‹ Histoire de France (volume 2)Chapitre 73 sur 85 · L0D18 XVI · texte numérisé non relu

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aetneltes , il ne ^ndt pas ulile d'a|>porter qnrifues modifica^ tioi» à la M de 4787, sur la liberté indéfinie du commerce des grains. >

Necker fit rendre, le 22 avril 4789 , un second arrêt du conseil qui commençait par apprendre au public que beaucoup de frains avaient été achetés par le gouvernement , à l'étranger. < Sa Majesté , ajoutait-on , fixant en mène temps son attentieli snr la police intérieure du royaume , et voulant décourager les Ipécttlatenrs toujours dangereux dans les temps de cberlév à défendu les achats de blé hors des marchés , et elle a pris noin que, dans ces mêmes fieux, les approvisionnements journaliers des consommateurs eussent rang avant tonte auti^e transactioa. Enfin, Sa Majesté a invité, avec lapins grande bonté et au nom du bien de Tétat , les propriélaires » les fermiers et tous les dépositaires de grains , à garnir les marchés et à ne pas abuser de k difficulté des circonstanoes. 11 est de la justice du roi de reconnaître que ces reoommandatious ont eu dans plusieurs districts Teffet qu'on avait droit d'attendre. Cependant Sa Majesté s'est déterminée i idler plus loin encore, et , pour rassurer les écrits centre tes inquiétudes que la cherté des grains fend naturelles^ ^e a résolu d'autoriser ses commissaires "départis dans les provinces et les magistrats de police à user du pouvoir qui leur est confié pour faire approvisionna les marchés par ceux qui auraient des blés en grenier, et pour acquérir même des infonnations sur les approvisîoDfnements auxquels on pourrait avoir recours dans les moments où la liberté dû commeree ne suffirait pas pour assurer à chaque lieu la subsistance du peuple. Sa Majesté , indépendaonneni de ces ordres, invite les propriétaires et les fermiers ànser de modération daus leurs prétentions,

et , comme dans un vaste royaume la sorveiUance du gouvernemeui ne peut pas tout faire , Sa Majesté exhorte les ehefc des municipalités et toutes les personnes généreuses et bien intentionnées à concourir de leur pouvoir au succès de ses soins paternels. >

Malgré ce second arrêt , le prix du pain augmenta enoore, et les troubles continuèrent.

Un événement sinistre vint effrayer Paris. Un manuiactBrier de papiers peints du faubourg Saint-Antoine , Réveillon , occupait de nombreux ouvriers. Il était populaire dans son quartier, puisqu'on l'avait nommé électeur. Cependant <m eût courir le bruit parmi les gens du peuple qu'il veut baisser les salaires, que c'est un aristocrate. Paris était alors rempli de malheureux que la rigueur de l'hiver, la cherté du pain, l'espérance de l'impunité dans les mouvements populaires, avaient poussés dans la capitale. Le 27 avril , un grand rassemblement parcourt en plein jour le faubourg Saint-Antoine en tociférant contre Réveillon ; les meneurs traînent un mannequin qu'ils pendent à sa porte en annonçant qu'ils revioidront. La maison de Réveillon fut entièrement pillée. Ce rassemblement donna , le 22 avril, à Paris , le second spectacle d'un tumulte sanglant , dont le premier exemple s'était vu , lorsque les maisons de Brienne et du commandant du guet furent assaillies. Du faubourg Saint-Marceau partit à l'improviste cette troupe forcenée qui se portai sur la maison de Réveillon , pilla , brisa les métiers , en jeta dans la rue les débris, dont elle fit un bûcher. Depuis quelque temps il arrivait à Paris des hommes à figures atroces , armés de bâtons noueux. Ils y entraient par pelotons et par différentes barrières, logeaient dans les faubourgs , d'où ils se rassemblèrent à des jours fixés dans cdni

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de Saint-lfarceaa. Us faisaient Tavant-garde de b troupe qui pilla Réveillon. Dans les cris et Mes hurlements qu'ils poussaient, on démêlait que les motifs de leur entreprise étaient de punir ce manufacturier, homme , disaient-ils, qui était dur à ses ouvriers , qui les maltraitait , et avait montré de la joie, disaitK>n calomnieusement, de ce que le pain devenait cher, et de ce que la famine les contraindrait de travailler sans relâche.

