‹ Histoire de France (volume 3)Chapitre 35 sur 41 · ÉTAT DES PERSONNES AU MOMENT DE LA RÉVOLUTION · texte numérisé non relu

ÉTAT DES PERSONNES AU MOMENT DE LA RÉVOLUTION

Dans la population de la France , sous l'ancien régime , on peut distinguer d'abord le peuple des villes et celui des campagnes. Celui-ci se composait, en général, 1* d'ouvriers non propriétaires vivant habituellement de leur travail; 2* de paysans propriétaires ; 5* de bourgeois possédant des corps de domaine avec un manoir. Audessus de cette population s'élevait ordinairement un seigneur possédant un corps de propriété appelé seigneurie , avec un manoir appelé château.

La population des villes se composait, 1* comme dans les campagnes, de quelques ouvriers vivant jour k jour de leur travail ; 2* d'un nombre d'apprentis et de compagnoM, subordonnés à un maUre ayant un établissement légal, et formant ainsi le premier degré de ce qu'on appelait Umrgeoisie; s'élevaient ensuite des corporations de marchands et de négociants , puis les professions appelées UbértUet , telles que médecin , peintre , géomètre , architecte ; puis encore celles des hommes d'affaires , tels qu'avocat , notaire , procureur : le tout dominé , d'un cdté , par des maires ou échevins , personnages d'une petite considération , quand ils n'avaient ni la police civile ni des fonctions judiciaires; d'un autre cdté, par les officiers supérieurs ou subalternes des tribunaux.

Le peuple des campagnes payait la dime , d'un autre côté des cens au seigneur et

âes droits de lods dans dWen cas de mntation , ee peuple payait en i^tre di? en impôts à I*Etat , il sapportait le tirage à la miliee , ainsi qae diverses eharges appelées eorvées.

Dans la popalation des Tilles , nn compagnon habile , mais pauvre , n*ayait pas le moyen de faire les frais exigés poor un établissement légal appelé tHoUriêe, et devait être mécontent des avantages qve se tronvait avoir sur lui on ouvrier d'un talent inférieur , mais riche. Il se voyait avec jalousie , eomme avec peine , condamné à vivre toujours , ou du moins trop longtemps , sous la domination d'un mattre : on l'appelle aujourd'hui bourgeois.

Les antres corporations , vouées de même I des règles et k une discipline particulière , avaient aussi ^ souffrir de quelques entraves et de quelque gêne.

Dans un pays comme la France , on est presque toujours sâr de se tromper lorsqu'on y placera ce qu'on appelle communément les intérêu en première ligne. C'est l'amourpropre avec ses diverses nuances qu'il faut principalement compter et rechercher. Plusieurs positions sociales présentaient ii cet égard de grandes susceptibilités. Et, d'abord , dans la haute bourgeoisie, où il y avait avec la noblesse égalité d'éducation , quelquefois supériorité de fortune et d'instruction , l'infériorité de cette classe , auprès de ce qu'on appelait alors ^ronia seigneurs, était supportable en ce qu'elle était expliquée, et en quelque sorte adoucie par une véritable supériorité. Il n'en était pas de même auprès des simples nobles. Les alliances , les anobHssements rapprochaient dans quelques cas les deux classes et équilibraient leurs rapports.

Autrefois il y avait parmi les individus nobles , a raison non de la naissance , mais des degrés de la féodalité, une grande inégalité de rang et de droit; depuis la décadence de la féodalité , je pourrais dire son anéantissement , il s'était établi au milieu des inégalités de fait provenant des différences de la fortune , une complète égalité de droit. Dans les temps anciens , un simple gentilhomme ne se serait pas mis à la table du baron. Il n'aurait pas même osé s'asseoir en sa présence. Il se serait trouvé trèsbonoré que son fils allait s'élever chez lui , aider à dresser et à gouverner les chevaux , le servir k table , l'accompagner comme serviteur à l'armée ou dans les voyages. A la suite des temps , lorsque sous la protection de la chambre des comptes et des conseils du roi, les fiefs subalternes reniant leur ancienne condition, se mirent, sous différents prétextes, ii ressortir directement du roi , les barons avec leurs baronies, qui avalent perdu leur mouvance , n'eurent plus , k l'égard de la noblesse inférieure , de supériorité décidée. Il leur fallut demander au roi lui-même et à sa cour le lustre de rang et d'édat qu'ils avaient perdu. On a attribué au cardinal de Richelieu le grand mouvement qui porta à la cour les grands seigneurs de province. Ce ministre n'eut qu'à seconder ce mouvement. On peut être sûr qu'alors , et depuis longtemps , il s'opérait de lui-même. De cette manière , aux temps qui précédèrent la révolution , tout était tellement confondu en ce point , qu'un noble , quel qu'il fût , se regardait comme l'égal de tout autre noble. La pairie elle-même faillit succomber ; elle conserva avec peine

quelques privilèges.

