‹ Histoire de FranceChapitre 16 sur 19 · LIVRE TRENTIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE TRENTIÈME

1 . Guerre d’Allemagne. — r Le roi de Fruise s’empare de la Silésie. — Révolution de Russie. — Elis^betlr Pétronna parvient à la couronne. — a. Neutralité de l’électeur de Hanovre. — Les Français enval^sent la Bohême. — ■ 3 . Les Espagnols' attaquent les Autri>. chiens en Italie. — Le roi de Sardaigne embrasse les intérêts de la reine de Hongrie. — : Etablissement du dixième. — Ambassadeur ottoman envoyé à Paris. — . 4. Le duc de Bavière est couronné empereur. — Paix entre la Prusse et la Hongrie. — 5 . Siège de Prague. t— Réflexions sur la conduite des Anglais dans les guerres continentales. — 7. Suite du siège de Prague. — Guerre d’Italie. — 8. Guerre maritime. — Les Suédois cèdent la Finlande aux Russes. — Dumas y pupleiu et la Bourdonnaye. — 9. Retraite de Prague.

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— Compfiràison de cette retraite avec celle des dix inille. — 10. Mort du cardinal de Fleuri. — Réflexions au sujet du cardinal de Tencin. — 11. La duchesse de Châteauroux^ maîtresse du roi. — Comparaison entre Louis XIV et Louis XV . — Campagne de 1 743. — Mariage dü prince Charles avec la sœur de la reine de Hongrie. — 12. Lowendal entre au Service de France. — Campagne de 1744* — Arméniens maritimes. — i 5 t Alliance entte les cours de France et de Prusse. — Maladie de Louis XV. — Les Autrichiens pénètrent en Alsace , les Prussiens eii Bohême. — i 4 - Campagnes d’Italie J de Flandre, de Bohême. — i 5 . Circonstances delà maladie de Louis XV.

— Mort de la duchesse de Châteauroux. — 16. Caractère des principaux courtisans de Versailles. — Belleisle , fait prisonnier , est conduit en Angleterre. — Mariage du dauphin. — La marquise de Poinpadour devient la maîtresse du roi. — Mort de l’empereur Charles VII. — Projet d’accorder l’état civil aux protestans. — 17. Campagne de 174^. — Bataille de Fontenoi. — François de Lorraine devient empereur d’Allemagne. — 18. Changemens de ministres.

I* IVÆarie ‘Thérèse ne se croyait pas en 1740 guerre a\rec le roi de Prusse, Frédéric II , lorsqu'elle apprit l’invasion de la Silésie par ce monarque. Cet événement miteil mouvement l’Europe entière. Frédéric n’avait pas concerté son expédition avec la cour de France. Ou lit dans des mémoires contemporains, que, sur le point d’entrer en campagne , ce prince tint ce propos à l’ambassadeur de France à sa cour :

4740 Je vais jouer votre jeu , si les as me viennent , nous partagerons. Les cours de France et d’Espagne conclurent , avec l’électeur de Bavière, une alliance offensive et défensive, à laquelle accédèrent les rois de Prusse , de Pologne , de Sardaigne et de Naples. Louis XV s’obligeait d’entretenir en Allemagne une armée active de cinquante mille hommes, et d’envoyer une seconde armée en Westphalie, pour contenir les électeurs de Hanovre , de ^ Trêves, de Mayence, et les Hollandais.

Un second traité fut signé avec le roi de • Prusse. Louis XV garantissait à la cour de

Berlin la basse Silésie. Les prétentions du roi de Prusse s’étendirent dans la suite. Les cours de Paris et de Berlin promettaient de porter le duc de Bavière sur le trône impérial. Marie- Thérèse, alliée avec la^Russie , l’Angleterre et la Hollande , Jne pouvait guère compter sur d’autres secours que sur ceux de la cour de Londres. Le roi d’Angleterre lui procura cette année un subside de 'trois cent mille livres* sterling, et lui promit une armée dans l’élec. lorat deHanovre.L es Hollandais craignaient, en se déclarant , d’attirer les Français sur leurs frontières. Les variations , survenues dans le gouvernement de Russie , ne lui permettaient guère de prendre parta une guerre extérieure. L’impératrice Aune Juannona laissait le trône

