M. D£ MALESHERBES
Le doeteur ietaei^ que ks Anglais eampttœiit, pour VeiHvU et la fi^^ taire, dit qarique part, en parient de la grande muraille d^ la Cblue, ipie le petitrfils d*un homme qui l'aurait vue, pourrait enewe tirer quelque vanité de cette cireone» tance : oette eiagération, orientale comme le sujet, me parattraU plus excos^de, si, an lieu des menuments, elle s*iqkpliquail aux grands hompes; pour moi, j'avoue qa« je suis fier d'avoir vu plusieurs persennages illustres, môme sans avoir été honoré de leur anitié. Je sais liien que, ponr les «voir contemplés, pour les avoir entendus, on n'en est pas plus reconaumdaUe; mais m lironsi-nons pas vanité de 4mes qui i)e noos ont pointceAtédavamage, et qui ne noue rendent pas meilieurs: des dons de la fwtuM et deshaaahls de la naisaaneet J'ajouterai même qim, û le souvenir 4#? tf^ «t des paieles des hommes vertneu, en gravant leur image pl«s pjroftmdéinent dans^tre coeur , nens poste d'autant plus à les imiter , il n'est pas indifférent de les avoir
connus.
Ces réflexions me sont venues en pensant k M. de Malesherbes. J'ai îu plusieurs fois cet illustre vieillard, et je me rappelle sa figure ouverte et calme, et son air distrait ; ses principes étalent sévèares et sa sedèté étatt deuae ; magistrat intègre, père tendre, ami zélé, il jouissait de l'estime générale et de la bienveillance universelle. Tout, dans s9 vie publique et privée, avait éU bon f t henoraUei m* Téslat extraordinaire qne jeta la fin de sa carrière, a, pour ainsi dire, placé tout le le^ ^ l'ambre, çt l'imagination ne s'y arrête pas.
L'histoire a conservé un grand nombre de traits de dévo«em«n|^ q»l bonofeii| l'bttmaidté. Des citoyens se sont sacrifiés pour leur pays, des rois se sont imçiolés pour le salut de leun peuples, et tous les jouis des milliers de héros obscurs affrontent les pl^ imminents périls pour servir la patrie ouïe souverain qui, ians la monar«bie, ne fait qu'un avec l'état. Entre ces belles actions, ce qui distingue celle de JA, de Malesherbes, c'est l'absence de tous les motifs qui excitent ordinairen^ U& bemmes et qui les portent ài des résolutions courageuses. En effet, ou ne sanrait^ittribiier son dévouement généreux à un de ces élans de patriotisnie si communs cbex les gnciens , et qui était içbez eux poussé jusqu'au fau^ktisme; ce n'était pas non plus l'amopr de la gloire eu l'ambition, passions qui portent à de si grands sacrifices; rhonnewr, ce tyran . ambitiwxqu se ^ obéir en menaçnnt delà honte, Inen pins sedont^ble q^ M mr(, »*ext-
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gMit rtM êe hii. fiain, il ne fit pis aiitnhié par ane de ees anités ?iV«s et fortes, û rares eitre des ègaix , iapossiUes lonqi'ti y a une graode inégalité de rang, surtout dans foceasiOB dont il s'agit; puisque ^étiquette de la ooar de France s'opposait à ce qte la kaite folée eét anene intiaUé aTec'la famille royale* la noUesse militaire étant seule admise an chasses et aux soupers où les princes se familiarisaient avee elle. II est bien Trit que M. de Malesherbes ayant été quelque temps ministre avait été à portée d'apprécier le emr du roi et de connaître ses intentions bienfiiisantes ; nuis ce sentiment n*est point de Tamitié. Quels furent donc les motifs de cette conragense détermination? Une pieuse fidélité envers un souverain déchu sans être dégradé , une noUe pitié pour le malheur. .
La simplicité de la forme releva merveilleusement la beauté de Faction : point d*enihonsiasme, point de bravade. Il pbida cette cause mémorable comme si elle eut pu ttre gagnée; nwins sans doute dans l'espoir de sauver son royal client, que pour se procurer un accès auprès de lui, et pour hii offKr la seule consolation digne de lui, les épanchements d'un cœur vertueux et sensible.
L'héroïsme eahne n'excite pas seulement notre admiration, il nous inspire une affection personnelle pour celui qui développe è nos yeux un si beau caractère, et ce sentiment n'a rien que de juste ; car Ton ne peut réellement compter que sur un courage désintéressé et pur dans ses motifs , qui ne doit rien k l'exemple, aux circonstances, on h la vivacité des passions. Un ancien » dit , en parlant de Gaton , que la lutte d'un homme vertueux aux priws avec l'infortune était un spectacle digne de fixer les regards de b divinité; l'on pourrait ajouter que celui qui se prtaente de lui-même h un danger imminent, par vertu , qui l'affronte avee une héroïque fermeté , en est la plus parfaite image. ( ls dbc ]« lêtis. )