‹ Histoire de FranceChapitre 6 sur 19 · Le chancelier Voisin était mort eu · texte numérisé non relu

Le chancelier Voisin était mort eu

11 eut pour successeur le procureur général au parlement de Paris, d’Aguesseau , célèbre par ses talens et ses vertus. 11 n'approuvait pas le système de Law. Les frères Paris , employés au commencement de la régence à l’opération du visa dont j’ai parlé , furent engagés à développer un autre moyen d'éteindre Les dettes publiques. On lui donna le nom

LOUIS XT.

d’antisystème. Le régent avait adjugé aux *7^® frères Paris pour quarante railiions, les gabelles , les aidos y les domaines , le cor’rôle des actes , les insinuations laïques , les entrées de Paris , et qudqaes autre:; branches des revenus publics. Ües proGts de' cette adiuSication devinrent les bases de lamisysléme. Les fonds de la nouvelle compagnie furent Gxés à cent millions. Cette co.i p-t^'-àe prenait faveur rapidement. Les proînesses de Law se fondaient sur un commerce peut-être imaginaire au bord du Mississipi. La perception journalière des revenus du roi , semblait oflFrir un avantage plus certain. Cependant cette banque tomba malgré les efforts de d’Aguesseau , au moment où celle de Law ayant acquis la ferme du tabac avec le privilège exclusif du commerce de la Chine, devint . banque royale par un édit du 5 décembre 1718. d’Aguesseau lut exilé. On attribuait sa disgrâce à son éloignement pour les opérations de Law ; elle eut une autre cause. Le régent était en danger de perdre la vue. Les cabales auliques redoublaient à cette occasion. Ce prince fut informé par le roi d’Angleterre que tout était disposé avec la cour de Madrid pour le priver de la re'gence, s’il lui survenait une cécité absolue. Le duc du Maine devait être chargé de l’administration publique au nom

du roi d’Espagne , déclaré régent de France.

Le duc d'Orléans s’occupait depuis un an à Suivre toutes les filières de ce projet voilé avec beaucoup d’art. Il résolut de l’anéantir par la disgrâce de tous ceux qui passaient pour le diriger ; d!Aguesseau fut de ce nombre.

Bené le Voyer d’Argenson fut nommé garde des sceaux , et eu même temps chef du conseil des finances sur la démission du duc deNoailles. D’Argenson appelé à la cour pour favoriser Law , devint le ferme soutien de cet étranger. On envoya à la Louisiane six vaisseaux chargés d’hommes , de femmes , et de marchandises. On annonçait un embarquement prochain plus considérable. Un édit ordonnait une refonte générale , et une augmentation d'un tiers dans la valeur num^ raire des espèces d’or et d'argent. La valeur de l'argent s’élevait cette année à quarante francs le marc ; on la porta à soixante. Ceux qui portaient une somme à la monnaie à quarante francs le marc, les quatre cinquièmes en argent et le reste en promesses du gouvernement, recevaient le paiement de leur argent et de leurs billets en nouvelle monnaie.

C’était vraiment un moyen d’éteindre les billets d'Etat ; mais les particuliers étaient dupes de ce revirement. Un homme portait à la monnaie cent vingt-cinq marcs d’argent

LOUIS XV

qui faisaient cinq mille francs, à raison de 17^8 quarante francs le marc , et deux mille francs en billets d’Ëtat , il l'ecevait sept mille francs en espèces nouvelles. Ces espèces, en raison de soixante francs le marc , ne pesaient que cent seize marcs , il perdait neuf marcs sur la totalité de cent viqgt-cinq portés à la monnaie , et en outre la totalité de ses billets.

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