CHAPITRE PREMIER
Esprit national. — Sa marche avant le^Jeu (le|Paume.
Eli eoosidérani, an point de vue pfailosq)hiqûei le taUeaii de notre révt^utioa > il est impossible de ne pas reconnaître te pn^près des idées, la force des principes et le but proYid^ttJld vers lequel se dirigent les sociétés humaines mardia&t dans lettr liberté. J'ai m<»tré quelles avaient été à son origMàe les conditions de Texistaice de la nation française. Nons allons la voir maintenant rechercher ces conditions avec un instinct mer- TàUeux, et la popularité se personnifier dans les hooftines qui comprennent, nob pas les lois de notre eadât^ice sociale tout ^tière , mais une partie de ces lois et surtout la nécessité pour la France de sortir de l'impasse de Tancien rérime ,où ^^ périssait. Cette popularité se rqpose d'abord sur M. Née-
iëi HISTOIRE DE FRANCE.
ker, puis elle descend h M. Bailly Bt h M. itounier , etie passe ensuite à Mirabeau , qui la laisse tomber à son tour pour servir d*auréole à Lafayette. Robespierre s*en empare et en tire les dernières et rigoureuses conséquences : le pouvoir donné à la multitude. Hais bientôt le pouvoir, tombé au dernier degré, reprend son mouvement d'ascension ; il remonte de la Convention au Directoire, du Directoire au Consulat, du Consulat à TEmpire, de VEmpire à la roya^uté. Dans ce mouvement, on voit apparaître Barras, Napoléon, Louis XYIII, Charles X, Louis-Philippe , comme les divers degrés par lesquels le pouvoir et la liberté , ces deux institutions divines , montent et descendent tour-à-tour jusqu'au moment où la nation ellemême mettra en lumière le travail qui s'est fait en elle. ,
La popularité s'est attachée successivement, avec une justesse d'appréciation étonnante , à tous les hommes qui ont proposé des mesures dans le sens des principes fondamentaux de la France : la liberté , l'égalité des droits , la royauté nationale. C'est ainsi qu'elle a entouré de son prestige M. de Malesherbes, voulant rétablir l'édit de Nantes , abolir les lettres de cachet et supprimer la censure ; M. Turgot, cherchant à soumettre la noblesse et le clergé à payer leur part des impôts dans la même proportion que le reste de la nation; M. Necker, déclarant ne pouvoir faire prospérer les finances qu'avec le concours de l'opinion publique , parce qu'il croyait à la grande influence de la publicité sur le crédit (4 ) ; M. d'Epréménil, demandant, en plein Parlement, la convocation desEtats-Oénéraux; M. de Lafayette proposant , dans l'assemblée des notables , la suppression des lettres de cachet et des prisons d'état et la convocation d'une
(1) Le eompU-renék de M. Necker fat la cause de rimmense popularité de son pr^ mteriDUiislère, parce qu'il fit eonnattrah tonte la natioii le véritable état des inaneee.
assemblée des députés de la nation ; M. Mounier et M. Barnave , à Vizille , soutenant que Vimpôt était dû seulement lorsqu'il était consenti dans les assemblées générales.
Tous ces hommes ont été tour-à-tour l'objet de la faveur populaire , et le sentiment public ne se trompait pas en les soutenant dans les voies où ils entrèrent au début de leur carrière politique.
Quand M. Necker sortit de son premier ministère , il reçut des hommages presque unanimes à Saint-Ouen.
