‹ Histoire de France (volume 3)Chapitre 39 sur 41 · PIÈCES JUSTIFICATIVES · texte numérisé non relu

PIÈCES JUSTIFICATIVES

ianputAot Tiennent d*y être autorisées par les ordres dn roi , et que les communes Toisines ont de même armé les bourgeois pour la police des marchés.

Par tons cfes motifs , rassemblée a arrêté de supplier, par Tentremise de ses députés , rassemblée nationale de procurer au plus tôt ii la yiHe de Paris rétablissement d*une garde bourgeoise. »

On Toit que malgré la présence des troupes , les alarmes des citoyens , la vivacité de quelques motions, Farrété de cette asseoâblée est parfaitement dans la mesure con- Tenable. Elle s'adresse à l'assemblée nationale au lieu du roi, et M on voit percer h défiance tadte du ministère.

Dimanche , 19 juillet , j'allai le matin me promener k Pans ; j'y vis plusieurs personnes assez répandues dans hs monde , et qui étaient erdiiiairement au courant des nouvelles ; je n'appris rien. Une autre personne arrivant de Paris nous apprit le renvoi Me M. Necker : je n*en voulus d*abord rien croire; mais un de mes amis étant sn^ venu , me cita un homme 'qui le lui avait fait lire , et je n'en pus pas douter.

3e fus consteiné de cet événement inattendu, si dangereux dans l'-état actuel des finances , et si effrayant par les suites que ce coup d'autorité semblait annoncer.

M. Nedier reçut, le samedi 11 pendant son dîner, un billet du roi qui lui oidonnail de s'éloigner sur-le-champ ; il n'en dit rien pendant le dtner, monta en voiture aussitôt après avec M"* Necker, sous prétexte de promenade , et fit prendre le chemin de Saint-Ouen , d'où il partit lui-même à minuit , après avoir écrit à sa fille pour la prfr* venir Ini-méme de l'événement et de son départ , et il prit la route de Bruxelles, l'spits-midi, sur les quatre heures , on vint nous apprendre que M. de Breteuil était arrivé à Versailles le matin , et qu'il était premier ministre; cette dernière dreonstanee n'était pas exacte; je ne crois pas qu'il ait jamais été déclaré tel. C'était bien l'intention ; mais les événements qui ont suivi n'en ont pas laissé le temps.

le me refusai tant que je pus i croire la nouvelle , que la certitude du voyage fait le vendredi me rendait très-vraisemblable; je finis par en être très-sincèrement "aflligé.

J'aimais M. de Breteuil , et je lui devais cet attachement; j'avais de même de l'estime pour plusieurs de ses bonnes qualités; je le croyais capable d'être utile à fEtat , même dans le nouvel ordre de choses ; mais je désirais qu'il ne parut au ministère qne lorsque cet ordre de choses serait assis , lorsque les formes du futur gouvernement seraient fixées , et que , forcé de prendre de nouveaux principes aulteu de ses anciens que je redoutais, il pourrait travailler pour le bien public qu'il aimait. Jusque-là je craignais son administration , je la craignais pour lui , parce qu'il me paraissait indubitable qa'il se perdrait ; je la craignais pour ma patrie, parce qu'avant de se perdre il pouvait entraîner les opérations de l'assemblée , et peut-être , par des coups d'autorité , faire beaucoup de maux à la France. Je ne pouvais pas concevoir comment il revenait dantf des circonstances si effrayantes. Il m'avait dit mille fois qu'il ne désirait pas rentrer dans les afRiires; il avait ajouté qu'il ne rentrerait jamais, si M. Necker sortait de sa p)>ce , à moins que ce ne fût l'opinion publique qui le fît renvoyer, c^ H venait se j«tet n milteo de b mêSéé , et U entrait au moment même oii sortait % Vf^r, el

*êl > HISTOIRE liE PRANTJ;.

•à rMthoyMasne de Parte et de rassemblée . pour re nlnistre , aflait jasqa*à aie capèee de colle. 11 était évident qu'on méditait des changements graves , qn*on reofoyait M. Necker qni n'anrait pas voulu s'y prêter. Mais celui qu'on appelait , il avait donc promis de s'y prêter! C'est ce qui m'aflligeait. On m'a dit depuis qu'il avait demandé cent Baille Imnunes et cent millions. Quant aax cent millions , on m'a assuré que , dam nn coMseU lenn le sanMdi, 11 , on avait arrêté de faire pour cent millions de billets d'Etat , espèce de papier monnaie ; et pinsienrs de mes coHégnes m'ont dit en avoir va depnis tout imprimés.