Toutefois on peut dire que cette espèce d*q;alité n'était qu'une prétention de vanité; en aucune ounièie elle n'existait de fait. Depuis la disparition de toutes les petites

l^ |iT«t atiff^i^i , fifdiii nffi , «1^ jpol^f|i«nt s^ ppj^ct» , ar^lt {BulUpiié ses offî^ , devint le point de mire de toutes les prétentions , et par h même on nouveaa centre de jBMNiveBMtnts. L'uK^ienne fiéodalité^yaU dis^u ; lu^e féodali^ aouveile se composa. Même f^HSttft sous M wuoritÀ de ^^ouis J)Uy, d(^ opbles jippajrt^jaa^t aux familles souvent les yiH^lMstingftfies, jie craipaieni ^ iil^reiçeiU, et sa^ aucune obligation de fiefs, de j^ mettre au service d'autres nobles plus opulents et plus puissants ; ils recevaient de psa^'d des iE9ges , des ypix^ntemej^s , et se laissaient enrôler ainsi dans leur domesticité. Peu de temps après , lorsque , par des causes que je n'ai pas fi décrire , ces fSitkffm eurent cessé , wne autre espèce de féodalité se reproduisit encore dans les rapports de profecteuf^ /et fie protégés. On doit entendre par 1^ la distribution des .emj^ et des faveur^.

U s'intcpjiuisU bientôt d'autres ini^alités. Et d'abord }a pretenHoi^ même d'égalité, l'afluen^ qti'e^e Ofccasio^^jùt ài la cour des gentilshommes de tous )es pays , le dé- Mrdw e| la coqf^sion %iû projvefuôent de ces juwvelles prétentions ^rent imaginer d*y aip^orter ^ jr<}gles. (^ fMios ne pouvaient plus se tirer de la féodalité , elle avait d«^p«ru; on pensa à I/bs tirer de l'ancienneté de la naissance. Les premiers anoblissejtitmia fisfiitm l^ant pppoce^ dater du quatoraième siècle, Cbèirin, qui savait l'histoire de fiUMe, cftipaeon la ^vail alors, crut, d'après la stt{f;>ositioii généralement àdmiae d'un peuple conquérait et d'un peuple riéduit en servitude , que tout ce qui pouvait faire des preuves, par titres, avant l'époque des anoblissements, apparteiatt an peaple vainqueur, c'estrà-dir^ ^n peij|4^ frapc. Pe^s^me ue se tatait alors q}ie le igot twifle s^était introduit comme une distinction au moo^jent jOù , par le mouvement des choses , celui de fraw s'était généxalisé. ]Persoun^ ne ae doi^t que les amofelissfflifntfi eussent ^té unç continuation des let^es d'affiranchis- «emest.

Sur cette basé » qui n'avjût aucune réalité , Chérin étabUt la distinction des hommes de la cour d'avec» le s^^ de la noblesse. II y eut ainsi ufie noblesse présentée , c'està-4ire q/û avait pu £iire ses preuves de filiation jusqu'au quatorzième siècle; il y eut «ne autre noblesse nont-presentee , e'est-À-dire celle qui , par une cause ou par une antre , ne ptodaisait pas cette filiation. Sans pouvoir remonter , par titres , jusqu'au ^aïonàeme sù»le , cette seconde classe , lorsqu'elle avait des titres suffisants pour être feçue à Malte , aux pages , dans les chapitres nobles , prétendait , comme la précédente, à étie noblesse originaire. A ce titre elle se .Réparait, tant qu'elle pouvait, d'une auti« classe de nobles que formaient les anoblis.

