CHAPITRE n
Caractère de Louis XVIg
Depuis à-peu-près quinze ans Louis XYI était monté sur le tr6në , quand le 5 mai il otavrit les Etats-Généraux à Versailles. Tous les écrivains s'accordent à dire que eet infortiiiié iubitarqtte manquait de fermeté de caractère et de confiance en lui-même , qualités qui seules pouvaient réaliser ses pensée^ et ses vœux pour la gloire et le bonheur de la France. Us attribuent à ses défauts le malheur qui fit avorter et rendit même funestes les inspirations de son âme magnàiime, car il n'est point d'homme qui eût été plus heureux de pouvoir connaître le vœu national avec certitude pour se décider d'après cette ihfàilliblë lumière.
Les lUniières et les conseils manquèrent plus en efibt à Louis XV! que le courage , et son défaut de décision vint j[)lutôt dé son esprit que de son cœur. Ce prince ne vit pas ce qu'il pouvait dans les circonstances critiques où se trouvait la France, et personne ne le sut et ne lé vit autour de lui » parce
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que |[)ersoniie n'ayait compris la monarchie française dans M éléments et dans ses principes (4 ).
Au mifieu de tous les établiasements d« moyen Age qéî toUvraient le sol , il était difficile de comprendre ne qii'a?ait été , ce que dcTait étare la constitution française. L'élablisie^ ment féodal ressemblait alors aux mines de ses vieux cbAtoailx : il en restait des tours , des pans de murailles qui ré«st»eift aux meilleurs instruments. U fallait employa la mine pour m détacher les pierres.
« On rencontrait alors, dît un député de la mMease, des, chevaliers sans chevalerie, des prêtres sans sacerdoce, des moines sans état monastique. Les titres de gentilhomme et de baron étaient surannés. Personne ne comprenait Tautorité royale qui ne se comprenait pas elle-même; Tantorité royale eea^n^^ nait encore moins les droite , les privilèges , la c(MistitutiDii des grandes corporations de VEtat. Les privilèges des villes qui , dans le principe , leur avaient été accordés diversanent , leur ayalit éK repris diversement » rensamble de ce régime était devcM «a
(1) Voici œ que nous lisons àua une lettre de madame Elisabeth du 6 juin t188 sar ie caractère du roi :
« Le roi revient sar ses pas, comme faisait notre aleal. Il craint toujours de '^ tromper} le premier mouTement paseé, il n'est plus tonmeité que par ia crainle d'avoir fait une injustice. » Elle conclut que le Parlement sera rappelé avant six mois (il le fut trois mois après ) et avec lui Necker et les Etats-Gcnéraul. «J'aurais voulu V^ lès Btàts-Gëiiéranx fossent conToqnés il y a un an; nous en serions qttlttee. »
« M. Ferrand , qui cite ces paroles de madame Elisabeth , scoute : < Ce mot est plein de sens. Ifn'y a pas de doute que si le roi les eût assemblés aussitôt que le Paf- |ètt«iit ^ eut M, la demande , on anrait évité tout le ma! qu'ils ont fait. G'eàt ob qie je demandais, dit-il encore avec instance à ce malheureux prince dans la séance *lu 19 novembre 1787.
Appliquant aux circonstances extraordinaires où l'on se trouvait les maximes oriKnaires, madame Elisabeth disait encore : « U me semble qu'il en est ds gonveraernent comme de l'éducation; il ne faut dire :je le veux que lorsqu'on est sûr d'avoir raison; nais lorsqu'on î*a dit , on ne doit Jamais se relâcher de ce qu'on a prescrit. »
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labyrinthe. Les provinces offraient encore plus de confusion. Ici, c'étaient des Etats ; là, des généralités. Ici, c'était un pays de franc sel ; là, un pays de gabelles. Dans les pays de généralité , une province ne ressemblait pas à une autre province, n y en avait qui avaient des constitutions et des capitulations particulières. Tels Etats ne resseniblaient pas davantage à tels autres Etats. Ceia du Languedoc n'étaient pas constitués conune ceux de la Provence et de la Bretagne. Il faut ajouter à toutes ces administrations diverses Tadministration du clergé. Cet ordre se gouvmiait depuis longtemps comme s'il eût été un ordre à part. L'Etat avait à s'arranger comme il pouvait au milieu de toutes ces disparates. Toute l'activité du gouvernement s'empbyait à louvoyer au milieu d'obstacles de tout genre. U fallait être sans cesse en étude auprès d'un droit public qu'on ne voulait pas même reconnaître; il fallait être en négociation continuelle avec des privilèges qu'il était impossible de ne pas toucher quelquefois même par inadvertance ; il fallait prendre garde de ne pas exciter des clameurs qui étaient toujours un danger pour le ministre , quand elles n'étaient pas un danger pour FEtat. Embarrassée dans ces intrigues subalternes , fatiguée d'une multitude de petits efforts , l'administration n'avait plus un moment à donner à aucune disposition générale. Tout se faisait en quelque sorte par hasard. Sur certains points , l'auto- . rite était forcée d'abuser» en compensation de ce qu'en d'autres points elle ne pouvait pas même user. Quelques parties se trouvaient ainsi trop restreintes , d'autres étendues d'une manière démesurée. Rien n'était plus curieux ,que d'observer le ministère d'un monarque qui se prétendait absolu. Toutes ses opérations portaient je ne sais quelle empreinte d'une situation mipartie de licence et de servitude. Rien de franc et de libéral ,
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nulle part un plan long et uniforme. Le mot gouverner ne voulait pas dire prospérer et fructifier , il voulait dire seulement assurer le service. Du reste , comme il n'y avait rien d'organisé pour connaître les choses de détail , tout émanait du pouvoir » tout se produisait d'une manière abstraite , et, comme on le disait , par des arrêts d'en haut, »
c Les nobles , a dit l'auteur des Considératiom sur la Rêvalution française j étaient fatigués de n'être que courtisans; le haut clergé désirait plus d'influence encore sur les affaires ; les Parlements avaient trop et trop peu de force politique pour se contenter de n'être que juges ; et la nation qui renfermait les écrivains , les capitalistes , les négociants , un grand nombre de propriétaires et une foule d'individus employés dans l'administration , la nation comparait impatiemment le gouvernement anglais où le talent conduisait à tout, avec celui de France , où l'on n'était rien que par la valeur ou la naissance. Ainsi donc toutes les paroles et toutes les actions , toutes les vertus et toutes les passions , tous^ les sentiments et toutes les vanités , l'esprit public et la mode , tendaient également au même but. On a beau parler avec dédain du caractère français, il veut énergiquement ce qu'il veut. Si Louis XYI eût été un homme de génie , disent les uns , il se fût mis à la tête de la révolution ; il l'aurait empêchée, disent les autres. Qu'importent ces suppositions ?