Je restai dans tontes ces rédeiioBS , impatient de md rendre à Versailles , oà je devais ratonner le lendemain à sept heures jvee M. Treilhard, habitant comme bkI de Chaillot ; vers six henres plusieurs perMinnes partirent pour Paris. MadaBM de Beatharnais amva , et un de ses gens disait avoir vu des hussards poursuivis par le peapie, te réfugier dans les Toileries. Les personnes parties pour Paris revinrent , et wmb dirent qu'elles avaient trouvé la place de Louis XY remplie de troupes avec du caiou, et que le bnit de la iMrasqueterie les avait engagées ii retourner sur leurs pas. Mon emnr se brisa h ces nouvelles ; je frémis du sang qui aUait peut-être couler dans Paris. Je fus vivement embarrassé pour mon retour k Versailles ; je craignis que si le tumulte angoKntait , je ne pusse pas avoir le lendemain un carosse des voitures de la Cour ( BU voiture ordinaire ), et me rendre à mon poste , où j'étais surtout jaloux de ■e pas manquer dans un moment si critique. Le chevalier de Pange , alors présent , m'offrit de m'envoyer sa voiture h six heures précises du matin , ce que j'acceptai avec empresseBMUt, et il partit pour aller reconnaître ce qui se passait aux Tuileries. Tout ce qui était chei BM>i se retira par d'autres chemins que par la place Louis XV. Quand je fus seul et que je réfléchis sor M. de Breteuil k Versailles , je me déterminai k ne point l'y aller voir. Plus j'avais été lié avec lui , plus mon devoir m'interdisait aujourd'hui les plus simples relations. Mais , inquiet de sa rentrée au ministère , et présumant u peu de l'estiaM qu'il avait pour moi , je lui écrivis , et je disais dans ma lettre que j'étais affligé qu'il f At ministre ; mais que puisqu'il avait tant fait que de se résoudre I l'être , mon amitié le priait de ne pas se méprendre dans le jugement qu'il porterait de l'assemblée ; que ce n'était point un parlement , mais la nation ; qu'elle ne reviendrait point sur ses arrêtés ; qu'elle ne reculerait point devant l'autorité ; qu'il était digne de son caractère , qui m'était connu , de faire le bien public, et d'être autant le ministre de la nation que celui du roi. Je fis cette lettre pour lui envoyer le lendemain matin. Un de bms gens qui était â Paris , et dont j'étais fort inquiet, revint h neuf heures, et me dit qu'il avait trouvé la place et le quai parfaitement libres, et tout fort tranquille dans ce quartier.

Cependant, la nouvelle de l'exil de M. Necker avait répandu la constematioii dans Paris. On s'assembla au PalaLs-Royal , on fit fermer les spectacles en signe de deuil public. On alla chez Curtius , on y prit les bustes de M. Necker et de M. le duc d'Or* léans ; on prétend qu'on croyait alors ce dernier également exilé.

On porta ces bustes couverts de crêpes en triomphe ; le peuple criait ckÊpcÊU b§s ! Dans la rue Suint-Martin , on engagea un détachement du guet à accompagner cette pompe pour naiiitéQ{r Tordre ; il vint de la me Saint-Ponoré jusqu'à la place Yen-

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ddme : là se trouva un detacbenienl de Royal-Allemand ; il loml>a sar cette tronpe qai , n'ayant que des pierres poar se défendre , fut bientôt rompue. Le Iraste de M. Necker a été Iwlsé. On dit qu'un garde française mêlé à la foule y fut tué , et qu'on soldat de )a garde de Paris tua le dragon auteur de ce coup. Ci^pendant les troupes mandées arrivaient de toutes parts, et remplissaient 1;» place do Louis W et le boulevard ; elles avaient leur canon. Un détachenieut de Royal-AUemaud était près du dépôt des gardes-françaises. Un des jours précédents , quelqucs-tns de ceux-ci avaient été maltraités à la Muette par les cavaliers de ce régiment. Les gardes-françaises , irrités de eette insulte , sortirent dans ce moment , sVlevérent dans la contre-allée , et firent fea sur le Royal-Allemand, qui se replia dans la place , et que M. de Lambese conduisit bientôt dans les Tuileries par le Pont-Touruant , soit conune retraite . soit pour faire évacuer le jardin. Mais il y entra avec sa troupe le sèbre à la main ; mais on tira sar les citoyens paisibles ; mais il effraya au moins , et saas sujet , une foule désarmée. Il parait difficile que cet acte ne soit pas plus ou moins coupable. Alors Teffroi et le ressentiment n'eurent plus de bornes : on courut au Palais-Royal , on y eria imx armes !