« Toute la France vint le voir, dit M"" de Staël , les grands seigneurs , le clergé , les magistrats , les négociants , les hommes de lettres, s'attiraient chez lui les uns les autres; il reçut près de cinq cents lettres des administrations et des diverses corporations des provinces qui exprimaient un respect et une affection dont aucun homme public en France n^avait peut-être jamais eu l'honneur d'être l'objet. •
Voici ce qu'on lit dans la correspondance de Grimm à l'occasion du même fait historique :
« Ce n'est que le dimanche matin 20 de mai (1 781 ) , que l'on fut instruit à Paris de la démission donnée la veille par M. Necker. Cependant on eût dit , à voir l'étonnement universel , que jamais nouvelle n'avait été plus imprévue : la consternation était peinte sur tous les visages ; ceux qui éprouvaient un sentiment contraire étaient en trop petit nombre; ils auraient rougi de se montrer. Les promenades , les cafés , tous les lieux publics étaient remplis de monde ; mais il régnait un silence extraordinaire. On se regardait, on se serrait tristement la main , je dirais comme à la vue d'une calamité publique , si ces premiers moments de trouble n'eussent ressemblé davantage à la douleur d'une famille désolée,
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qxifi vieit da perdre Vebjet et le soutien de s^ espérances. < Qb dOQQHi^ ce même $oir , à la comédie française , vp^ représentation de ^ Partie de Chasse de Henri IV, l'ai vu souvent ce spectacle à Paris, et des allusions aux circonstanees du fnWPÇ^t ^^ei^ avec beaucoup de finesse ; mais je n'en ai point yu qui Voient été avec un intérêt aussi sensible, aussi général ; chaque applaudissement (quand il s'agissait de Sully) semblait, |(q\ir ainsi dire, porter un caractère particulier, une nuance propre s^u sentiment dont on était pénétré ; c'était tflur-à-tQUr ce^ui des regrets et de la tristesse , de la reconl^liissa^ce çt d^ rç^ect ; et tous ces mouvemenls étaient si y^ais , si ]^stes » si bien marqués , que la parole même iji's^urait pu ieur donner une expressiçiu plus vive et plus intéressante. lUfin de ce qui pouvait s'appliquer sans ^Qf;i ^^ $enti- ]p(le^t du pii\Uic pour M. Necker ne fut négligé ; souvent 1^ applaudissement^ menaient iuterroi^re V^tion, au moment Q\i Von pi^^voyaj^^ q^e la suite du discours ne ^ait plqs susceptible d'une application aussi pure» aussi flatteuse , aossj natur^. Çnfin, nous o^on^ croire q^'il estpeu d'exeny)les à'^n çp^ce^t d'opinions plus sensible, plus délicat, et» ^'il ^ pervfus dç sVprimer ainsi , plus involontaireniient. On a dé&i^d|U ^u}( journalistes de parler dçi ^. Necker ni e^, bien
I Igi jaçiuiis oiinistre emporta dans sa retraite une gloire plu^ purç ^ plus v^tègj:^ qu^ 1^. Necker , jams^ ministre aussi n'j rççut plus, à», t^oignages de la bienye^kincei et ^ç l'ad- ^ng,ra;tiq![\ pid^quçu H y eut les pi^emiers jours» sur le çhe^un qfif. cciA^i^t à, sa n\ais<;)A de campagne , à SaiipIrQueu > à âfu^L 4ie^ 4ç ?^i^ t une procession de çarosses prçsque oçmfji- QjjLdk. Dq» bowm^ de toute» )i^ classe; et de toute» tes cw-
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()iti(wis s'empressèrent à lui porter rhommage de leurs regrets et de Içtur sensibilité , et dans ce nombre on a pu compter les personnes les plus respectables de la ville et de la cour , les prélats les plus distingués par leur naissance et par leur piété. Mo^seigneur Tarchevéque de Paris à la tète , les Biron , les Beauveau , les Richelieu , les Choiseul , les Noailles , le^ Luxembourg, enfin les noms les plus respectables de la France, sans oublier celui du successeur de M. Necker, qui n'a pas cru pouvoir paieux rassurer les esprits sur les principes de son ^duûuistration , qu'en doni^ant lui-même les plus grands éloges à celle de M. Necker , et en se félicitant de n avoir qu'à suivre une route qu'il trouvait si heureusement tracée. ^
Mirabeau , défendant en Provence la double représentation donnée ^u Tiers , et protestant contre la prétention de n'admettre.à faire partie de la cha^lbre de la noblesse que les nobles actuellement possesseurs de fiefs , fut entouré aussi de la faveuv générale. Ce fut dans l'assemblée des possédant-fiefs que Mirabeau prononça, avant son exclusion et en se retirant, ces mots si souvent répétés : « Dans tous les pays , dans tous les âges , les grands ont implacablement poursuivi les amis du peuple ; çt si par |e ne sais quelle combinaison de la fortune ^ il s'en est élevé quelqu'un dans leur sein, c'est celui-là surtout qu'ils opt frappé , avides qu'ils étaient d'inspirer la terreur par le choix de la victime. Ainsi périt le dernier des Gracques de la ipi^ain (Jes ps^triciens ; mais atteint du coup ^nortel , il lança de la poussière vers le ciel , et de cette poussière naquit Marins, lSJa,rius moins graud pour avoir exterminé les Cimbres que pour avoir abattu dans Rome le pouvoir dominate^v dç la noblesse. »