c n est impossible que le génie soit héréditaire dans aucune famille; or, un gouvernement qui ne pourrait se défendre contre les vœux de la nation que par le génie supérieur des rois , serait dans un terrible danger de succomber.
c En examinant la conduite de Louis XYI , on y trouvera sûrement des fautes , soit que les uns lui reprochent de n'avoir
iU iliërdikÈ dé: f-kAScfe.
pas assez liabllemistit déf^tiâti sbn poùTbii* lllilnitë , sôit ^iié lès dùtres Taccusent de ti'àvoir jiâs cèàé âbcèrémëîit àiix luiiiiëi*es du siècle ; tîiais ses fautes ont élë tellèmèM daiis la nature des cîrcohstaiices , qu'elles se fehbuvëlleraîeiil presque àiitaiit àe toii que les mêmes ebiiililiiâistihs ëitéHèurèlà se représenteraient. »
tour retrouver là constittitlôn èi Ik iûoliarfehîé ail iiiîlièu de ià tbiitusidh , il fallait les fépreildrë à leiii* Origine avatil les lîsùfpâtions commises âtif lès Mérovingiens.
En fcompàràrit les vœiix éipfimés èà ào pat la liâtîôn avec lès traditions de cette époque éloignée , on aurait îacileirièni reconnu qu'ils étaient une réaction S pèii près géûéfale eii favëiir des anciens principes dé ta moharcliie nationale , des principes de liberté et d'égâlîlé politiqiië contre tout ce qiië la féodalité avait introduit d'opposé à ces principes â là laveur dii fractionnement dii royaume et de l'àtfaiblissemèni dû pouvoir [i }.
fi) < ÎM pèB^lés, coimtfe les IndifUts; à dU M. &e Uonieth, o»i lejur artcltet parUculier qui se modifie plus ou moins par la succession et la nature des événements; mais le fond de ce caractère ne s'efface jamais. Quelcfuefois on le croit changé parce qûë àé graves circonstances ont sù^ehdn son iictlon et sbn ilifinence , et oepèndàiit U ne taçde pas ^ reparat|xe sonveiikt avec plus d*énc^e.
« Les institutions que beaucoup de gens attaquent comme deS innovations daiigerénses remontent réélleinent aux premiers temps de notre Histoire. €hi retrouve partait «ef dans notre .dqjHbW 0|1|[{ne, et k, ehacqjouQ des^oques fui se sont succédé depuis le moment où nous sommes devenus un seul peuple , les éléments du gouvernement libre sur lequel la France a voulu asseoir à jamais son repos et son bonliëar. »
« Potr bien comprendre rbistoire deé peuples, U faut 8*àsseoir longtemps avprfes de lei^ berceau et les si)ivre pas à pas à leur eptrée dans la carrière. }jd moment est venu de considérer avec là plus entière impartialité ces vieux temps dé la vie de notre Wrilacè , car noué en {mouvons beaucoup sipprénàté. » "^oilii ce que disait M. Gvisot et U ajoutait, ce qui prouve combien l'esprit de système a faussé Vesprit de œt écrivain : « Nous n'avons plus rien à démêler avec eux , ce n'est point là que résident maintenant fa Solution des questions ijui nous agitent et le fondement dès droite qui nous
SOl^C^IS.* c. , ..
M. GQi2ot arrive ^ la même inconséquence que je signalerai bientôt.
RÉVOLUTION PnANÇAtSE. iH
Soiis ta preitlîfere raCè , cin h'âvàît {)ôint dhcdrfe perisé à iftvënlër le drdlt fliyih eh faveur des dynasties (1). On saValt que le pouvoir est divin lorsqu'il est exercé par Tautorité légitime » mais on ne disait pas que Dieu eût choisi telle ou telle dynastie; Les dynasties légitimes exercent le pouvoir divin en vertu du droit iiational.
Le rétablissement de la monarchie devait ressembler à son ' établissement, non pas eh raison de son ancienneté et d'un droit d'origine, mais parce que les principes constitutifs de la France étaient profondément enracinés dans le ^1 , et poussaient des jets vigoureux au milieu des ruines féodales. Mais qui savait cela en 90 ?
Ce qui prouve combien il était difficile alors de juger la nature du mal et d'y applii^uer le remède convenable , ce sont
(i) « Le roi, dit la loi des Visigoths ^ est dit roi {rex) , de ee qu'il fonrenie justement {reetè). S*il agit avec justice {recté)y il possède légitimement le nom de roi. S*U agit avec ii^iistiee , il le pferd misérablement. Nos pères disaient donc avec raison : rex ejus erit, si reeta fÊcis; $i aaiem non faeiê, noà erig. Les deux principales vertus royales sont la jastice et la vérité. La poissanœ royale est tenue , comme la totalité des peoples, an respect des lois.... Obéissant anx volontés dn ciel, novs donnons à nous, comme k nos sigets, des lois sages aaxqaeilès notre propre grandeur et celle de nos saceesseors est tenue d*obéir aussi bien que toute la population de notre royaume.
« Dieu, le créateur de toutes choses, en disposant la structure du corps humain, a élevé la tête en haut , et a voulu que de là partissent les nerfs de tous les membres , et ila placé dans la tête le flambeau des yeux , afin que de là fussent vues toutes les choses qui pouvaient nuire, et il y a établi le pouvoir de TinteUigenoe, en le chargeant de gonveraer tons les membres et de régler sagement leur action. La loi est Témule de la divinité, la messagère de la justice, la maîtresse de la vie..., elle régit toutes les conditions de Tétat, tons les ftges de la vie humaine; elle est imposée anx femmes comme aux hommes, aux jeunes gens comme aux vieillards , aux savants comme au ignorants, aux habitants des villes comme à ceux des campagnes... Elle ne vient au secours d'aoenn intérêt particulier; elle protège et défend Tintérêt commun de tons les citoyens.... elle doit être, selon la nature des choses et les coutumes de l'état, adaptée M lien et an temps, ne prescrivant que des règles justes et équitables... claire et pulàkfae, afin qu'elle ne tende de piège è aucun citoyen. »
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les jugements si divers portés après un demi-siècle sur la situation du roi et de la France et sur ce qu'il était possible de Mre (1 ).
