‹ Histoire de FranceChapitre 4 sur 19 · LIVRE VINGT-SIXIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE VINGT-SIXIÈME

1. Voyage de Pierre I«r à Paris. — 2. Suite des projets d’Alberoni. — Développement de la banque de Èaw. — 5 . Exil du chancelier d’Aguesseau. — Antisystème. — Portrait de d’Argenson. — 4 - Law est décrété de prise^de corps. — Anxiété du régent.

— 5. Litde justice. — Lesenfans natUtèlsAeLouisXIV sont réduits au rang de leur pairie. — 6 . Nouvelles négociations avec les cours de Londres et de Madrid.

— La conspiration contre le régent est entièrement découverte. — Suppression des conseils administratifs.

— Le duc du Maine est arrêté. — Supplice de plusieurs Bretons. — y. Guerre entre la France , l’Angleterre et l’Espagne. — 8. Effet du jeu des actions du système de Law. — 9. Alberoni expulsé d’Espagne. — Traité de paix. — lo. Un système semblable

4 a fflST. DE FR. H*. PART. LIV. XXVI.

à celui de France y ruine d’Angleterre. — 1 1 . Chute du système de Law, folies , sub^'ersion , catastm^e du comtede Horn. — la. Remontrances^ -parlement. — Exil et mort de d’Argenwüa. — D’Aguesseau est rap- > pelé. — lA. Les ag^teurs se rassemblent en diversen-

droits. Exil du parlement. — 14. Fuite de Law.

1717-1818 I. milieu ^des ii^uiétudes 4ont le régent était dévoré, il fut contraint de donner ses soins à la réception de l’empereur de Russie , Pierre I*'. Ce prince vint à Paris le 7 mai 1717. On voulait le loger au Louvre. Le projet du monarque russe était de tout examiner et non de se prêter à des cérémonies d’éclat. Il alla descendre à l’bôtel Lesdiguières. Le régent vint le saluer le jour suivant. Il lui amena Louis XV , conduit par le maréchal de Villeroi, son gouverneur. Quand le monarque russe vint au Louvre , toute la maison du roi était sous les armes. Louis XV s’avança à sa . renconir^usqu’à son carrosse. Pierre , inquiet de la foule empressée autour de lui , tint le roi quelque terhps dans ses bras.

Pierre l*’’ n’était étranger à presque aucun des arts cultivés en France. Aucune des raretés enfermées ^ans l’enceinte de Paris n’écbappa à ses regards. Académies, manubictures , laboratoires des savons , exercices niilitaires, cérémonies ecclésiastiques , il voulut tout examiner. Etant ailé à rbûtel des mou-

LOUIS XV

naies , celle qu’on frappait s’échappe du balan- 1717- «718 cier. Pierre s’empresse de la ramasser ; il se voit gravé sur cette médaille avec cette devise :

Petrus AlexiovUs t czar magnus Russomm imperator. Sur le revers paraissait une renommée avec ces mots : Viresacquiriteundo. Cette médaille d’or lui fut présentée. On en donna de semblables aux personnes de sa suite ; allaitil chez les artistes , on lui offrait leurs chefsd’œuvre. Examinait -U les tapisseries des Gobelihs, ou les tapis de la Savonnerie, tout ce qui paraissait lui plaire était porté chez lui.

Le duc d’Ântin lui fit présent d’une description de Paris en langue russe. Le comte de ' Toulouse le pria d’accepter une carte marine qu’il admirait. {Pierre ne cessait de répéter que les Français seuls étaient capables d’une si grande délicatesse de sentimeus. 11 corrigea de sa main, à l’Académie des sciences, plusieurs fautes de géographie dans les cartes de Russie, surtout pour les environs de la mer Caspienne.

Ce prince quitta Paris le 21 juin. Il vint à Spa, emmenant à sa suite plusieurs artistes français.

Toutes les nations chez lesquelles U voyageait> se faisaient un hoppeur de le seconder dans son dessein de transporter le domaine > des arts dans sa patrie. Toutes concoururent à cette espèce de création.

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