposition de sou aumônier et d’un parent de ce prêtre. Suivant ces dépositions , peu de temps après la mort de Talbot, un héraut d’armes était venu chez le duc à la Flèche,

H lui avait promis de confier aux Anglais ses places et son artillerie, ajoutant : Comment le duc d’York peut il tarder si long-temps d’attaquer les Français dont les armées sont dispersées sur les frontières de la Bourgogne ?

Les peuples mécontens attendent une révolution. La Normandie, dépourvue de garnison, serait conquise avant que la cour fût en état de la défendre. Leduc engageait le duc d’York d’envoyer en même temps trente mille Anglais cii Normandie , et des forces aussi nombreuses à l’embouchure de la Garonne. 11 demandait, au choix du ministère de Londres , un des trois duchés de Bedfort , de Glocester ou de Clarence, et beaucoup d'argent.

Ces particularités furent confirmées par une foule de témoins , par plusieurs écrits , et en partie par l’aveu du duc d’Alençon. Cependant les circonstances rendaient l’exécution de cette conjuration absolument impossible. La guerre civile entre les maisons de Lancastre et d’York dont je parlerai bientôt , s’opposait d’une manière invincible à toute expédition des Anglais

1456-1458 en France. Je pense que les historiens français ont donné trop d’importance à des projets informes , dont îe seul objet était probablement de donner dè l’inquiétude à Charles, et de l’engager à rappeler le dauphin auprès de lui , ou peut-être de résigner sa couronne. Le président Hénault parlant de cet événement, se contente de dire : On fait le procès au duc d’Alençon comme fauteur de la révolte du dauphin. Louis XI montant sur le trône, rendit à ce prince sa liberté , il ne le croyait donc pas coupable d’avoir voulu rendre les Anglais maîtres de la France. Enfin on ne trouve dans les actes de Rymer , aucun monument relatif à cette conspiration.

Nous ignorons si le duc d’Alençon fut interrogé dans cette assemblée. Son arrêt de mort lui fut notifié dans sa prison par Thorel, président au parlement, Jean Boulanger, conseiller, et Jean Bureau, trésorier de France. Le chancelier Guillaume Juvénal-des-Ursins lut en présence du roi l’arrêt de la cour des pairs; Le duc d’Alençon y était déclaré criminel de lèse-majesté , déchu de la dignité de pair de France , condamné à mort et à la perte de tous ses biens. Jeau Juvénal-des-Ursins, archevêque de Rheims , exhorta le roi à modérer la rigueur de cet arrêt rendu le to octobre i 458 . Le roi fit grâce de la vie. Le duc fut confiné

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dans le château de Loches. Louis XI lui res- *45® tilua dans la suite le duché d Alençon.

Ce procès ne produisit aucun mouvement dont les suites fussent à craindre. La cour, loin de redouter une invasion de la part des Anglais , préparait au contraire une descente en Angleterre. Le sénéchal de Normandie fut chargé de cette expédition avec un corps de quatre mille hommes d'armes. Les Français pillèrent la ville de Sandwich.

Pierre II, duc de Bretagne, mourut a Nantes le 22 septembre ifôl" ^ ne laissait point d’enfans. Le comte de Richemont, son oncle , lui succéda. Les trois Etats de la province le priaient de se démettre de la charge de connétable de France; il répondit : Je veux honorer dans ma vieillesse une dignité dont j ai ete. honoré pendant mes jeunes années. Il faisait porter ‘devant lui, dans les cérémonies publiques, deux épées , une la pointe en haut , comme duc souverain , la seconde en écharpe, comme connétable de France.