Ainsi , faute de titres suffisants , comme une partie de la noblesse était exclue de la eour, et comme futé d'ancienneté les simples anoblis étaient exdus des places à preuve et de la considération qui en ressortait , il en résultait , dans le corps de la noblesse , trois divisions précises. Ces divisions étaient , pour les anours-propres , des objets de souffrance ; ce n'étaient par les seuls.

Avec du mérite ou sans mérite, il était établi qu'un jeune seigneur de la cour, ^rès quelques années de brevet de capitaine, pour la foi^, devait 4tre aoninê colonel et avoir un réf^ent. Quelque aerviee qu'efit ieid« «1 getiihoBPit (khwh

«oloiiel, c'éMât >«aiju»QU|». il .éuU.éUtiiij p'U cievsui 4e.«ie)ir«r $ij^ grade ^je^^pi^une et ^*ea trouver satisfait. Gela peut j^aîtfe avjoard'hiù lue iiyustice; ce ^u'il ^ a de €«1II9|1^ > c*€^ i|ae penooae ilof^ 9'eii ij^proaijvait. 11 s'introduisit un point de soufkaati» pins réel et plus vif.

Les grands seigneurs, qu^ disposaient 4<» grâces ainsi ^e des places de leur reginept , semblaient devoir montrer des pjréférences pour les gentilshommes de la no- )>less^ a prey^ye avec lesqoeJlj» Us ayaient pluçs d'affinité. Gela fut aij^i pendant ^elqqe knps. A la iln » les aflaires prenant chaque jour plus d'importance , les gnu^ds seigp&Q» se détournèrent des hom)nes à preuve pour se porter vers les hommes voués anx affauQes , ^ ui leur étaient beaucoup plus utiles. La noblesse à preuve , ainsi ^ue la aablesse pauvre , furent d'a^jd gegligees , finalement délaissées. Le scandale qui eu provint donpa lieu k un autre Scandale : ce fut l'ordre , ou l'ordonnance du ministre de la guerre , par laquelle les places d'officiers durent être affectées desorma^ aux familles mobiles. CeUie ^nesure , tout^ de détresse , et qu'on a signalée comme une mesure de £iveuf , a excite beaucoup de mecontenten^euts. Sur ,ce point encore je suis porté à ^ttt^ 4ue /ces mécontentements seuls , qu'U étai^ au surplus facile de calmer, eusfiHfA f/n/i amei)^ ^ troubles; idept^ndant il elait probable qu'au premier moment où un g^nd mouyemejit ^'opeierait dans l'Etat , il donnerait k cet égard un grand essor aux clajueurs ^t au^L plaintes.

i»>r9iée ayant .figure ^'une jmaniére particulière dans les événemenl^ de la révolutim , il semble que ce sera lii surtout que se trouveront de gi'ands mécontentements , ei a^jm nu (fi^r de trouilles. A ^u juger par l'esprit qui y règne aujourd'jiui , ou IfmftM^ le i^«ure. .1^ traits suivants pourront être regardes , selon la disposition des 4jspnis , comme des causes ou comme des prétextes.

Qgpme U y ava^t .des jeunes gens de la «lasse noble qui y prenaiejjt d'emblée des flaeas d'opiners, et qui ensuite étaient cousigi^és a l'emploi de capitame; quelque ^urMe qtii se |xouvàt de laéme parmi les soldats , leur avaucement était marque, ils j^oiMraiewt ariiver jusqu'aux emplois de Courrier ou de sergent , ')ls s'arrêtaient là; il M'y ay#it4'exc^p^n que pour un petit nombre de sigets designés ensuite sous l.e ^(ap à'ûMf^ 4e lÀ^Au^e- i^ttoi qu'un ait pu dire dans la su^ de cet .ordie de choses , Il ^ IHJitt&taat (y^ l'éKffiee > à celte époque , n'ofl'raii pas plus de germ^^s 4e Roubles qijie les autres parties; seulement, s'il venait à s'élever quelque apparence de changen^ent éftfis l'^t^i, M icst vraisem/i>lable que l'armée y voudrait parUcipei*.

I^'an^yen^e magistrature n'est pas sîvâment sau^ içipoit^ce; aa pei^t la cousi4é|it;r dans sou action judiciaire et dans son action politique. Au criminel , l'action judiciaire de la nu^isirature était toute arbitraiie , soit pour ia peine , qui n'était pas réglée |oaj%yy(s comine eiïe Test aigouid'hui par des lois précises, soit pour Ifi prononce des condamnations , qui se faisait tOHJours à huis-dos. Sur ce poiut il s'était déjà eleve des réclamations.