(i). Le mot de e0iutUuti&% est aojftiird*1iai dans toates les boaehes , et peu de per* sômies sont d'aeeord snr sa Tèritable signification. Sans entreprendre d'analyser les diveites définitions qu'on en donne , je me eontenterai de dire qse le mot coMltteltra signifie Tordre, Tarrangement , la sitaation , l'organisation de toates les parties politiqaes de la sodélé déterminées par des lois non éerites on des lois écrites.
Les premières sont gravées dans la mémoire des hommes; elles ont été transmises d'âge en ftge ; lear antiquité qni se perd dans la nnit des temps , leur tradition perpétuelle et leur obsenration constante inspirent un respect religieux , et les rendent l'oljjet de la Ténération publique : ce sont elles auxquelles les peuples sont toujours le plus attachés ; par cette raison elles varient rarement , et peut^tre les affaiblirait-on eu les écrivant. Quant aux autres , qu'elles soient recueillies dans un ou plusieurs codes , dies n'en existent pas moins , elles n'en sont pas moins des lois constitutives de l'État sur chacun des objets qu'elles sont destinées li régler : et comme une constitution ne se 6it pas en un jour, comme elle est plutôt l'ouvrage du temps que celui des hommes , plutdt le fruit de l'expérience que celui de l'imagination , U en résulte que c'est l'enseinble des antiques maximes et des lois qui forme la constitution d'un État.
Aussi une nation n'est point sans constitution , parce qu'elle n'a pas un code particulier de lois constitutives.
Rome avait une constitution avant la loi des Dmue-Tàbkt , et cette loi ne peut être réputée le code constitutif des Romains, car certainement elle ne renfermait pas la totalité des lois constitutives de la République.
La constitutiou d'Angleterre n'est pas encore rédigée dans un code général , persnadera-t-on aux Anglais qu'ils n'ont pas de constitution f
Quel est donc le sens de cette phrase : De tous les États purement màiUÊrckiques, U n'en est ukchji qui ait un code de lois visible, authentique, auquel on puisse mmr recmars dans tous les cas relatifs au droit pukUc, U faut donc en conclure que tous les États monarchiques sont sans constitution. Les novateurs de la fin du dix-huitième siècle ne craignent pas de l'affirmer. Ils soutiennent qu'un État est sans constitution , lorsqu'il n'a pas un code de lois constitutives écrites, divisées par sections et par chapitres qui fixent avec précision et sans obscurité : 1** les limites de la puissance et de l'autorité de ceux qui gouvernent; V ce qu'ils appellent 4es droits du peuple, droits qu'ils n'ont jamais clairement définis et auxquels ils donnent toujours une extension exagérée.
Le résultat de leurs principes est de faire passer tout le pouvoir entre les mains de la multitude , et de substituer à un gouvernement réglé la plus funeste anarchie.
Les lois, les maximes fondamentales des peuples les plus anciens, consacrées par une longue suite de siècles , attestées par tous les monuments historiques , doivent leur existence au sommeil des peuples , leur réveil doit les dissiper. l)e là toutes
RÉVOLUTK»! FRANÇAISE. «81
Les uns blâment Louis XYI d'avoir convoqué les Etats- Ciénéraux ; ils auraient voulu que ce prince accomplit seul et sans le secours de la nation les réformes que les circons-
ces dissertations sédltieiues sar la soDTeraioeté da peuple : dinertations qoi ne tendent il rien moins qu'il saper les fondements de tons les trdnas et de tons les goi« ▼ernements , k rompre tous les liens de Tobéissanee et k plonger TEnrope dans la barbarie.
En effet, quel gouvernement existant eu Europe peut offrir une constitution telle qae le délire des novateurs Timagine? Celle de l'Angleterre même n*a pas trouvé grâce devant eux ! Certainement le roi et les deux chambres du parlement formant les trois branches de la législature, en qui réside la constitution anglaise , sont fort opposés en principes k la convention de CopenkâgfthHoute, Cette espèce de rivalité qu'osait élever une troupe de factieux , la constitution ue l'avait pas prévue ; il a fallu qu'un acte 3n parlement vint en arrêter les progrès.
Cette mesure salutaire est due k la fermeté des ministres , k la réunion de tous les propriétaires et gens bien intentionnés ; mais si des hommes faibles s'étaient trouvés k la tét6 du gouvernement , si même avec du caractère et des talents ils avaient été divisés entre eux , si la voix des ministres inébranlables dans leurs principes et leur fidélité k la constitution de leur pays avait été étouffée par les clameurs et les intrigues de ceux qui n'écoutaient que le mouvement de leurs passions et le sentiment de leur vanité , l'Angleterre subissait le s( rt de la France , la multitude , comme un torrent débordé , renversait toutes les- institutions sociales , et k la place de cet édifice dont on admire la structure, on n'eût plus aperçu que des décombres et des ruines.
De tous les autres états de l'Europe, la France est sans contredit l'un de ceux dont le gouvernement était le mieux réglé et celui dont la constitution est la plus ancienne ; elle n'a pas été l'ouvrage d'un jour; les maximes, les principes, les diverses lois qui la composent, se trouvent dispersées dans le long espace de la durée de l'empire français. Née dans les forêts de la Germanie , cette constitution s'est épurée au creuset du temps , elle s'est perfectionnée par la lenteur et par l'expérience d'une longue suite de siècles; ses jois fondamentales ont été transmises d'âge en âge, solennellement reconnues de tous les temps, et leur application n'a pas varié, malgré les efforts tentés k diverses époques pour les enfreindre.
De ce que ces lois fondamentales ne sont pas tontes écrites et rassemblées dans un livre revêtu du titre de conêtiMiM de VÉtai, peut-on en conclure qu'elles n'existent pas? Par exemple a-t-on jaoïais osé dire que la France ne fût pas une monarchie? où est la loi écrite qui le prononce? aucune , mais qaatone siècles l'attestent.
Nos ancêtres , qui avaient au moins autant de sagesse que leurs malheureux descendants, auraient pu, en recueillant toutes ces lois, en faire un code visible; mais ils ont pensé que celte collection ne formerait qu'un corps froid et sans vie ; au lieu qu'elles vivent poor ainsi dire dans nos annales , elles respirent k côté des faits dans Coût le cours de notre biiloire , elles en aniaeiit les movveiKBts, et c'est Ik que,
f 8^ fPTOIRE DE ffiàStC^.
tances ^geamt. Ceux-là rai^pnent énimami &a dehors des&its.
jLeç autres » ei) (accusant cette eoDvoeaUon , pensent que
coBune dans un suwtviire, elles rewIeBl leon ondes à ceix ijiti les consolteiit.