Après avoir réglé les affaires de Bretagne , le nouveau duc vint à la cour ; il prêta son hommage au roi , déclarant que cet hommage n’était pas lige. Charles crut devoir s'en rapporter à ce guerrier. La France et la Bretagne le perdirent peu de temps après. Il mourut d’une maladie de langueur. François II, comte

j’Etampes , fils de Richard de Bretagne et de Marguerite d’Orléans , parvenu au duché , vint à Montbazon rendre hommage au roi avec des re'serves et protestations. Ce fut la dernière contestation sur la qualité de l’hommage dû par les ducs de Bretagne. Le roi et les pairs décidèrent que ces princes diraient seulement: Je fais hommage au roi de mon duché de Bretagne, dans la forme usitée par mes prédécesseurs.

1 8. Depuis le meurtre du duc de Glocester, l’orage le plus noir menaçait le roi et la reine. Il est des revers que la prudence humaine ne saurait prévoir. Ces révolutions inévitables sont très-rares. Attribuer tous les événemeus extraordinaires au Jcaprice aveugle delà fortune , est la ressource de l’imprudence et de la stupidité, dans la plupart des circonstances périlleuses , le sort d'une nation dépendit des taleus de son roi. La hauteur avec laquelle Marguerite d’xinjou régnait à Londres, multipliait le nombre des méconteus.

Les Anglais supportaient impatiemment le joug d’une Française. Elle crut s’élever audessus desmurmures en les méprisant, maxime dangereuse Elle flatte la mollesse orgueilleuse des grands et les endort au bord d’un précipice. Le moment de réveil approchait.

Dans le parlement assemblé à Londres en

r,| 5 o , la chambre des communes poria un 1450-1458 bill d'accusation contre le premier ministre Sufloik, favori de la reine. Toute l'autorité de cette princesse ne put l'empêcher d’étre enfermé à la tour de Londres, mais il en sortit après la séparation du parlement. Ce corps, rassemblé à Leicester, continue les poursuites criminelles contre le ministre. La reine a recours à l’expédient de l’exiler pour le soustraire aux procédures parlementaires. Suffolk s’embarque pour la France. Son navire rencontre un vaisseau de guerre. Le commandant en ordonne la visite, découvre Sufl’olk, et le fait pendre à la grande vergue.

Dans le même temps , un aventurier, prenant le nom de Jean-de-Mortimer, se prétendait héritier légitime de la couronne , parcourait les provinces et se faisait des partisans. Le duc d’York favorisait en secret cette intrigue.

C’était un moyen de sonder les dispositions des peuples. Le faux Mortimer se voyait à la tête d'une armée. Il délit un détachement de l’armée royale , et entra dans Londres. Le roi, contraint de sortir de sa capitale, lui fait demander par un héraut d'armes à quelle intention il a pris les armes ? il répondit : 11 faut . réformer le gouvernement , chasser les ministres déprédateurs , et punir le duc de Sommerset , coupable d’avoir livré la Normandie

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J 456 -i 4 58 à Ja France , les révoltés commettaient à Londres les plus affreux désordres. Les bourgeois prirent les armes et les chassèrent. Leur chef arrêté périt sur-le-champ.

Cette mort ne mit pas fin à la révolte. Le duc d'York s’en déclarait le chef. Abandonnant malgré les ordres du roi sa place de Viceroi d'Irlande , il s'avançait vers Londres , à la tête de l’armée commandée auparavant par le faux Mortimer. Ses nombreux partisans l’attendaient dans celle capitale. La reine mar- , cbe à sa rencontre. Les armées se trouvent en présence.

Marguerite d’Anjou joignant la ruse à la force, somme le duc d’York de déclarer à quel dessein il s’approchait de Londres avec unearmée. Leduc, voulant justifier ses démarches aux yeux de la nation, répond : Je ne suis pas armé contre le roi , mais contre les abus du gouvernement. La reine peut prévenir les suites de la guerre en éloignant les mauvais ministres et surtout le duc de Sommerset , accusé de haute trahison par la voix publique. A cette condition je suis prêt à congédier mes troupes ; on le prit au mot. Sommerset et les autres ministres furent emprisonnés’ou exilés. Le duc d’York reconnut trop., tard son erreur ; ne pouvant reculer sans perdre la faveur populaire , il congédia son ar-

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mée , vint à la cour , et fut arrêté en y arri- ms^-mso vant.

