‹ Histoire de France (volume 2)Chapitre 27 sur 85 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

MM. Torgot et Malesfaerbes sortent da ministère, — M. Necker.

Malesherbes » qui avait pressenti la chute de son ami et la sienne propre , Tavait prévenue par sa démission ; Turgot » plus ferme , ne voulut cesser d'être utile que lorsqu'il lui serait impossible de l'être plus longtemps, et se laissa si* gnifier son renvoi. Ainsi se perdit , par la faute d'une cour légère et assez mal conseillée pour laisser douter de la générosité de ses sentiments » l'occasion de faire partir du trône des réformes utiles qui étaient appelées par la voix de l'opinion publique, et qui ne purent s'établir depuis qu'en ébranlant et renversant enCn le trône même.

M. deMaurepas fit remplacer M. de Malesherbes par H. Amelot, son allié, homme d'une incapacité notoire; et, suivant son usage, il le frappa de l'un de ces traits malins, à l'aide desquels il se plaisait à vouer au ridicule et à la déconsidération ceux qu'il favorisait de son appui. Pour celui-là, dit-il, m ne m'accusera pas de l'avoir fait nommer pour son esprit; et en effet il ne méritait pas cette accusation.

En comparant ce que nous connaissons des vastes plans de H. Turgot à ce que M. de Malesherbes proposait au roi si éloquemment, dans ses belles remontrances du 6 mai 1775, on voit qu'ils étaient entièrement d*accord sur le bien qu*ils se flattaient d'obtenir, soit qu'ils se fussent concertés précédemment sur les mesures à prendre pour sauver l'état et amé-

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iiorer ]e sort du peaj^e , soit plutôt que leurs principes étant depuis longtemps lesm£mes, leurs conséquences dussent Tétre aussi , et produire des résultats semblables ; mais toujours est-il que ces remontrances semblent avoir été présentées pour donner plus de poids aux idées que H. Turgot commençait d'éfflettre, en les faisant exposer aussi par une cour souveraine qoi jouissait au plus haut degré de la con^dération publique. D pouvait être politique, eneflfet, d'accoutumer le roi à ce qa'elles pouvaient avoir de trop nouveau pour lui, et de rendre ea quelque sorte nationales les améliorations que le ministère allait proposer; ces remontrances auraient pu servir depréam* bole ou de pièces justificatives au recueil des actes de M . Turgot ail avait pu accomplir ses projets ; mais la Providence en or« doDDa autrement. M. de Malesherbes et M. Turgot n'ont pu laisser que des regrets d'autant plus grands, que tout ce qui est arrivé depuis n'a que trop prouvé que le moment des con* cessions était venu , et que la politique la plus sage ordonnait de bire descendre du trône même le redressement des maux dont le peuple souffrait alors , au lieu d'attendre, comme on le fit, l'explosion de son mécontentement.

M. de Malesherbes, rendu à sa retraite, reprit le cours de ses observations et de ses éludes ; car, à près de soixante ans, il savait qu*il avait encore beaucoup de choses à apprendre. Ses connaissances dansThistoire naturelle, principalement en géologie et en botanique, étaient fort étendues, et ce fut pour les au^roitrc encore qu'il alla, dès qu'il fut devenu libre, parcou** rir les Pjrénées, les Alpes, les montagnes d'Auvergne , les vallées de la Suisse et la plupart des provinces de la France, M pas en grand seigneur, non pas en ministre d'état, non pu mime en homme riche » mais en simple particulier, sous le

m inSTOIRE DE FRANCE.

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