Une foule immense se porta à THôtcl-dc- Ville : la Krau<le salle était pleine , et les électeurs sans président et en trop petit nombre pour délibérer. Cependant on demandait et des armes et le tocsin. Une patrouille du guet ii pied rentrant au poste est désarmée; on demande impérieusement aux electciis un ordre pour autoriser les citoyens k s'armer et à rep«kusser le danger qui meiiare la capitale. Je remarque que dans cet horrible moment où tous les habitants de Paris étaient justement effrayés et du présent et de l'avenir, dans un moment où l'on oe pouvait reconnaître d'autre loi que celle de la nécessité ,^on respectait cependant la lui , cl on n imagina pas que le peuple pât s'armer sans l'autorisation d'une autorité quelconque. C'est au moment de ces demandes réitérées , que les électeurs ont reçu leurs pouvoirs du peuple en même temps que de la nécessité du danger. I^es ordres étaient d'autant plus pressés , que Ton apprenait qu'une foule de gens sans aveu , une foule armée infestait les rues de la capitale ; qae les troupes de ligne environnaient la ville de toutes parts , et pouvaient survenir k chaque instant. Les électeurs , prenant leur parti . ont ordonné au concierge de l'Hôtel-de-Ville de délivrer tout ce qui s'y trouverait d'armes ; on n'attendit point le concierge; les portes furent enfoncées , les armes pillées , toute la garde de la ville se trouva désarmée , et l'on vit à sa place un homme en rhemise et sans bas comme sans souliers , monter la garde un fusil sur l'épaule k la porte de la grande salle. On demandait toujours le tocsin et la convocation des districts ; le peuple procédait en règle pour cette convocation comme pour l'acte de prendre les armes. Le petit nombre des électeurs alors présens se conduisit avec beaucoup de prudence. 11 avait donné les armes qu*on aurait fini par prendre s.".ns sa permisslcn ; mais il ne jugea point k propos , ni de donner l'ordrj exprès de s'arinor, ni de faire sonner un tocsin qui aurait augmenté des alarmes déjà grandes , et il [.rit l'arrêté suivant :

« Sur les demandes presiantei de nombre de citoyens qui se sont rendus 2i l'Hétel, et qui ont témoigné itur apprihi-n>iun aux éljcleuri dij^i a.>s(;mblès pour tâcher de prévenir le tumulti; , lesiiis cl;)ctciu'^ lUt âiroté qui! les districts scr jut sur-le-champ

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eonfoqnés , et que l«s électeurs seront envoyés au postes des citoyens armés , pour les prier de s'opposer, an nom de la patrie, k tonte espèce d*attronpement et voie de fut. »

Plusieurs électeurs se dispersèrent, en effet, dans différents quartiers de Paris, pour engager ï l'ordre et à la paix , et ii rentrer chacun chez soi. J*ai passé la nait dans la plus grande inquiétude de ce qui s'était passé ; j'ignorais alors le détail que je ▼lens de faire , plus inquiet encore de ce qui devait se passer, et de la possibilité de mon retour Si Versailles.

Je vais revenir ici sur quelques autres faits qui m'ont été assurés , et que je tiens d'assez bonne source. Aussitôt qu'on apprit à Paris la nouvelle du renvoi de M. tïecker, les agents de change s'assemblèrent pour délibérer sur les suites du coup que cet événement aUait porter au commerce et aux finances. Us décidèrent que , pour éviter de mettre à découvert un discrédit total de tous les effets , la Bourse serait fermée le lundi ; Us dépéchèrent l'un d'eux , M. Madinier, à Versailles , pour avoir des nouvelle» et connaître l'état des choses. Quand il revint , il fut arrêté au pont de Sèvres , où on ne voulut pas absolument le laisser passer, k moins qu'il n'eût des ordres ; il retourna et s'adressa d'abord ii M. de Villedeuil , qui dit que cela regardait M. de Broglie ; il y fut. M. deBroglle était bien embarrassé : appelé depuis plusieurs jours pour commander les troupes autour de Paris , on assure qu'il s'était opposé an renvoi de M. Necker, qu'il avait du moins demandé k en être prévenu.