▲Tant que les coatomes qui rég;issent eo chaque promce du royaume les propriétés 4es dtûjeoSf qui fixent leur état et leur condition, Tordre des successions et des partages, fussent écrites, n'étaient-elles pas la règle de tous les jugements? Quand enauUe on sentit la nécessité de procéder i leur rédaction , les propriétaires , les notables habitants de chaque lien convoqués et rassemblés k cet effet attestèrent l'existence des coutumes eonservées par la tradition. C'est sur leurs déclarations recueillies dans les p^q^verbaux d'enquêtes qu'elles ont été rédigées.
Les divers articles de la loi commune en Angleterre sont-ils consignés dans un code de lois visible , authentique , auquel on puisse avoir recours au besoin? Non , sans doute; cependant ils forment la base de tous les jugements. La tradition a transmis k la génération présente les usages et les décisions de ses ancêtres , elle les transmettra k son tomr h ses descendants : et cette loi non écrite est tellement respectée , qu'un acte dn parlement qui dérogerait ) une de ses dispositions dont le vice ne serait pas démontré , et dont la réfonne n'aurait pas été sollicitée par l'opinion générale , resterait sans exécution. Tant est grand, chez tous les peuples, l'empire de l'habitude! Tant est profond le respect qu'ils portent à leurs anciennes coutumes ! Ouvrons l'hist(Hre de toutes les nations , k chaque page nous f verrons la démonstration de ces vérités. Comment les attaqie-t-on aujourd'hui? Par des sophismes qui ne pouvant être étayés de preuves sont érigés hardiment en principes.
En disant que la France n'avait pas de constitution , les novateurs affirment en même temps que tous les états purement monarchiques sont dans le même qis; or, la conséquence nécessaire , inévitable de leur doctrine , est que tous les empires doivent subir le même bouleversement que la France.
En effet , annoncer aux peuples qu'ils n'ont pas de constitution , c'est leur dire : Il n'existe aucun pacte qui vous oblige, aucun lien qui vous attache à vos souverains; vous pouvez à votre gré changer votre gouvernement actuel , déposer vos chefs , arracher la couronne ï vos rois , vous donner une constitution ; c'est enfin justifier la révolution française et ses excès , l'établissement de la république et ses forfaits : car c'est avec de tels principes qu'un peuple égaré a renversé le trône et l'autel et les lois sur lesquelles reposait la monarchie française , et a substitué au ffowernemeut fixe avoué et reconnu par nos modernes puMkistet , une république anarchique , un gouvernement despotique et populaire , espèce de monstre en politique , qui menace de dévorer l'Europe entière.
Ce serait étrangement s'abuser que de croire que les malheurs inouEs dont la France est accablée fassent un préservatif contre J'é[»démle des principes révolutionnaires.
On se disputait alors et depuis sur h qnestion de savoir si la Fngjice avait ou n'avait pas une constUntion. M. de Gs^tonne a /ait un lim jK>ur prouver que la Fonce
p:fp9 ]iy|j ?}i premier çigne de ré^fajjce, ^j^y^f dissoudre ras§eij[)ïj|é§ p^ h fprpe d^ arjpes, se placer au fnjliejf jdçs froupes et 4e yi djpl^ip ^ yplpPt^.
n*avaU ^as 4p constitution. M. de Mont)iion * chancelier de pfaarles X t alors le fopff d*Ârtois , répondit à M. de Galonné , et cette réfutation est intitulée : Rapport à Sa |r<v'<;«<^ Jjmh XYIlf en 1796.
II commence par déclarer ^ue , s'il n*; avait pas de constitation en Ffance , la révolation était justifiée, car tout peuple a droit d'avoir une constitution politiqnp; oue par les statut constitutionnels de la France , le roi n'avait pas le droit de faire les lois sans le cohsentement des Etats-Généraux ; que les Français ne pouvaient fife jngés que par leurs ju^es ordinaires; que tout tri|)unal extraordinaire é^it illé^|time; que tout emprisonnement , par ordre du roi , toute Ipttre de cachet , tout exil enfin étajt illégal ; que tous les Français étaient admissibles k tous les emplois ; que là profession des armes anob)issai,t tous ceux qui la prenaient ; ||ue les quarante mille municipalités da royanme avaient le droit d'être régies par des administrateurs de leur choix qiil repartissent la somme de l'impôt ; que le roi ne pouvait rien ordonner sans son conseil , ce qui impliquait la responsabilité des ministres ; que l'on devait bien distinguer entre les ordonnances ou lois du roi et les lois de |^tat; que les juges ne devaient p& obtempérer aux ordres du roi , s'ils étaient contraires aux lois de l'État ci^essus mentionnées ; que la force armée ne pouvait être employée dans l'intérieur que contre )çs troubles pu d'après les mandats de justice. Jl ajouje que le retour fixe des États- Généraux fait partie de la constitution de la France, et finit par dire , ep présence de Louis ^Y}}} > f^P ^ constitution d'Angleterre est la plus parfaiUs de l'univers,
$i tous les partisaps de J'gncien régime avaient énoncé ^e tejs principes , c'^t ^ors que la révolution n'aurait pas eu d'excuse , puisqu'elle eût été tout-â-fait inutile, ^ajs du propre aveu de ce même M* de Monthioui s'adressant solennellement au roi, voici le tableau des abus existants en France dans les ^temps qui ont précédé |a évolution :
« p'abord^e droit de citoyen le plus essentiel, le droi> de suffrage sur les lois |t sur les impôts était tombé dans une' espèce de désuétude, et la puissance roy|i|le ^ta|t dans f*a$age d'ordonner seo^ ce ^'elle ce pouvait ordonner qu'avec le cog<$^r^ des représentants de la nation.
« Ce droit, essentiellement appartenant k la nation , semblait transporté aux tribunaux , et encore la liberté de leurs suffrages avait été enfreinte pa; des lits de justice, et pajr des ejnprisonnements arb)J,raires.