Son Gis rassemble des troupes avec rapidité, la reine se vit contrainte de rendre la liberté au duc, le faisant jurer de ne reprendre jamais les armes contre le roi.

La reine mit au jour un prince , proclamé prince de Galles , au berceau , et n’en devint pas plus chère aux Anglais. Jetée hors de scs mesures , elle feignit de se confier au duc d'York, il fut appelé au conseil. Le roi venait de tomber dans une maladie presque semblable à celle dont Cbarles-le-Bien-aimé fut tourmenté durant les dernières années de sa yie.

Le duc d’York -se fait déclarer par les deux chambres du parlement protecteur du royaume pendant la maladie du roi , et jusqu’à la majorité de sôn Gis Edouard, prince de Galles. ;

Marguerite, attentive à tous les événemens , profitant d’une lueur de convalescence du roi, fait priver le duc d’York de la dignité de protecteur. Sommerset est rappelé à la cour. Le duc d’York rassemblait ses partisans dans le pays de Galles; il met en fuite l’armée royale près de la petite ville de Saint-Alban. Sommersert est tué. Le roi blessé à la gorge tombe dans les mains des ennemis. Le duc entre triomphant dans Londres. Le parlement

Hi6->î5S]e nomme protecteur pour la seconde fois , et pour la seconde fois , il laisse aux partisans de la maison de Lancastre, le temps de recouvrer des forces , et de lui enlever de nouveau le protectorat, en prétextant le rétablissement de la santé' du roi.

Le duc d’York portait sur son écu une rose blanche, et Henri VI de la maison de Lancastre une rouge , de là vinrent ces noms fameux consacrés à la guerre civile.

La reine ayant composé un parlement soumis à ses volontés, fait déclarer coupable de haute trahison le duc d’York retiré dans la principauté de Galles. Elle^marche contre sou ennemi. Marguerite d’Anjou range elle-même son armée en bataille à la sanglante journée de Northampton , et combat a côté de soi»

mari. Le duc d’York ne se trouvait pas dans l’armée ennemie. Le comte de la Marche, son fils aîné , faisait son apprentisage de la guerre civile sous le comte de Warwiçk, homme de là plus haute réputation , fécond en ressources , capable dé tout , fait pour donner ou pour ôter le trône , selon sa volonté. La fortune du comte de Warwick l’emporta sur celle de Marguerite d’Anjou ; complètement vaincue , elle eut la douleur de voir prendre prisonnier le roi son époux dans sa tente , et tandis que

ce prince lui tendait vainement les bras, elle *456-» prenait la fuite avec son fils.

Henri fut conduit dans Londres, servi avec l’appareil de la royauté , mais gardé avec beaucoup de soin. Le parlement s’assemble.

Le duc d’York auparavant protecteur d’Angleterre demande un^ autre titre ; il réclamait la couronne comme représensant Edouard III, à l’exclusion de Henri , issu d’une branche cadette de la maison royale. Cette cause fut solennellement plaidée dans la chambre des pairs. Chaque parti fournit ses raisonscomme dans un procès ordinaire. Le duc d’York ne gagna pas entièrement sa cause. Le parlement laissa Henri VI sur le trône, mais après la mort du monarque , la couronne devait passer à la maison d’York à l’exclusion d’Edouard, prince de Galles. Le parlement ajoutait que si le roi violait celte paix , la couronne dès ce moment appartiendrait au duc d’York.