L'action politique qiû avait à s'esercar pour la police intérieure par ^ arrêts ^ féglemeot , ou sur les actes wêiaesdel'antonte royaii) par ia yoie 4«s ifmomraftu» et

édits M ordonnanees roytles paraiasiient contraires anx lois établies , sortont au lob appelées fondamentales , l'opposition de la magistratore était une sorte de veto qu'elle exerçait eontre les actes de Tantorité royale. Lorsque ses arrêts de règlement, rendus pour la poliee du royaume , paraissaient an roi eontraires k son autorité ou k l'ordiv public, les arrêts du conseil , les éYOcations et les attributions étaient, de la part du roi , une sorte de veto qu'il exerçait à son tour sur les actes de la magistrature.

Cette action des parlements , sujette k tous les flux et reflux provenant de la Tariation des événements ou du caractère personnel du monarque , n'oflVait sans doute ancane base fixe. Au milieu d'une indécision de prétentions , tantôt reponssées , tantôt supportées, quelques troubles pouvaient survenir, et il en était quelquefois survenu. Toutefois, bors de quelques cas extraordinaires, en ce point comme dans les antres, tout allait passablement; seulement il (allait être en garde contre tout grand moovement. Au moment où la masse entière de l'Etat s'ébranlerait, il était facile de prévoir que la magistrature s'ébranlerait de même.

De son côté , l'action et la constitution de l'autorité royale n'étaient pas plus décidées et plus fixées que celles de la magistrature ; selon le point de vue d'où on l'envisageait , elle présentait un caractère opposé. Dans un esprit de courtoisie particulièrement propre ï la nation française , surtout ii la noblesse , le roi était éminemment souverain, sa puissance n'avait aucune limite ; elle émanait du droit divin. Le roi était l'image de Dieu sur la terre; sa majesté la seconde majesté. Dans un autre esprit, qui ne voulait reconnaître à cet égard que le droit positif, l'autorité des rois de France , provenue de celle des rois germains , n'était ni absolue ni illimitée. RegiiKs née infinita, nec l^era pctestat, dit Tacite. Les champs de mai attestaient que ce caractère s'était conservé chez les rois francs des deux premières races; les parlements de barons , ainsi que le gouvernement féodal , attestaient k leur tour le même état de choses sous les rois de la troisième racé. Les Etats-Généraux et l'action continue des parlements de légistes devenaient k cet égard un nouveau témoignage. Entre ces deux opinions extrêmes , sujettes de temps en temps à des conflits , mais qui en général se balançaient , l'autorité royale louvoyait , selon les temps , avec plus ou moins de succès. Toutefois, au moment ou quelque grand mouvement survenant dans l'Etat en ébranlerait toutes les parties , il était à craindre que n'ayant pour base avouée , ni tontiii-fait le droit divin qu'alléguaient les uns, ni tont-à-fait le droit positif -qu'alléguaient les antres , l'autorité royale ne fât ébranlée aussi.

Pour ce qui est du clergé , il avait une attitude qn^on ne pent comparer ni à ceVe qu'il avait eue autrefois , ni à celle qu'il a prise aujourd'hui. Tout le monde , et le dergé lui-même, était revenu des anciennes diseussions théologiques. Ces discussions , et principalement les querelles pour la bulle Unigenitiu, avaient excédé le gouvernement et le public. L'esprit d'irréligion , sorti de ces conflits , avait gagné plus ou moins les hommes éclairés , un peu le sacerdoce lui-même. Possesseur de grandes richesses , dans la distribution desquelles il y avait des abus , il s'occupait moins à les augmenter qu'à ies conserver; du reste, voué, ii peu d'exceptions près, it une vie régulière, il s'en rapportait à l'autorité royale pour la protection de ce qui restait encore en France de cnlie et de pratiques rdigienses. Au milien de ce déclin qui avait déjà foit tomber les

MËCES JUSnnCATIVES. 4C5

iki^bft iMMSitqiiM , fl^ q«l le MMClit jiiHiitaM , le

lonf^mps. PoortaBt 8*U sur? enait sn moaTenent général capable d'ébranler l'aitorité royale et toates lea iastitatioiia , sutoot si , par nue cnite de nanvâises Meinres , Tétat des ilMBees et de la fortone pnbtti|Be venait h courir des danfers , il était à eraindre qne ropnlenee d« dergé ne devint, eonuM rasowee, nn point de mire , et que parlà même toalA mb ancienne eiisteee ne fttt eaporlée. (H. MtMOHTbOntR.)