'« Les lois , les règlements , les décisions générales du roi , ^ui Rêvaient être ^éli- ^érés en conseil , et ^i fa^i^nt men^tio^ de l'ayls di^ conseil , souyept n'y étaient point portés , et sur plusieurs ipatières ce mensonge légal était devenu liawituel. Quelques membres du clergé par la réunion de plusieurs titres de bénéfices sur une même tête , par le défaut de résidence et par l'emploi qu'ils faisaient des biens ecdésiaslijues, .AOjtrçvejaaieiit aux Jpis de l'gtajl et i l'^pti) ^e ces b|s. JUnp partie |«
l84 HISTOIRE DE FRANGE.
On l*a dit depuis longtemps , on ne peut faire marcher une armée que contre une armée , ou au moins contre des corps armés. Quelques attroupements se dissipent , et il n'y a plus
la noblesse atatt «ne origine pea analogae k l'objet de son institntion , et les senioes qn'elle doTait rendre n'a? aient point été exigés depois longtemps.
« Les exemptiotts d'impôt accordées an deux premiers ordres étaient sandionaées par les lois de TÊtat , mais n'étalent pas le genre de récompense qni devait payer leors senrices.
« Des commissions criminelles composées de joges arbitrairement diolsis ponTaient faire trembler l'innocence.
« Ces actes' d'antorité qni , sans accusation et sans jogement , priTaient de la liberté, étaient des infractions li la sftreté da droit de citoyen. Les coors de jnstiee, dont la stabilité était d'autant plus importante qae dans l'absence dn corps national elles étaient le seni défenseur de la nation , avaient été supprimées et remplacées par des corps de magistrats qui n'uTaient pas la confiance publique; et depuis leur établissement des innoTations sTaient été tentées sur les objets les plus essentiels de leur juridiction.
« Mais c'était en fait de finance que les lois ataient reçu les plus fortes infractions; des impôts avaient été établis sans le consentement de la nation on de ses représentants.
« Des impôts avaient été perçus après l'époque fixée par le gouvernement pour leur cessation.
« Des impôts faibles dans leur origine avaient eu un accroissement prodigieux et Irrégulier, une partie des impôts portait plus sur la classe indigente que snr la classe ricbe.
« Les impôts étaient répartis entre les provinces , sans notions exactes de la force de la contribution qu'elles pouvaient supporter.
« Quelquefois il y avait sujet de soupçonner que la résistance ï l'établissement des impôts, en avait fait alléger le poids; en sorte que le défaut de patriotisme était de« venu le motif d'un traitement avantageux.
m Quelques provinces avaient obtenu des abonnements d'impôts; et ces abonnements étant toujours avantageux , c'était une faveur partielle qui tournait au préjudice des autres provinces.
« €es abonnements restant toujours au môme taux , et les provinces non abonnées étant sujettes k des vérifications qui augmentaient annuellement le produit de l'impôt, c'était encore une autre source d'inégalité.
« Des impôts qui devaient être répartis par les contribuables étaient répartis par les olBciers du roi , on même par ses commissaires.
« Les rois s'étaient établis juges , en leur conseil , de quelques contributions. Des commissions devaient être établies pour juger d'afiaires fiscales dont la connaissance appartenait aux tribunaux. Les dettes qui grevaient la nation avaient été con«
RÉVOLUTI(»f FRANÇAISE. IM
rien à combattre. On ne tue pas les gens de peur qu'ils ne se réunissent de nouveau , la précaution serait trop forte : on ne peut garder des armées sur pied dans cette seule vue , et les attroupements souvent ne sont qu'un accessoire presque toujours plus funeste qu'utile. La révolution était dans la pensée des hommes , dans l'imperfection et l'incohérence des choses , elle était inévitable, puisque le gouvernement n'avait pas compris le mouvement des idées. Supposez une armée dévouée au roi , et un roi militaire , que feront-ils ? Se mettront-ils en campagne contre les idées? Prouvera-t-on, au moms longtemps, avec des baïonnettes que ce qui est. mauvais en soi est bon? Sans doute , avec une armée on peut arrêter et tuer ; mais toutes ces violences auraient-elles prouvé qu'une idée est bonne ou mauvaise ? C'est une force opposée à une autre force, mais
tractées saos le consentement de la nation. Les emprunts aoxqaels les coars de justice avaient donné un consentement qu'elles n'étaient pas en droit de donner, avaient été excédés par cent infidélités qui trahissaient tout k la fois les tribnnanx, dont les jagements devenaient illusoires , les créanciers d'£tat , qui avaient des concurrents dont ils ignoraient l'existence , et la nation dont les charges étaient augmentées il son insu. La dépense n'était fixée sur aucun objet , par aucune loi.
« Les fonds destinés aux dépenses personnelles du roi , aux dettes de l'État et aux dépenses du gouvernement , n'étaient distingués que par un acte particulier et secret de la volonté du roi.
« Les dépenses personnelles de nos rois avaient été portées à des sommes excessives ; quelques dettes de l'État avaient un assignat spécial qui avait été éludé ; le roi pouvait à son gré hâter ou retarder le paiement de diverses parties de dépense.
• Dans le traitement des gens de guerre , la somme employée à celui des oflUcieis était presque aussi forte que celle employée au traitement des soldats.
« Presque tous les employés du gouvernement, k quelque titre que ce fût, avaient une solde excessive , surtout dans un pays où l'honneur devait être la récompense unique, ou du moins principale , des services rendus à l'État.
« Les pensions avaient été portées k une somme fort supérieure à celle admise dans les autres États de l'Europe , proportion gardée des revenus.
« Tels étaient les faits dont la nation avait juste sujet de se plaindre; et si l'existence de ces abus était un tort du gouvernement , la possibilité de leur existence était us tort de la constitution de l'État. »
tu HISTOIRE Dp; FRANGE.
qui n'étis4 poiot de même Datijre ife peut jainais la rei^coutr^. Alor9 ce d^loiement de troupjes ne peut qu' jrriter, parpe gup «on objet est absurde , odieiux; il ne peut gi^açcélér/^ les événements et les reqilre plus funestes.
R^)jétons-le, le pourage n> pas manqué à ^oui^ }^y(, mais la connaissaj^ce de sa situation jet la }jiimi^ri$ des èfénf^ ments.
Cest un trait de rhistoire fort remarquable que la destinj^^ presque semblable de (rois rpjs , tous les iif^^ frères et qpi ppt /succombé tour-à-tour, Tiip ep cédant, l'autre en transip^, le troisième en résistant* Ai^ciip d^s tjrois pç s'^s|; placé si^r lie YéritaUe terrain politique , et n'a su jBn quoi ^t pourqupj \l devait céder, ou traif^iger, qu combattris. l^uis ^Vin n*a pas mieux compris ce qu*exi^ealept le& tpmps et ]^ situ^ofi. 11 n'a pas su empêcher la révolution de 1815 ni prévoir celle de 1 830 , à laquelle son successeur a succombé.
