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Le parlement faisait des remontrances

On ne les écoutait pas. Paris, occupé au jeu des actions , prenait un faible jntérêt aux démarches du parlement J la multitude croyait réellement gagner, quand on lui disait : quatre francs en valent six.

Le parlement ayant, par un arrêt du 3 o août, res'serré la banque dans les termes de son institution, fit défenses à tout étranger, meme naturalisé, de s’immiscer dans l’administration des fonds publics, et aux receveurs des deniers royaux de porter de l’argent à la banque. Une commission spéciale fut délivrée au procureur général de veiller à l'exécution de cet arrêt, dans lequel il était spécifié que tous les paiemensau palais seraient faits en vieilles espèces. Enfin le parlement décréta successivement Law d’ajournement personnel et de prise de corps. Law, ne se croyant plus en sûreté à la banque, s’était réfugié aii Palais-Royal. Dubois partageait la haine parlementaire. 11 craignait Tome IX. 4

5 o niS'ï. DE FR. II'. PART. LIV. XXVI.

1718 dctrc la seconde victime sacrifiée aux robes rouges. Le garde des sceaux n’était pas sans inquiétudes.

Des hommes vigilans épiaient les démarches de l’ambassadeur d’Espagne, on connaissait ses courses fréquentes et nocturnes, à Sceaux, conduit dans un carrosse de louage par le comte de Laval. Tout le monde parlait d’un changement prochain dans la régence. Des assemblées se tenaient dans l’hôtel de l’ambassadeur d’Espagne. Tous les ennemis du régent y étaient admis j un abbe, nomme Lrigaut, avait été chargé par le prince de Cellamare de trouver un copiste sachant parfaitement la langue espagnole. Il produisitDuval, jeune homme employé en qualité d’écrivain à la bibliothèque duroi. Duval étonné des choses extraordmaires dont on lui ordonnait la transcription , crut devoir prévenir Dubois. Il reçut ordre de continuer son rôle de copiste , de signaler tous les individus admis chez l'ambassadeur castillan , et de rendre compte , jour par jour , de ce qu’il apprendrait. Le régent obtint ainsi la certitude des complots formés contre lui , et dont la cour de Londres lui avait déjà donne quelque connaissance.

Dubois voulait se procurer des preuves écrites. C’était chose difficile , le copiste éclairé de près , ne pouvait soustraire les minutes. 11

LOUIS xy.

fut instruit du projet d’Alberoni de se rendre maître de la personne du régent , de convoquer les états-généraux , d'y faire annuler la cassation du testament de Louis XIV , d’adjuger l’exercice de la régence au duc du Maine, et de faire ordonner que si Louis XV venait à mourir, un des eufans de Pliilippe V serait appelé à la couronne. Les étals généraux devaient ensuite réduire la banque de Law aux termes de son institution.

Instruit de ces particularités , le régent bcsitait à prendre un parti décisif dans la crainte de déterminer une commotion générale. Cette indécision jetait Law dans de perpétuelles angoisses. 11 craignait d’être pendu, pendant qu’oncberchaitleutement les moyens delesoustraire aux poursuites du parlement. Le moyen le pluâ elScacc était d'anéantir dans un lit de justice tous les arrêts rendus au parlement , au sujet de la banque. Trois hommes partageaient la confiance du régent. Dubois, Law et d’Argenson. Ils lui faisaient honte de sa timidité. Un lit de justice fut enfin résolu.

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