M. HBCKBR ( PAR M. lE DUC BB LËVIS).

M « Meder était m gros honnne , dont la pbysioBomie était pins singollére qne spirituelle. Je n'ai jamais w personne qai lai ressemblât, et sa eoifinre était également nnlfine en son genre : elle était composée d*nn toupet fort releré , et de deoi grosses bondes ifoi se dirigeaient de bas en havt, eonune tons les traits de sa figure. JMgnore s*il avait Torgane de la hantenr dont parle le docteur Gall , j*ignore même si Gall a raison ; mais il est certain qne tons! les symptémes de rorgneil étaient rassemblés en ini, et ses dioceurs ne les désMntaient pas. Ses manières étaient pins graves qne nobles, et plntAt magistrales qu'imposantes; il parlait facilement, mais avec une certaine emplinse qne l'on retrouve dMM ses volumineux écrits. Son style, correct et pur, est qoelqoefois éloquent, mais il manque en général de nerf et de chaleur ; sa pbrase , bien arrondie, est trop longue; ses comparaisons sont justes, sans être aasec variées; enfin, de nos bons écrivains, celui k qui il ressemble le plus, sans jamais l'atteindre, est l'inmertel BniM.

M. Neeker avait un esprit trfes-étendn et une aaibitkm encore plus vaste; il prétendait h la fois gonveroBr la France , la réformer et Tédairer' par ses ouvrages ; et , eomme il arrive souvent, ce n'était pas ses talents en finances (oà il excellait) qu'il prisait le plus. Homme honnête et moral dans ses rdations privées, c'était une partie deson adresse qne de vanter h tout propos la vertu. Les établissements de charité, que sa fenme avait fondés , et qu'elle soignait avec autant d'intelligence que de sèle; les liaisons même qu'elle entretenait avec des gens de lettres, qui, plus par mode que par aentinent, exaltaient h cette époque la philantropie et l'humanité , servaient merveillensement son crédit et conconnâent au succès de ses opérations de finances; car tandis qu'il tentait les capitalistes de tous les pays par des placements de fonds avantageux, les Frucais, persuadés de sa moralité, venaient en foule lui apporter leur argent.

Mais si l'on peut, avec de Tordre, de la probité et de l'intelligence, régir les revenus d'un grand état; ces qualités ne sofilsent pas pour diriger toutes les parties d'une administration si compliquée, et dont tous les éléments étaient alors si hétérogènes. Les hommes ne se nmnient pas si aisément qne les écus. M. Neeker avait dirigé le trésor public avec succès, parce qu'il le conduisait sur les mêmes principes que sa maison de banque. MalhenreusesMut il continua à suivre des exemples domestiques; et parce qne l'agitation qni régnait continnellement h Genève, petite république où l'on avait, de temps immésMrial, autant de goAt pour la controverse que d'aversion pour les viràes de fait, n'avait pei«t de salles flcbewes; il ne craignit pas de foaenler en France des

Il wiyMI Ipil IWWt l«MIINb D ^MHI 10 9^HBBy IM4HHM M m

liW «pMMf ptlMfMf 4« M. IMmt f mwt tMJoMt aéaêMMif fMtet b Mes ; toMfw 4aM 1« «MuieiiaMittU m It vit Htimmr h fcadwKot éa It tiMlM matmkkpê, f» !• fiuiMt» anUian d« «eit, m «H génflulMW! fi*U faTorinttlii^Mfle, el ^*il voilrit ItakUr la llbtil*. Mm i^éltit fUm huii Û voilait, suivant la maxime si comme de Machiavel , opposer k la noblesse, qu'il crojait trop puissante, mi owiNixlidK util* lli royatté^^oq! il Util 11 principal agent. Plus tard, le peuple crut que le ministre , dont il avait exigé si impérieusement le ra^iel,

