IV PRÉFACE
Les crimes des peuples chez les anciens deviennent de l'héroïsme et de la grandeur. Voyez , lorsqu'il s'agit des dissensions entre les patriciens et le peuple , du sort des esdaves et du traitement des vaincus, les historiens ne cessent de vanter les tyrans et les oppresseurs.
Sans doute les anciens préconisaient l'amour de la patrie, cette extension de l'esprit de famille; mais pour eux cet amour était une passion violente , exdusive , qui ne se confondait pas avec l'amour de l'humanité et justifiait même les plus grands excès. Le mot terrible : Delenda Carthago , a couvert la terre de ruin^.
Le christianisme a établi][un droit des gens pour les nations^ un droit public pour les peuples , des principes et des règles de gouvernement , un ordre moral et des devoirs pour tous les hommes en société , soit qu'ils commandent, soit qu'ils obéissent. En changeant l'ordre des fsdts, il a changé aussi la manière d'écrire l'histoire.
« La grande vue à saisir pour l'historien moderne, dit M. de Chateaubriand, c'est le changement que le christianisme a opéré dans l'ordre sodal. En donnant de nouvelles bases à la morale^
PRÉFACE i
l'Evan^le a modifié le caractère des nations et créé des hommes tout différents des anciens par les coutumes, les usages, les sciences et les arts. »
n n'y a plus de nations vieillies , plus de nations dans la décrépitude, plus de nations ensevelies sous les ruines de leurs dtés et de leurs temples , comme celles dont nous contemplons encore les débris. Les peuples qui ont reçu l'Evangile ont reçu avec lui une jeunesse étemelle. D leur suflSt de se retremper à cette source de la vie morale pour reprendre toute la vigueur du jeiuie âge. Le Bas* Empire n'a péri que parce qu'il s'est séparé du catholicisme.
Depuis l'établissement du christianisme, les nations de l'Europe oht été gouvernées par des prindpes, symbole de leur existence morale et politique. Le développement et le progrès des conditions de leur existence sont le fond de toute leur Msttrire.
Les hommes qui s'élèvent à la tête dés sodétèsae sont plus des régulateurs; véritables acddents, ib en arrêtent ou en accélèrent la marche, mais le travail providentiel s'accomplit avec ou contre ^ux, ils n'en ont été que les instruments.
La sttperstitiim règne