Plaçons ici qette belle réflexion de Salluste :
« Si la paix , ainsi que la guerre , exigeait de la part des rois et des généraux un exercice constant de leur esprit, les affaires humaines se maintiendraient avec plus d'uniformité , et se poursuivjraient avec plus de constance ; une chose n'en ferait point disparaître une autre , et tQujt serait préservé de trouble et de confusion ; car l'autorité ne se conserve que par le9 même§ moyens qui ont servi à l'étaplir au çonimençement[i).
(1) Nons étions moins avancés sur les matières de législationret de gouvernement sous Louis XIV et jusqu'au milieu du règne de Louis XV, que nous ne l'avions été dans les siècles que nous nous plaisons quelquefois à appeler barbares. Veut-on ren- Gonlirer dans notre législation quelques règles favorables an corps de la nation, quelques- principes raisonnables de liberté , il faut précisément recourir à des lois oubliées et à des livres surannés.
RÉVOÏ^UTIQN FRANÇAISE. 187
f Quod si regutn atque imperatorum animi virtus in pf»ce , ita ut in beUo vqleret, ç^mbiUUs atque canstqntiàs seres A?i* mmiq^ happent; neque al4ui dUQ ff^» n^9u^ mutari ac mi9r cm onmia cer^ieres. Nffm imp^hm f(fcile us qrtilm reUn^tur quilifus initiopartum^t. »
Pans des eircoost^nces ordinaires , {.ouis XVI aurait été un roi excellent, et sa mort a manifesté en lui un grand courage , mm il $'est trouvé m dans ces ciroonstances on il est plus difficile de connaître son devoir que de le remplir. JLe mot de Hume sur Charles P' est tout-à-fait applical)le à Louis XYI : « n se trouvait dans une situation oii les fautes étaient irréparables , et cette sijnajtijon ne saurait convenir à la lE^ible nature humaine. »
« J'ai vu ponr résister, dit M. Necjuar, pour lutter, s'il le fallait, contre l'autorité de l'opinion publique ou pour traiter avec die, un roi parfait comme honnéjte homme ou comme ami du bien ; parfait encore dans ses mœurs et dans ses vertus privées; un prince d'un sens droit, et qui, dès sa jeunfôse, avait eu dans l'esprit le calme et la modération de Fâge mûr ; en même temps néanmoins un roi dont la volonté avait besoin d'appui , et qui montrait rarement dans les affaires une fermeté d'opinion ou une persistance dérivant de lui-même ; caractère le moins propre à être apposé à de grandes circonstances , car rien n'encourage autant aux aggressions contre le
Qoe ne dirions-nous pas si nous voulions éiablir un parallèle entre les diverses doctrines trës-éclairées que Ton professait dans les siècles prétendus barbares et celles qui ont été professées dans des siècles plus éclairés et dans le nôtre même?
Squs saint Louis, les grands du royaume n'hésilèrent pas li déclarer à la reine Blaadie , régente pendant l'absence du roi , que les emprisonnements étaient contraires II b Viberté du royaume , parce que personne en France ne pouvait être privé de ses droits que par les voies judiciaires. (Portalis. )
gouvernement que la certitude de n'avoir point en présence de soi, d'une manière durable, la personne et les sentiments du prince, puisque lui seul est l'être invariable dans le cercle des autorités. J'ai vu d'ailleurs un roi plus en péril qu'un autre, s'il venait à se livrer à de mauvais conseils; plus en danger de s'y embarrasser, puisque , naturellement réservé et se défiant plus des hommes que des difficultés des choses , il ne serait pas appelé à s'ouvrir et à consulter, et se trouverait ainsi sous la domination des personnes qui aspiraient et qui parviendraient à le guider en secret. »
M. Necker parle ainsi de Louis XVI au moment où les Etats- Généraux allaient être ouverts , et là postérité a ratifié ce jugement. Il dit encore :
c L'époque des Etats-Généraux approchait , et une agitation universelle rappelait le mouvement et le trouble d'une armée , la veille du jour où elle doit changer de position. Le roi seul , au milieu de la fermentation des esprits , montra cette sévérité qui appartient à des intentions droites et aux sentiments modérés ; et tandis que tout le monde était occupé d'acquérir, il faisait la revue des prérogatives auxquelles il pouvait renoncer sans affaiblir l'autorité nécessaire au gouvernement» et il se préparait sans douleur à en faire le sacrifice. Il voulait, il aimait le bien avec la simplicité la plus parfaite , et , conservant un triste souvenir des traverses qu'il avait essuyées et des obstacles que l'impéritie de ses ministres avait souvent apportés à l'accomplissement de ses vues , il se trouvait soulagé par la résolution qu'il avait prise d'appeler à son aide les représentants de la nation , et , saisissant les espérances qu'on pouvait attacher à la réunion des Etats-Généraux , il s'occupait de cet événement avec une douce confiance. Il se faisait rendre compte
fréquemment du progrès des travaux de la commission qu*il avait nommée pour concerter et pour diriger la plus importante des convocations. H cherchait lui-mime dans les vieilles annales (1) tout ce qui pouvait convenir aux circonstances nouvelles. Et peu de temps avant Touverture des EtatsrGénéraux, on lui vit donner une juste mesure d'intérêt aux différentes cérémonies qui devaient rendre éclatante une si glorieuse journée. . . Dieu ! vers quelle idée sombre ! vers quelle image funèbre me ramène un pareil souvenir ! Infortuné monarque ! Hélas ! il a pu dire comme une autre victime :
Et déj^ dllton , présageant la conquête , D*nn triomplie si beaa je préparais la fête. Je ne m'attendais pas qne pour la commencer Mon sang fât le premier qne Tons dossies Terser.
Sa noble compagne fut victime comme lui d'une situation qu'elle ne pouvait comprendre.
L'archevêque de Sens avait fait entrer la reine dans les conseik, et cette princesse avait acquis dans les affaires de TEtat une importance qu'elle ne devait pas avoir. A côté de son influence , il y avait encore celle des frères du roi , qui n'étaient point d'accord avec le roi ni toujours d'accord entr'eux.