Le triojpftphe décerné à Mirabeau dans B^^çseiHe et dans Aix
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sembla tenir du prodige. Les mandataires des artisans et de la bourgeoisie , les députntions de 69 communes , vinrent à sa rencontre avec les corps de troupes , les oflSciers et le commerce. Des gardes d'honneur, des cortèges de voitures, des félicitations publiques , des feux d'artifice et des fleurs semées sur son passage , la foule des spectateurs dételant sa voiture pour la traîner, cinquante mille personnes répétant le cri de vive Mirabeau! vive le sauveur de la Provence ! voilà les hommages qui lui furent rendus. Ces ovations, M. Necker et M. Meunier les avaient obtenues également à Paris et à Grenoble.
Voici dans quels tenues M. de Lally-Tolendal parle du triomphe de M. Mounier : « Le 24 juillet 1 788 , se tint rassemblée de Yizille. A travers une double haie de soldats , deux cent cinquante députés des premiers ordres et deux cent cinquante de toutes les municipalités , se rendirent au lieu où ils allaient délibérer les supplications à porter au pied du trône , pour le recouvrement de leurs anciennes libertés et pour rétablissement des libertés publiques dans toute la France. La séance dura depuis neuf heures du matin jusqu'à minuit. Mounier en fut le secrétaire et Torateur. On se réunit ensuite à Romans, où Mounier fut nommé et confirmé secrétaire de l'assemblée par acclamation. Toute la France tourna ses regards vers le Dauphiné. La Franche-Comté , la Normandie , l'Alsace , la Lorraine , l'Auvergne , le Poitou , la Guienne , Nîmes , Nantes , s'adressaient aux Etats de Dauphiné et leur demandaient une direction. Le secrétaire-général Mounier recevait tout et répondait à tout. On eût pu dire que le Dauphiné régissait toute la France et que Mounier régissait le Dauphiné. »
Après cette popularité , qui naquit d'une approbation rai-
RÉVÛLtJTION FftANÇAIâE. iOtf
sônnable et raisonnée pour les hommes à cause des principes quMls défendaient , il y eut un autre sentiment qui donna une grande force à Siéyës, à Mirabeau , et plus tard aux Girondins et même aux Montagnards , ce fut la passion contre les obstacles au triomphe de ces mêmes principes.
n faut donc distinguer avec soin deux époques; celle où la popularité soutenait des hommes dont les idées auraient sauvé le pouvoir, s'il tes avait adoptées , et celle ou la passion populaire se donna des chefs contre le pouvoir luttant contre ces idées.
€ Un enthousiasme sincère et désintéressé , dit un écrivain de ce temps , animait alors tous les Français ; il y avait de l'esprit public , et f dans les hautes classes , ceux qui désiraient le plus vivement que la volonté de la nation fût de quelque poids dans la discussion de ses propres intérêts , étaient considérés comme les meilleurs. »
Après le 23 juin 89 , époque oii s'arrêta le mouvement régulier de nos institutions et oii fut brisée l'unité nationale , on ne voit plus que l'universalité du désordre. Ainsi une armée en déroute offre à tous les yeux une masse confuse d'armes , d'uniformes et d'enseignes. La révolution marche; mais par saccades et par secousses , selon l'impulsion des partis et de leurs passions, elle a des journées selon le langage du temps , langage qui révèle le défaut de continuité et l'absence de suite dans les événements : la journée du Jeu de Paume , les journées des 4 i et 4 5 juillet , des 6 et 6 octobre , la nuit du 4 août. L'unité rompue , la royauté et la représentation nationale divisées , on démêle à peine une suite au milieu des faits qui se contredisent et qui se choquent. Tout progrès semble avoir cessé , et après avoir pris une position , la révolution en cherche une
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aiutrû ^s ^^ s^ opposé. On dirait qu'elle ne songe qu'à d^truirç sans songer à édifier. Elle se complait dans le sang çt sur les Ruines , mais elle ne marelle pas.
