CHAPITRE XLVI
Cherté des graius. — Troubles dans Paris.
La cherté des grains réveillait toutes les passions des pauvres contre les riches ; l'agitation ne se bornait pas à la Provence, mais s'étendait dans beaucoup de provinces.
Necker cherchait à combattre ce fléau de la disette.
Le 23 novembre 1788 , il fit publier un arrêt du conseil...
c Sa Majesté , par une suite de son inquiétude paternelle et sur des plaintes qui lui ont été adressées, croit devoir au-
jôurd'hui mettre obstacle à un genre de spécnlatîons qai n est point utile aux propriétaires, et qui nuit essentiellemeot aux consommateurs ; ce sont les achats et les accapareoaents entrepris uniquement dans la vue de profiter de la hausse des grains, et qui inspirent ensuite le désir dangereux de voir arriver le renchérissement. De telles spéculations, qui ont leur avantage dans les années abondantes, excitent des alarmes et peuvent avoir des conséquences fâcheuses lorsque le prix des stibsistances est d^à fort élevé. Sa Majesté , ne voulant cependant autoriser aucune des inquisitions dont il est facile d'abuser, a cru devoir se borner à rétablir, pour cette année, Tancienne obligation de ne vendre et de n'acheter que dans les marchés , afin de mettre ainsi les officiers de police à portée d^éclairer la conduite de ceux qui se livreraioat à un trafic déshonnête... Elle promet en même temps sa protection la plus particulière aux négociants qui introduisent en France des blés achetés dans les pays étrangers ou qui s'occupent de faire passer des grains d'une province à l'autre , et d'égaliser ainsi entre ses sujets les ressources et les moyens de subsistance...
« Sa Majesté exhorte paternellement les propriétaires et les fermiers de concourir à ses vues de sagesse et de bien&isance» et de suppléer, en garnissant les marchés, aux dispositions qu'elle ne juge pas à propos de prescrire. »
On ordonna en outre tiue , dans les marchés , les approvisionnements journaliers eussent rang avant toute autre transaction.
Malgré cet arrêt , le prix des grains augmenta.
Le parlement de Paris , par un arrêté du 4 avril, c supplia le roi d'examiner dans sa sagesse, si, dans les circonstances