Dès le lendemain , parurent des écrits rejetant ce tumulle sur la cour et insinuant qu'elle préparait la famine et soudoyait la fureur du peuple , afin d'avoir un prétexte pour appeler et entretenir une armée entre Paris et Versailles, et, par ce moyen , maîtriser les Etats et dicter impérieusement les décisions ; mais peu de personnes crurent à cette imputation : les soupçons tombèrent au contraire presque généralement sur le duc d'Oriéans. 11 avait résisté en face au roi , dans le lit de justice du 1 9 novembre 1 787. Les cahiers de doléances , qu'il fit distribuer dans ses terres, comme pour servir de modèles à ceux dont les députés seraient porteurs , annonçaient que ce prince méditait de grands changements dans la constitution de l'état, dans le gouvernement, dans la reUgion. On savait qu'il y avait entre la reine et lui une haine prononcée. On le croyait ambitieux et vindicatif. Il ne paraissait que rarement à la cour, et comme par force; on ne l'y voyait pas non plus de bon œil. Soit par hasard , soit dessein prémédité , ce fut la duchesse d'Orléans, son épouse, qui, revenant de la campagne, obtint, le 17, de la complaisance du commandant d'un détachement de cavalerie, envoyé pour fermer le passage aux brigands qui survenaient, d'ouvrir la ligne à son carrosse. Ces furieux le suivirent avec une|impétuosité que l'on ne put

arrêter» et vinreal augmenter le nombre de ceux qui iéjjk inondaient Paris. La vertu de cette princesse était trop oonnve pour qu on Tait soupçonnée d*étre complice des desseins de son mari ; mais on a cru que , docile à ses ordres y elle seconda ses intentions sans en prévoir les conséquences.

Il n'y eut que la Bretagne , où la noblesse et le haut cleigé aimèrent mieux ne point nommer de dentés que de souffrir au tiers la duplication prescrite. Les curés bretons ne s'associèrent pas à cette opiniâtreté-; ils firent leurs choix, et leur nombre grossit dans l'assemblée générale le tiers-état en s' j joignant. Avant que de se séparer, la plupart desassenablées de provinces établirent des espèces de comités avec lesquels devaient correspondre leurs députés , pour leur donner connaissance de ce qui se passerait à Versailles, et prendre leur avis sur les matières qui les intéressaient. Ces comités furent comme des cadres tout préparés pour les dubs , quand on jugea à propos d'en établir. On nomme ainsi en Angleterre des assemblées où l'on s'entretient assez ordinairement des affinres d'état. Ce mot a été adopté en France pour signifier les rassemUements destinés au même objet. Le premier se forma à Paris autour des députés de Bretagne, que ceux des autres provinces allèrent à leur arrivée féliciter de leur fermeté et de leur victoire. Des premiers compliments on passait aux questions qui occupaient alors les esprits; on recherchait quelle était rétendue de la souveraineté , si elle appartenait tout entière au roi , et quelle part le peuple pouvait y prétendre. A ces conférences n'était pas admis quiconque se présentait. Il fallait faire preuve de ce qu'on a appelé depuis patriotisme^ c*estrà-dire de dévouement à la cause du peuple , ou plutôt au système de l'assemblée. Cette réunion se nomma le club Bre--

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ton. Alors furent sinon inventées, du moins propagées, les qualifications d'ariêtocrates et de démocrates , la premier» signifiant les partisans de la noblesse, la seconde ceux du peuple.

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