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à son petit-fils ; le duc de Biren , duc de Cour- 1740 lande, devait gouverner l’empire. Celle dispo- • sition n’eut pas lieu, l.e duc et la duchesse de Brunswick-Bevern , père et mère du nouvel empereur, firent enfermer Biren , prirent la régence , laissant , sous leur nom , l’administration de l’empire au grand chancelier , comte d’Ostei’man. Cette régence dura à peine une année. La nuit du 5 au 6 décembre 174' » Elisabeth Pctronna , fille de Pierre 1 **' , se transporte à la caserne des gardes , accompagnée d’un petit nombre d’individus , les engage à la suivre, marche au palais, fait arrêter le duc et la duchesse de Brunswick-Bevern, et le grand chancelier , précipite du trône le monarque , et prend la couronne pour elle même.

Elisabeth resta fidèle à l’alliance de Marie- Thérèse ; mais, dans un moment de révolution, elle ne pouvait lui rendre de grands services.

Le roi de Prusse ayant défait les Autrichiens à la bataille de Molwits , dominait en Silésie, de Crossen à Blunska , à l’entrée de la Hongrie. Regardant cette belle province comme son patrimoine , il assemble les états provinciaux, leur explique ses raisons de s’emparer de la Silésie entière , quoique, au commencement de la campagne, il eût borné ses prétentions à une partie de la province. La somme des revenus , disait-il , perdus par la maison

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*74® de Brandebourg , depuis que la cour de Vienne • a ravi cet héritage , surpasse la valeur de la province entière: La victoire couronnait les drapeaux prussiens. Ce raisonnepient était péremptoire. •

Deux armées françaises > chacune de quarante mille hommes , entraient en Allemagne.

Belleisle, devenu maréchal de France , commandait la première. Il était alors occupé des fonctions diplomatiques qui devaient élever l’électeur de Bavière au trône impérial. La seconde était conduite par le maréchal de Maillebois. Belleisle devait concerter ses opérations avec l’électeur de Bavière, créé, par lettres patentes, lieutenant général du roi de France, en Allemagne.

2 . Georges II , en qualité d’électeur de Hanovre, ne voyait pas, sans jalousie, le roi de Prusse devenir une puissance prépondérante en Allemagne. Trente mille hommes se rassemblaient dans son électorat. Son projet, de concert, avec ses alliés, était d’attaquer toutes les provinces de la monarchie prussienne, et de partager cette conquête avec la reine de Hongrie et le roi de Danemarch.

Frédéric n’était pas un monarque à se laisser dépouiller. Il avait cantonné sur cette fronr tière un corps de troupes en état de disputer le terrain aux Anglais. L’armée française s’ap-

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pi'oclia bientôt de l’électorat de Hanovre.

Georges , froissé entre deux armées , fut contraint de .signer un acte de neutralité. 11 promettait d'abandonner l’alliance de Marie-Thérèse, et de donner sa voix électorale au duc de Bavière. A ces conditions, il obtint la liberté de retourner à Londres.

Belleisle s’empara, presque sans résistance, de l’Autriche antérieure. Ses troupes légères faisaient des courses aux portes de Vienne. La reine se réfugiait en Hongrie. Chacun croyait voir, à la suite de la prise de Vienne, Marie- Thérèse obligée de capituler dans Presbourg, comme le roi d’Angleterre venait de capituler d^ns Hanovre, toutes les prétentions réglées, la paix rétablie en Europe.

Dans un grand conseil, tenu à Versailles, ou décida de ne pas tenter le siège de Vienne. Marie-Thérèse, ayant assemblé les magnats et les évêques de Hongrie dans Presbourg, parut au milieu d’eux, tenant dans ses bras sou fils presque au berceau j elle leur tint ce discours : Abandonnée de mes amis, persécutée par mes ennemis, attaqué.e par ma propre famille, mon unique ressource est dans votre fidélité et dans votre courage; je mets dans vos mains, la fille et le roi de vos rois. Les Hongrois s’écrièrent de concert : Mourons , s’il le faut, pour notre roi Marie-The'rèse.

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