La reine de France , Marie Antoinette , était ravissante par sa grâce et par sa bonté , et méritait l'amour des Français, c Le caractère perscmnel de la reine et du roi était , dit un contemporain , tout à fait digne d'attachement , mais l'arbitraire du gouvernement français , tel que les siècles l'avaient fait, s'accordait si mal avec l'esprit du temps , que les vertus même des princes disparaissaient dans le vaste ensemble d'abus dont ils étaient
(1) U ne chercliait pas asseï hmu
190 tai^bihÈ DE PRkntk.
environnés. Quand les peuples sentent lé bèsoUi d'ùrië Wforihé politique , les qualités pirivëes du irioiiat'que iie stifflsétlt point pour arrêter la fotcé de cette impulsioti. Le fègrië de LSlils ÎTI s'est trouvé placé dans une époqtië bii de gtailflèi talents et de hautes lumières étaient nécessaires pour lutter avec TespHt du siècle, où pbur faire, ce qui valait mieux, tin pacte raiscfnnable avec cet esprit.
Qui ne se rappelle le portrait que M. Burke a tt^acé de ffârié^ Antoinette : « Il y a actuelleineiit mié oii dix-sept ans que je n'ai vu la reine de France , slloi^ Daiiphinè, c'était à Versailles, et jamais une vision plus céleste n'apparut dans cet orbite, qu'elle semblait à peine toucher ; je la vis au moment oii elle paraissait sur l'horizon , l'ottiement et les délices dé la Sphère dans laquelle elle commençait à se mouvoir; elle était ainsi que l'étoile du matin, brillante de santé , de bonheur et de gloire. O quelle révolution ! que serais-je si le souvenir d'une si juste élévation , rapproché dii spectacle trop affreux de sa chute , ne fesait pas naître en moi les plus fortes émotions? Que j'étais loin d'imaginer, lorsque je la voyais réiinir aux titres de la vénération ceux que donne l'enthousiasme d'un amour respectueux , que je dusse voir de mon vivant de telles calamités peser tout à coup sur elle ! Dans une nationi de galanterie , dans une nation composée d'hommes et de chevaliers , je croyais que dix mille épées seraient sorties de leurs fourreaux pour la venger même d'un regard qui l'aurait menacée. Mais le siècle de la chevalerie est passé ! »
RÉVoLOTiOl* FRANÇAISE. Ift
GHÂPITRB m.
M. Kecker,
ëi Fcln Teùt bien jttger l'esprit qui dirigeait les condeiis de Louis XYI et savoir comment le pbuvoir a été successivement dësârtné eti ne faisant pas ce qu'il fallait pour empêcher que lé itidUvement national ne devint ude révolution i il faut lire l'buvrage de M; Necket* sur la Révolution française. On y voit, ëh mfiitie tèinps que les bonnes intentions de ce ministre, son Igtiorâncè coinplëte de la constitution française et le peu de luttiiërëâ que Louis XYI a pu trouver en lui au milieu des circonstances extraordinaires où ce prince se trouvait.
H. Néckër Ciismt à là fin de 4 799 : k L'époque d'une grande rêvdlUtibii ti'est jamais le temps qu'il faut choisir pour en éëHrë l'histoire. Il faut donc se borner dans le temps où nous soiniiiës à préparer les matériaux dont les Tite-Live et les Tacite des âges suivants pourront un jour faire usage. Nous avbns mieux connu l'esprit dé la Ligue que les contemporains dès Guisé et des Valois , et nous avons mieux jugé le grand Henri que ses ennemis ou ses courtisans ; il en sera de même delà révoltition présente. Nos successeurs en découvriront plus aisément (|Ue nous et Voi^igine et les premières cames , et c'est à eux seuls aussi qu'il appartiendra d'assigner une place fixe âiii hommes qui auront paru dans la carrière des affaires publiques ou au milieu de l'arène ouverte à la rivalité des différentes ambitions. »
Cette tâche n'est pas difficile par rapport à H. Necker et aux hommes marquans des premiers jours de la Révolution , il siiffit de les faire pdrlëir eUx-mémes.
IfS HISTOIRE im FRANCE.
Quel but s*est proposé M. Necker dans son ouvrage? de décrire, c'est lui qui le dit, la progression morale de la révolution française , et il ajoute aussitôt c qu'il n'imitera pas ces écrivains philosophes , qui » pour expUquer les causes des événements modernes, se transportent aux âges les plus reculés. » Dès le point de ^départ / il est dans le faux.
M. Necker se moque de ces hommes qui remontent à plusieurs siècles pour nous donner le premier motdeceque nous voyons, et cependant il a dit un peu plus haut qu'il ne fuira pas les idées premières , qu'il ne rejettera pas les principes généraux. Faible esprit qui ne savait pas qu'il n'y a rien dans le présent qui n'appartienne au passé et qui ne soit gros de l'avenir.
c Je ne sais , ajoute-t-il , à quelle époque de l'histoire de France on n'aurait pas pu présenter une grande insurrection nationale, comme une conséquence inévitable des événements antérieurs. On eût dit après le gouvernement féodal , que le peuple , justement irrité de sa longue servitude , avait dû reprendre toute son énergie et donner des lois à son tour. On eût dit, après les Croisades , que , lassé des sacrifices dont les prédications monastiques avaient imposé l'obligation , il avait dû secouer le joug de l'Eglise et briser jusqu'au frein des opinions religieuses. On eût dit , après les funestes suites de la démence de Charles YI , après l'appel des Anglais au sein du royaume, que ce même peuple avait dû sentir l'immensité des hasards auxquels il était exposé par la transmission héréditaire du trône et de la couronne. On eût dit, après les guerres civiles dont la France avait été le théâtre , sous le règne des derniers Valois, que la nation n'avait pu s'abstenir de reconnaître tous les dangers attachés à la royauté , et à ce rang uni-
RÉVOLUTION FRANÇAISE. If3
que et suprême qui maintiendrait éternellement les rivalités et les combats des hommes ambitieux de parvenir au commandement. Enfin , après Fépuis^nent absolu d'hommes et d'argent ou se trouvait le royaume à la mort de Louis XIV, on eût dit pareillement d'une révolution nationale, qu'elle devait arriver nécessairement à la suite des orgueilleux projets d'un monarque aatièrement occupé de lui-même , et qui avait sacrifié la fortune et le bonheur du peuple au désir d'élever encore un des siens au rang des rois. Ainsi , l'on peut , après tous les événements et avec un esprit médiocre , trouver une Cime du présent dans le passé. »
En s'exprimant ainsi au commencement d'un ouvrage sur la révolution française, M. Necker montre dès la première page de son livre qu'il n'avait rien compris ni à l'origine ni aux premières causes du grand événement dont il a été un des principaux acteurs !