tfabiHMit 101 mf^, e| ^% «teift mdn I k bdilM «fi»«é«, InÉR qw M^ Hieker

«f^popuUrUA p^u W|«(W»t >eyili9Cii 0( q»e» 4«Ue miwii^ l# diâswmodiiplee 4UU wfaiiUbk. Il «)mki9 dwclievteligerw w»> ^^w ïwmfM^mtlmk^ éa d« a« «atate^ir misi» ^ roi naUgf^ kUa TeviPiyli d« TAiflileif», oà «ol« f*ast vnqwHm foii, H ^ finwe Uich«MifoiiÂle,Il iolro«i^. Utdwfe téfoljtioiniifpfl to tr«(^vii0ptt tr«i «i«M»& d'aUlwMNl, il |ei^ &^

.«:«q«ilM9ip4l«>q^MMtal p4iiQi»e||e, M. |ieok«rl«t oUi|éd«Mllllref «etffii VÂl fpqU» ipiMM 4Mmi» «11* mm m Mtf« iMMiw »l in pind imiie

Madame Neeker était une grande femme qui avait eu de la kMMIé, tMli qii il^ «MervaUpoiH letMMM, iewfwjd l*ai «ommm tV8l« KU» était aloiB IrtttBWigre, fli «lia «vM litiisi^ m^mMmiB'ém4 qi^eUo M poivait'mur liiglatif il dwi la m|BM paaMm^ âiiiai éa^faitNoaaivaa étaMumeH mamm m apeMMto,dibaiftaa iBBdde«alage,aoktlaii«aM4*mMjamte8W l*iKi#. tes mHHi éiilipt piaMl té- Wrvéïi qid MUee I «II» «Mil beMM|» 4f Itlléiiltn «t dl^aapitt Mton, dt li vena «t é» k biaiiteaat; fptayten bsniet awriea m ptrtiêde «ifieieA awii fagirtl pat le eaMutiP tt In >mq«e. Oi ptéteid qietetlito- ■eUté mimm <Be élÉW almabio et ptêf pey aet, qoi m Pal ^m qw dan i» fMid BMdi, «He m'a para Ifujeurs al pféeeeupée dTaMMile idée» la auaato é» M. Mm- Mf^ ^f^ mnmo aea mMiéa en ctaisiR wMoiMês*

0« • ekepiké k MM pemader qn» nadasM MedMr état éMlMMi d'mi «|rit supérieur. Pour accréditer cette opinion, il ne fallait pas publier le recueil dewi pan- «é»k tMi eit» qna>|iai bena met»} «ai» on ne tNWve dana ae qid M «ppaiHaHI que éet tdéaa tniMwnii on ùuasaa, f xp^méea dan» un atyl» ebsen» «t eatortUé. I«b, œ aa«t des énigaaaa qui ne valaat pas la peine é'élre daittnéaa. 0> tuaiitalt aisémentdaitf ee hv»e le mauvais godl deréeol» de Yhomae, tfcétwtf bevaoiAé, qui, aalviMl uneéfiigiaiMM du tempe, ouvrait, pe«r n» nèi dira , me beiml» linmiiiii ; m«dttke Nuakep, 4ant il étatt l'ami, ie vegardiltenune in «■tewmMIme. ^, H «st eeitala qne vtMie ip hammage «lekBtf an gwais génie»» mt pranve pas qu'elles égalas «ait aiit quinda^rala méÉeeiilé^ b^mp eivaidieara MmiM^ 4N1>

fwrawMMli tlMB8ebteqMI»#iMiiltpi«llii9to-

Pitcas jiJOTFioàTmt$. m

pourtant moins de pvt <pio ropUrion^EUe aT«it une si hasto id(^ do ms talests •( de ios qualités, ipi'dle loi lendait «H véritaUoMHa; élhvmtwImàtméamiHJf^mi^ en on temple» dont elle Mt la prttrMB*; «tu» tfiit« qMl«ie fit Jwi «Mg» Moit réduite à rhombie «miition d*adorate«r|.

Madame Necker avait la tâte plu» Hvefi» le eoiii tend»; «Ue«ltaitflp»«x«UéfW pawioBnée, pim êBtkooiiailequeaeiiiiWe; et, avec ])eai«oiip d'#piU; cotte dUipjil" tien 1 re&ggosmcBt Bëttil il soB diaeeraenttt et glUU (KNi fodt.

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