n fut pris au dépourvu. Les ordres furent donnés dans la nuit du 11 tiu 12. La générale fut battue à Gourbevoie à trois heures du matin , et les Suisses qui y sont casernes se rendirent dans le bois de Boulogne , oili on les mit en dépôt : on les fit marcher le soir à la place de Louis XV. On n'avait point dit aux ofSciers , ni ce qu'ils devaient y faire , ni comment ils devaient se conduire. Sans doute les ordres furent donnés la même nuit ou le dimanche , pour intercepter le pont de Sèvres ; peut-être est-ce sur la nouvelle des attroupements de Paris. L'agent de change eut bien de la peine li obtenir la permission de passer ; il était fort alarmé de l'obstacle à son retour, parce qu'un honnête homme qui a des fonds de confiance , ne vent pas être soupçonné de disparaître et de les emporter ; et comme il insistait avec chaleur, le maréchal lui dit : t Vous avez la tête bien vive ! » H répondit : « Monsieur le maréchal, vous en trouverez de plus vives k Paris ! »

J'appris que MM. de Montmorin, La Luzerne , de Puységur et de Saint-Priest étaient ou renvoyés , ou retirés. On annonçait M. deBretenil comme chef du conseil, M. de la Vauguyon pour les affaires étrangères , M. de Broglie pour la guerre. H avait outre cela le commandement des troupes autour de Paris , M. de Besenval commandait sous lui.

Le ministre de la marine n'était point désigné : on parlait de M. Foulon ou de M. Damécouit pour les finances.

A l'ouverture de la séance , après la lecture de plusieurs adresses d'adhésion aux décrets , écoutées dans le morne silence de l'assen^lée , moins attentive k la lecture qu'k ses moindres pensées , M. Meunier dénonça publiquement les changements du ministère , I^ renvoi de miusUes vertueux > le choix d'hommes justement suspects ,

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ne fÛt-ee que par leur aeeeptation dans une pareille cireonstanee. « En reconnaissant, dlt-il , le ponToir qa*a le roi de changer ses ministres , noos devons lui dire que la nation ne leur a pas retiré sa confiance ; que cette confiance ne reposera pas sur \e\ai successeurs. Le crédit public et le salut du peuple sont en danger. On brave son désespoir, on le provoque par un appareil menaçant , on Tenvironne , on attente à sa liberté ; les routes sont fermées et les passages Interceptés ; on apprend au roi k redouter son peuple ; nous avons Si éclairer le rot , et à lui montrer les dangers qui menacent le royaume. » M. Mounier proposa une adresse au roi , pour lui demander le rappel des ministres , lui représenter le danger de ces cbangements et des mésum viohmtes ; il était instruit sans doute et des billets d*état projetés et imprimés , et peut-être d*une résolution plus terrible , ceBe de ne pas payer.

Car fl finit en disant qui! Mait déclarer an roi que rassemblée ne eoisentirait jamais h une banqueroute infime. M. Target a appuyé la motion. M. Lâlly-ToIIendal l'a appuyée aussi ; et avec l'éloquence sensible et touchante qui le caractérise , U a fait réloge d*nn ministre qu*il aimait ; il a combattu ses ennemis , et par les traitr connus de sa vertn , et par les services quMI avait rendus \ TÊlat «t an peuple. ' M. de Gouy-d'Arey rappela le mot célèbre de Tacite après la mok de Borrhfas : , OMtâH ffrétde ieMetim ejvê numsU. Là mort éTun saU homme est mte eoiëmUé pubtique.

M. de Yirieu fit observer que rassemblée était entre deux éeueils , la ftireur de ses ennemis et la fougue du peuple : « L'appareil de la violence nous envlromie ; rassemblée ne craint point le dbnger ; nous ne devons craindre que d*étre emportés par le courage ; ne touchons point au sceptre , en empiétant sur le droit du roi de nommer les mhiisires.

Exprimons des regrets , ftisons parvenir au roi la vérité des malheirs présents , et le danger des conseillers perfides. Réunis pour la constitution , lilsons la constitàtion ; resserrons nos liens mutuels , renouvelons , confirmons , consacrons eès glorieux arrêts du 17 juin ; nnissons-nons k cette résolution célèbro du ^9 du même mois. imoBS tous , oui , tous , tons les ordres réunis , d*être fidèles li ces illtistres arrêis , qui seuls peuvent aujourd'hui sauver le royaume. » le remarque avec plaisir cette adhésion et cet hommage rondus aux arrêts des communes par un membre de la noblesse ; ces arrêts ont été la base de notre liberté et de notro constitution. M. de Larôchefoucauld a appuyé , ainsi que M. de Glermont-Tonnerre. Quant an serment , dtt-11 , il est inutile de le rononvMer ; et il ajouta ce beau mot : « La constitution sera Ihite , ou nous ne serons plus. » Ces moments désastreux étaient des moments de grandeur ; l'assemblée était alors vraiment romaine. Il dit aussi une chose bien vraie sur la situation de Paris : « On s'y égorge , et les troupes y présentent deux spectacles bien différents : des Français indisciplinés qui ne sont tbns la mafn de personne , et des Français disciplinés qui sont dans la mahi du despotisme. » M. Biauzat toucha le point essentiel , le remède nécessaire au danger pressant ; il montra la néoèsslté de faire rarticle constitutionnel de la responsabilité des ministres. L'abbé Grégoire tonna «ovtre <Mx , c'est-h-dire contre ceux qui restaient ; et il appela sur eux , sur les crimes ministériels, la recherche et la vengfjanee des lois par le moyen d'un eottHé ie l'assMIée. L*er-