En exaiçipan^ bien, cependant, on retrouve tout ce qui (ait Tunité nationale. La passion d'analyser a détruit la synthèse , 1^ faisceaii national ; i9ais si Ton défiiiit chacun des homfpes q^\ OQt agi sur le§ assemblées et pris part au gouverneçnent , on trouve ep eux cette double influence d'une idée nationale propre à recws,truire , et d'une idlée particul\ère qui empêche le retour aux principes généraux.
Neciçr, i^^épenda^^ment d'idées financière tr^-étendues pQur sodçi époquô, voulait le doublement du Tiers et la réuuion dfs trois ordres; (nais des préjugés invincibles le faisaient pencher en faveur de Vétabjisseçfte^t d'une contrefaçon dç la çonstitutiojn augl^ûse en Frauçe.
Mounier, l'un des principaux auteurs, de la convocation des Ets^ts-Qénéraux, Vâme de l'assemblée de Vizille, avait très-bien yu etdéftui Içs droits ^e la nation; mais le rêve d'uu Parlement I à. l^ m.anière anglais^ , \^ mettait hors de la vérité et de l'unité.
^.aÉayette, c'est la France armée pour défendre soju indép^d^nee , pour maintenir l'ordre et le règue de la loji ; mais par un contraste singulier, à cOté de cette grande idée nationale , il place le pfiucipe d'insnrrectiox^ et la pensée d'un congrès américain avec des formes républicaines.
A^irabje^^U , l'ojfgane le plus puissant des idées de liberté et d'é^Uté, à côté du souvenir des ancieuues institutions qui limitaient le pouvoir absolu , représente avec la fougue et la véhéiuencç. du tribun la souveraiueté du peuple mise au-dessus d^ ]^ ^xeraineté nati^ouale.
RÉVOLUTION F1UNÇM8E. Ui
SiéyèSf est le promoteur de rassemblée pational^ et de (a réunion des trois ordres , mais avec des idées métaphysiques de division et de pondération de pouvoir contraires à l'unité. Il défesait la nuit ce qu'il avait fait le jour.
Les Girondius rêvaient la société ancienne, au pilieu de la société naoderne, la répul^ique de l'esclavage à U\ place de \s\ 9Mvu)rchie représentative, tbéorie de collège couverte d'un verdis de v^tus et de sentiments générei^ qui a abusé beaucoup d'esprits. Les Gircpadins ont voulu transformer le^ Français en Ronaai^s, aussi ontr-ils succombé, parce que rien d'étranger ne peut s'établir dans les institutions de la France [
Robespierre rappelle Sylla voulant rétablir Tordre dans Rome^ par k ^ et par le fpu , par les proscriptions , par les cwAs-'. catkms et les suppUcesi.
La Coinstittt^tç » dans le désir d'établir à jama^ la représentation nationale, oublie que la liberté ^e pçut subsister quQ par Vind^p^dance du pouvoir rç^yal.
La C<Ni;ive(ition nous ofre , au milieu de la lu^te et 4es crin;ies dçs {actions contraires, l'idée persévérante de la défeçs^ d^ territoire et de TindépendaviCe nationale çoiptre Vétranger* Msô^ la Convention poussa VluMrre^r dn pouvoir a|;)§ciiluîv^u 2^\il r^ci^e ) la baine contre le clergé jusqu'^ la ^estructiiOiu do la religion, l'ayersion pour la noblesse jusqu'aux écbafau^, aux proscriptions et aux spoliations. Q y fiut en eVe des passions effroyables , des monstres pour les exploiter, ^ lâçhe^ PW. sanctionner ^us les crimes.