Cet arrêt de partage ne rendit pas la paix à l'Angleterre. Marguerite d’Anjou, vaincue , fugitive, éloignée de son mari, ne perdait pas courage; elle courait dans les provinces, ranimant le zèle de ses amis et rassemblant une armée. Ces armées ne se composaient pas de troupes régulières tenues longtemps sous le drapeau ; chaque baron ame-

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naît ce qu’il pouvait de combatians. Le pillage tenait lieu de munitions et de solde , il fallait en venir bientôt à une bataille ou se retirer, la reine se trouva en présence de son ennemi dans la provinced’York. Le duc avait à peine sept mille hommes sous ses ordres. L’armée de la reine s’élevait à vingt mille combattans. Le duc fut contraint de s’enfermer dans le château de Sandal. La reine se présente en bataille, et le défie au combat. La honte d’être bravé par une femme, l’empêche de réfléchir sur l’inégalité de ses forces , il sort de la place, livre le combat, est enveloppé, vaincu et tué ; son second fils, le comte de Rutland , fait prisonnier, reçut la mort de la main du lord Clifford. La tête du père plantée sur les murs du château de Sandal y resta long-temps comme un trophée de sa défaite.

Marguerite marche vers Londres. Le comte de Warwick , l’ame du parti d’York, avait encore une armée dans laquelle il traînait Henri son maître et son captif. La reine et Warwick se rencontrent près de Saint-Alban, lieu fameux par plus d’un combat. La reine eut encore le bonheur de vaincre , elle goûta le plaisir de voir fuir devant Jelle ce Warwick si redoutable , et de rendre à son mari sur le champ de bataille son pouvoir et sa liberté.

Ce triomphe fut court , la ville de Londres

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refusaitderecevoir la reine,son armée étaitlrop 1456- \ faiblepour yentrer de force; elle futcontrainte de faire retraite vers le nord de l’Angleterre , à l’approche du comte de la Marche. Ce prince s’avançait rapidement à la tête d’une armée augmentée des débris de celle du comte de Warwick.

Reçu dans Londres , il en assemble les habitons dans une vaste plaine. Warwick se déclare son avoué ; lequel voulez - vous pour votre roi , Henri de Lancastre , infracteur de la paix , ou le fils du généreux duc d’York ?

On répond de toute part: York, York. Les clameurs de la multitude tiennent lieu d’une délibération parlementaire. Warwick rassemble un petit nombre de pairs et d’évêques. Le jeune York est proclamé roi dans les rues de Londres, tandis que la tête de son père appendait encore aux murailles de Sandal. Aiusi fut privé de la couronne , Henri VI , proclamé dans son berceau roi de France et d’Angleterre.

Sa femme réunissait alors dans le nord de l’Angleterre jusqu’à soixante mille combattons.

Elle ne hasarda ni la personne de son mari , ni celle de son fils , ni la sienne. Warwick conduisait le nouveau roi à la tête de quarante mille hommes contre l’armée de' la reine. On se trouva en présence à Santon au bord de la

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n'adoptait cependant pas publiquement les 1456- 1453 projets séditieux du dauphin : Monseigneur, lui dit-il un jour, mes soldats et mes finances sont à votre service , excepté contre le roi. Mais de nouveaux sujets de divisions naissaient entre les deux cours. Le roi regardait le dauphin comme l’auteur de cette mésintelligence; il disait, en parlant de la conduite de son fils : Le duc de Bourgogue nourrit un renard qui mangera ses poules.

Les mêmes dissensions qui agitaient la cour de France, se manifestaient dans celle de Bourgogne. Sans celte circonstance , la guerre civile eût probablement éclaté en France. Le duc de Charolois partageait l’indocilité du dauphin. 11 chassa un jour de sa présence les barons chargés , par son père , de son éducation. Le duc commanda à son fils de ne plus „ paraître devant lui, et même de sortir de ses Etats. Envisageant ensuite les conséquences de son premier mouvement de colère , il craignit que son fils , d’un caractère fougeux et inconsidéré, ne se retirât à la cour de France. Tourmenté de cette idée, il sort de Bruxelles, marche sans tenir de route certaine , s’égare dans les bois , et , surpris par les ténèbres , passe la nuit dans la cabane d’un paysan. Le lendemain , aux premiers rayons du soleil , il se fait conduire chez le dauphin, à Genapc ,

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