‹ Histoire de France (volume 2)Chapitre 8 sur 85 · CHAPITRE LU · texte numérisé non relu

CHAPITRE LU

De h boDe di pape Renmko , Oémeiit XIII, et de ses uitee. DelaGone.

QéffleDt Xm ayant excommanié le duc de Parme neveu du roi d'Espagne et petit-fils de Louis XV, à cause des règlements faits dans ses états que le pape disait à lui , le parlement de Paris commença par condamner son bref d'excommnnication ; mais le conseil du roi donna l'ordre de se saisir d* Avignon et de tout le comtat Venaissin. Les concessions £ûtes autrefois par les rois de France de ce comtat au siège de Rome sont enveloppées de ce nuage d'incertitudes qui couvre une grande partie de Thistoire ; d'ailleurs l'aliénation d'un domaine de la couronne a toujours été réputée contraire anx lois du royaume par tous les parlements , et particulièrement par celui de Provence , dans le ressort duquel sont Avignon et le comtat.

Louis XIV était rentré deux fois dans ce domaine , Tune du temps du pape Alexandre XII, l'autre pour mortifier Innocent XI qui s'était déclaré son ennemi ; et , ayant saisi ces terres comme domaine de la couronne, il les avait rendues deux fois, sans faire aucune déclaration qui pût préjudicier au droit qu'il avait de les reprendre.

Le ministère de France jugea qu'il fallait faire valoir le dernier arrêt du parlement de Provence, qui réunit, en 4688, Avignon et le comtat à la couronne. Cet arrêt n'avait point été ^ialement révoqué; ainsi il fut mis en exécution comme subsistant dans toute sa force.

Le comte de Rochecbouart se présenta de la- part du roi » le

58 mSTOîRE DE FRANCE.

11 juin 1768, devant Avignon, suivi de quelques troupes; il alla droit au vice-légat qui gouvernait au nom du pape et lui dit, selon l'ancien protocole usité sous Louis XIV : c Monsieur, c le roi m'ordonne de remettre Avignon en sa main, et vous c êtes prié de vous retirer. »

Le premier président d*Aix, un second président, et huit conseillers firent publier Tarrét de réunion. Dans le même temps toutes les cloches sonnèrent, le peuple fit des feux de joie; on commença d^s ce jour k insérer dans tous les actes publics : c Régnant souverain prince Louis , par la grâce de c Dieu , XV* du nom , roi de France et de Navarre, comle c de Provence , de la ville d'Avignon et du Gomtat Vaiaisc sin. »

Le roi de Naples , de son côté , s^emparait de la ville de Bénévent et de celle de Ponte-Corvo , et déclarait < que ces c deux villes et leur territoire dépendent de la couronne de « Naples, et qu'ils y seront réunis à perpétuité. »

On menaça aussi de se saisir de Castro et de Ronciglione, mais on se contenta dé menacer ; et , dans le temps même que la cour de Naples prenait Bénévent, qui appartient aux papes depuis environ sept cent trente années, elle lui payait le tribut de vassal, qui consiste en sept mille écus pendus au cou d*une haquenée.

Le pape mourut bientôt après; on attribua sa mort au chagrin.

Le ministre qu'on appelle en France des affaires étrangères, et qu'on nommait sous Louis XtV ministre des étrangers, secondé du cardinal de Bernis, eut le crédit à Rome de foire nommer un pape dont on. espéra plus de circonspection. Le cardinal de Bernis joignait à l'habileté dont les Italiens se pi-

qnent une érudition littéraire, un goût et un génie dont le saeré collège ne se pique plus guère, et qu'on n'avait retrouvés que dans le feu cardinal Passionei. Ce fut lui qui fit le pape Clément XIY , et qui forma son conseil.

Lorsque le pape Ganganelli eut cassé la société de Jésus , et qu*il eut promis de ne plus fulminer chaque année la bulle In cœnâ Domini , on lui rendit Avignon et Bénévent avec Ponte- Corvo. Sa prudence guérit le mal que son prédécesseur avait fait k Rome.

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