‹ Histoire de France (volume 3)Chapitre 40 sur 41 · PIECES JUSTIFICATIVES. 4M · texte numérisé non relu

PIECES JUSTIFICATIVES. 4M

ft II a été de plas arrêté que , si rassemblée obtieat la parole da rot pour le reoToi des troopes et l'établissement de la milice bourgeoise , elle enverra des dépotés k Paris i povr y porter ces noaTelles eonsolantes et contribuer an retonr de la traa* qnillité. »

Le président fat le porter à la tète de quarante dépotés. Quant ï la dépntation de Paris , M. de Gnstine réclama , pour les proTinces , d'en partager Tbonneor et le danger. Nous, dépotés de Paris, nous fîmes valoir nos droits; il fut décidé qu'il y aurait quatre-vingt députés pris dans les diverses provinces , et tous les députés de Paris.

Le président et la députation sont revenus avec la réponse du roi ; mais ils ne rapportaient ni la garde bourgeoise, ni rappn^tion du voyage de Paris. L'arebevéque de Yiemie , en présentant Tarrèté , avait peint au roi le véritable état des cboses , le danger de la capitale , la nécessité de la garde citoyenne et les sentiments de rassemblée qui , en reconnaiisantle droit du roi pour nommer les ministres , ne lui déguisait pas que le changement des ministres était la première cause des malheurs aetueb. Le roi répondit :

« Je vous ai déjà fait connaître mes intentions sur les mesures que les désordres de Paris m*ont forcé de prendre ; c'est h moi seul de juger de leur nécessité , et je ne puis h cet égard apporter aucun changement. Quelques villes se gardent eUes-mémes ; mais l'étendue de cette capitale ne permet pas une snrveillanee de ce genre. Je ne doute pas de la pureté d^ motifs qui vous portent h offrir vos services dans celle affligeante circonstance ; mais votre présence li Paris ne ferait aucun bien ; elle est nécessaire ici pour l'accélération de vos importants travaux , dont je ne cesse de vous recommander la suite* >

Ce n'était pas là le cœor do roi. On ne voyait encore dans les troubles de Paris que l'ouvrage des brigands. Le ministère ne pouvait s'élever è la hauteur de la confiance due aux bons citoyens. On avait toujours le vieux principe qu'il faut contenir le peuple ; et on oubliait que quand une force tend h se développer, et qu'on ne peut la détruire, la politique est de la ériger plutôt que de tenter de la comprinMr. Pendant qu'on disait parler ainsi le roi , les citoyens de Paris , recouvrant les droits naturels, et émancipés par le besoin , se donnaient cette garde qu'on leur refusait ; et que devient un gouvernement lorsque, sans calculer les circonstances, il hasarde de refuser aujourd'hui ce qu'il sera obligé d'approuver après-demain? L'assemblée fiit consternée, glacée d'effmi par cette réponse ; mais ses fbrces se sont redoublées avec les malheurs publics ; elle n'en a eu que plus de courage et plus d'élévation. M. de Lafayette , reprenant la notion de M. Bianiat , a demandé qu'on déclarât la responsabilité des ministres ; il a été appuyé par M. Starget et par H. Gleiien , et, sur-le-champ et h l'unanimité des suffrages , l'assemblée a pris l'arrêté suivant , digne du sénat de Rome lorsqu'Annibal était aux portes de la ville :

« 11 a été rendu compte , par les députés envoyés au roi , de la réponse Ciite par Sa Majesté.

« Sur quoi l'assemblée nationale , interprète des sentiments de la nation , déclare que M. Necker, ainsi que les autres ministres qui viennent d'être éloignés , emportent avec eux son estiaM et ses regrets.

HISIpmE p^ FflANGE.

Dèdare qoe , effirayée des soilas funestes qœ peut entraîner la réponse da roi , elle continue d'insister sur réioipement des troupes extraordinairement assemblées près de Paris et de Versaines , et sar l*établissement des gardes bourgeoises ;

Déclare de nonveao qu*il ne peut exister d'intermédiaire entre le roi et rassemblée nationale ;

Déclare qne les ministres et les agents ciyils et militaires de Tantorité , sont responsables de tonte entreprise contraire anx droits de la nation et aax décrets de rassemblée ;

Déclare que les ministres actnéls et les conseils de Sa Majesté , de qaelqne rang et état qn'ils poissent être , on quelques fonctions qu'ils puissent avoir, sont personnelle' ment responsables des malheurs présents et de tous ceux qui peuvent lès snivre ;

Déclare que la dette publique ayant été mise sous la garde de Tbonnear et de la loyauté française , que la nation ne refusant pas d'en payer les intérêts , nul pouvoir n'a le droit de prononcer l'inflline mot de banqueroute , nul n'a le droit de manquer il la foi publique , sous quelque forme et dénomination que ce puisse être ;

Enfin , rassemblée déclare qu'elle persiste dans ses précédents arrêtés , et notamment dans ceux du 17, du 20, et du 23 juin dernier ;

Et la présente délibération sera remise au roi par le président de l'assemblée , et publiée par la voix de l'impression. »

L'assemblée , par cet arrêté , Interdisilt \û ressource de la banqueroute , sous peine d'un soulèvement général ; elle effrayait les ministres , qui sont avertis que les suites pèseront sur leurs têtes. En pariant des conseils du roi , elle voulait atteindre plus haut ; die annonçait le danger ï ceux qui mettaient et la chose publique et le peuple en danger.

L'assemblée a chargé son président d'écrire à M. Necker et aux ministres éloignés , p<Mir lenr fiire part de ranrèfé qui les eoneeme.

Parmi les adresses présentées li l'onvertore de la séance , il y en avait qne je ne me rappeHe pis , mais dont la mention se trouve consignée dans le journal de Paris dni 5 juillet.

Un grand nombre de dépotés restèrent dans la salle tonte la Journée ; j'y restai constamment et le soir et la nuit jusqu'à cinq heures du matin. La.séance fut tenante , mais suspendue sans délibération ; le courage était partout, et l'inquiétude ne se montrait nulle part. Au milieu du danger qui nous entourait , nous étions calmes et les fronts étaient sereins.

Nous ignorions en grande partie ce qui s*était passé ii Paris. Le jour, en éclairant 'la ville , avait révélé les désordres de la nuit , rincendie des barrières , le pillage de la maison de Saint-Lazare. Plusieurs électeurs s'étaient réunis k rHdtel-de-Ville , et avaient arrêté de se retirer sur-le-champ dans leurs districts , pour en presser la convocation. D*autres s'y sont rénnis k buft heures , et Ils ne pouvaient dire autre chose k la multitude qui s'y trouvait assemblée , sinon que la garde bourgeoise avait été votée, et qu'inviter chaque citoyen k se rendre dans son district. Partout on demandait des armes. M. May annonça que ses drapeaux venaient de lui être enlevés. Au milieu d« bmit , les électeafs partinrent éepeftêant k Mtt eitendre qu'as n'avaient peint l'admi-

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