Nsq)o]épn fut la grande diversion 9|Certe aux e^^its; il ]/^ enleva aux luttes intérieures , ei^ les intéressant à \a gloirçi ^ k la pn»sai^e de la nation française à l'étranger. N^ypoléon , ç'çst la pfiH^ ^^ dovûnatîjiup^ d^ 1^ Francff siu^ TË\^^pe ^
sur le monde. L'idée particulière et égoïste fut en lui Tétablis^ sèment de sa dynastie et la concentration en sa personne de la vie sociale , de toutes les institutions , de tous les pouvoirs pour accomplir le projet de la monarchie universelle de la France.
Louis XYIII eut sans doute des idées de liberté ; mais une défiance injuste de la nation et une pensée constituante , reste d'anciennes erreurs sur la nature de la monarchie , égarèrent ces dispositions qui pouvaient , en 1 84 4 , rétablir Tunité et reconstituer pour des siècles Tordre social.
Voilà comment , chez tous les hommes que nous venons de nommer, la vue particulière , la passion ou Terreur, empêchèrent la réalisation de ce qui en eux se trouvait en rapport avec les idées générales. L'unité ne put donc s'établir , et comme le progrès n'est que dans l'unité , le mouvement politique s'arrêta pendant près d'un demi-siècle, comme il arrive à-un char tiré en des sens contraires.
Une royauté nationale , une représentation nationale » la liberté politique , l'égalité des droits , la religion indépendante , l'honneur, la gloire et la considération de la France au-dehors, tels sont les éléments que nous trouvons dans cette analyse , et ce sont les éléments de notre monarchie à son origine. Pour refaire la synthèse , que faut-il donc? Il suffit de réunir de nouveau ces éléments en les dégageant de ce qui s'oppose à leur union : de l'esprit de parti , de Tégoïsme personnel et des idées particulières.
Jamais la question des gouvernements qui ont de la vie et des gouvernements qui n'en ont pas n'a donc été plus facile à comprendre que dans ce temps-ci.
Qu'est-ce qu'un gouvernement? C'est l'action qui doit réa« User dans la politique intérieure et extérieure les pensées , les
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selitiments et les intérêts d'une nation. La vie d'nn gouvernem^t ne peut être autre chose que la vie nationale. Sa force se puise dans sa parfaite unité avec les pensées et les volontés des peuples.
Tous les gouvernements que nous avons vu se]|succéder pendant ce demi-siècle (mt pris naissance dans un sentiment nar tional avec lequel des hommes ou des partis se sont trouvés en rapport. Ces gouvernements sont morts parce que préoccupés d'assurer leur propre existence , ils se sont séparés du sentiment public. Us ont voulu vivre de leur propre vie et sacrifier la nation aux nécessités de leur situation.
La Constituante est née de l'opposition de la cour aux réformes demandées par la France entière.
La Convention est sortie de l'émigration comme une réaction légitime.
Le Directoire est né de la réaction provoquée par les crimes du comité de salut public.
Le Consulat est né de la corruption et des coups d'état du Directoire.
L'Empire est né de la lassitude des réactions et de la nécessité de donner un seul général à toutes les armées qui tenaient tête à l'Europe.
La Restauration a été un traité de paix entre la France et ' l'Europe.
La Révolution a été une réaction contre l'article 4 4 et contre la coïncidence du rappel des Bourbons et des invasions.
La phase qui est devant nous maintenant » sera le triomphe de la nation sur le monopole et l'apparition de la France dans les assemblées.
Voyons maintenant sur )sk scène politique tous les personna-
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ges f}tie jÉi tootmnés , rendons nous compte de li^r mi^lrti moitié , de tetirs finîtes et de leurs services, mais ayons ton^ jours (Présente à l'es|>rit cette considération générale qui doit atténuer les fautes politiques commises , c'est que h générilion qui parait sur la scène des i^ires est une génération de théoriciens que les cent soixAhtc--qutn£e ans de saq)ei»ion des Etats-Généraux ont primée de la connaissance pratique des thèses de gOttTfemement, et qui par conséquent va £siire des expériences sur la sodété feinte d'avoir de rexpérience.