ebevèqoe de Vienne « toigoors modéré et sage, trooTa qa*U s'emportait trop, et B*écartait do caractère d*iin ministre desanlels du Diea de paix et de clémence. Vi\H reprit la parole, et déclara qit*il regrettait les expressions inspirées par son patriotisne , et qui cependant auraient po déplaire k l'assemblée.

Hais des applandissements et an cri de l'indignation publique l'en dispensèrent : le Tertœnx président avait montré la douceur de son caractère,' l'assemblée plus rigoa- ^eise fut juste. MM. de Saint-Fargeau, Barnave , Gastellane , parlèrent suceessiTeneat; enin M. Guiilotin présenta l'arrêté pris par les électeurs , le 11 , pour demander qi'oo autorisât rétablissement d'une garde bourgeoise. L'assemblée en était là , lorsqu'arriva le récit des malbeurs et de la nuit et du matin dans Paris. Dans la nuit toutes les barrières , depuis le faubourg Saiot-Honoré , et celles des faubourgs Saint-Jacqnes et Saint-Mareel , ont été foroées et incendiées ; les marcbandises apportées k Paris a'oat plus payé de droit. Des brigands , armés de bfttons et de triques , se sont portés pailoot en plusieurs divisions , pour livrer an pillage les maisons dont les mattres sont regardés comme les ennemis du bien public. On sent bien que ee prétendu patriotisme n'était que le manteau du crime et du vol.

Des citoyens , mêlés exprès avec eux , les ont contenus. On s*est foit délivrer les canons des gardes et les drapeaux de la ville ; on a forcé les boutiques des armuriers. Les prisons ont été ouvertes ; la maison de Saint-Laiare a été dévastée , on a commencé l'incendie , heureusement arrêté è temps. Le dépôt des meubles de la couronne a été violé , les armes enlevées. Les électeurs étaient assemblés k l'Hôtel-de-Ville , et la consternation dans toute la ville. Tous ces mouvemements avaient deux causes : l'inquiétude , l'effroi des bons citoyens dans le danger public , è la vue des changements du ministère et des troupes rassemblées pour quelque grand dessein ; citoyens qui demandaient h s'aimer pour sauver la patrie , leurs propriétés , on pour défiendre leurs jours. Les brigands qui avaient déjà servi dans l'aftire de Réveillon, et depuis dans tant d'autres , et qui étaient mis en oeuvre par ceux qui voulaient précipiter h révolution , et qui hasardaient peut-être cette révolution , étaient plus assurés par la marche sage et l^e de l'assemblée. Mais l'assemblée qui ne connaissait pas ces mesures , et qui ne les edt pas employées , ne fut frappée que du malheur de Paris , du danger de la chose publique , ébranlée à la fois par ses ennemis et ses défenseurs. L'alarme fat dans tous les esprits et une profonde tristesse dans tous les coBurs ; plusieurs membres de la noblesse s'écrièrent que le souvenir des divisions momentanées devait être effiMé , et que tous les députés réuniraient sans doute leurs eflbrts pour secourir la patrie. Ëlans sublimes et touchants ! Pourquoi sont-ils instantanés ? Le danger est une source d'union ; pourquoi le sentiment n'en est-il pas asses durable pour assurer les remèdes et guérir les maux? Enfin, une voix sortie de l'indignation profonde, un mouvement général , appelèrent rassemblée vers le roi ; il fut décidé de verser dans son sein les alarmes des représentants , les dangers du peuple , les siens propres , et on prit l'arrêté suivant :

« QuMl serait fait unedéputation au roi, pour lui représenter tous les dangers qui nwnacent la capitale et le royaume ; la nécessité de renvoyer les troupes dont la présence irrite le désespoir du peuple , et de confier la garde de la ville à la milice bour« geoise.

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