Quelle complète ignorance des principes de la monarchie française et des raisons déterminantes du mouvement de Topimonl La fille de M. Necker, M'"'' de Staël, a compris bien mieux la Révolution que son père , car, dans un écrit qu'elle voulait consacrer tout entier aux actes et aux écrits de M. Necker , elle commence ainsi : c La Révolution de France est une des grandes époques de l'ordre social. Ceux qui la considèrent comme un évâiement accidentel n'ont porté leurs regards ni dans le passé ni dans l'avenir. Us mi pris les acteurs pour la pièce , et , afin de satisfaire leurs passions , ils ont attribué aux hommes du moment ce que les siècles avaient préparé. Il suffisait cependant de jeter un coup d'oeil sur les principales crises de l'histoire pour se convaincre qu'elles ont été toutes inévitables , quand elles se rattachaient de quelque manière au déve-
Ml nsifHa ne rbahob.
liçpaneni des iditt , et qu'apiièft «M lutte el deft Buri|Mi^ ea moms prelragés, le triomplie dn huniècn a UiqBuis été ftivorable à k gvaadear ei k l'anéiiwatioB de râspèoa hu-
M. Nad^ep se toouve absws de oiSHivaifie întealiM dqns tous aee actes ; i\ ne fùmi^t dirigei les graods éYéafflaeiiia au nàr tien dfiscpidq il s'est trouYé. U n'a pas loéme su que toqt ^mekrtne dans tes évéMp^fs , et que le pcésent esi grès de l'âr lenif, oempe le passé est la sQuIee du piésaul. Maïs fim u^eat plus mstruetif que eette él|ide des eauses des edmitéa de la France dans l'esprit de Thomme qui les a occaamiBées et qui adîrigl les conseils de Lenîs X¥I an œs menaul» sriènnéis.
M. Mepker dit emom : c Hsus devons lëduirs à sa juste Ta? teuB eette assimilatâiw ^a génie pr(q[diétique dent tant de g^ aedéferent, eu se plaçaait auï^ddàde nutfe âge) etenr^mm^ tantj s'il le faut^ à plusieurs siècles, pour musimmtg ^ ppemimi mot de touf ee que aotca vagtm^ t^ oeaqNi )ine grande plaee daas le geuMMenieat el aupiès: du roi à peu d!années ^ distai^ee des Htats. J'étais par eonséquentdane une attaatipn où l'eu peut déeouma les aYaft-eBuràiHs d'une eé* Yohitionquatidï eu eaiste de réels onde pimoneés. Voîoi tên^ te que j^aî m : D'afettai \ iu yaoïuid /nr««i de Vofiman pu-
lel otipeuafait mé^i^lê. Néeknr et lui daaauder d'où iMait eette fi^nde fimce qu^il reconnaît. L'opinion qu'A repnéseute étaUie ea seuvemne à Bari^, et disp^isant des prix et des crarennes que Vm mettsât en parallèle avec les lumneuia deat les me avaient la ^btributien , cefle opinion qpi ne déeidaît plus seidement du goôt et de 1- esprit, de l'élequ^ce ^ des taiento af^éièles, qui avait {jf^a^à eette ligne^ et qui se piu^N»^
li^miKl <^ âispHiSH)!}? ftf 1^ firxij^i fj^ JH^ f)|f loi; }^ <i9?«f» *l l'5!4w»WtÇftti(H». f pp yjt ()§ gliig , ^te:H ? Jt ft'^r tait une bizarrerie singulière , les mêmes personnes, qui pir^-
^mi il }» pftPF 4^ %yw» 4» vsm^f ^fy^if 4a!» i» i««l^'^
4'|Pfl^Bm^«P$R »( 94 c(Hif9|ii 0« li| )il)gr^. pR fi^^t^Ctiit )es
^n^iciiins, % xm<mfà\ m I» fjqnsjj^ution 4'4»gi<»t<5n'g; st ciHQ^e le (ré^p mM' ^ î» ^ 4épf(Piliij^ > n'a^ir^l-filus ^ lui )«
in^q^ PPfpbre 4^ {pn^niv^t^ , m 6!fftjfi»t qu'il ^t ^n^ dg jo)i«i IIP ^ ^ ^ Rpli^que, g^ RfHir §'y pr^B^er, çj^f;»»
P9i:Ht 4» psBpte pf 4p §on iffffîrMP^- INw )«»««§ ?«»§ 4ppf? .
«ais iHfiii diipi}» ^ cppjtili^r ^VISQ up !p$ ^ps )^n|e§ p^ ay^
to»(^ tel rapit^ qni M tmmit' ^smfimms^m^A 1 4^ i
tm^bm i^ IPWX M^ #PCpf ^ ei| çqp^^asl^ jitjsc )^ ppippip^ dont on commençait à fî|ir§ R»r4d<?, ay^p ^ #<?/ tîM^I8W?P flPS l'oq cbierQbw^ i téfabljr. U jgunpss^d^ P»rleRien|@ jilAipi le sigDsd d'il» grapd sacnAo^ ppisfti»»§}, (^ design?»» §l|(Çin.^9, QP aUftquwi la ppendîtoe Ifi^ pr^jeçjipïïp jM>litiqHfi§ pt 1^ plus aiw;isnpe^prérogaltiyp§4e8,wurs souv^r^^ips. Qomarpb^f #si, (1« plusieurs poipte difl^r^nts, yers uu W encore yagu^ ^ fP^I déaui ; mais tpu3 tes «^uv^eujs ^ r^pppt^fi?ut ^ un w^pftfc tentermBut da la sîtuatîpftpcésepts, à un goût g^ft4r*î d'iBBpva-
tiou. L'iiufl)^Q^ité de»» iipp^ts» leur if^ép^le répar^tipn, Ip désordre absolu i^ fiuauces , ^t ces sîguaux ie <^^resse que )'0p déployait continue^teinout aux regards d'uue nation uupatientj} d'être soulagi^ du poids ^ ses t^«s » toutes c^ circou^tface»
196 mSTOIRË DE FRANCE.
et les justes alarmes des créanciers de TEtat multiplièrent les mécontents et donnèrent une multitude d'amis aux promoteurs d'un changement dans la forme du gouvernement. Ce fut autour de 500 millions d'impôts que l'alliance se forma ; c'est une agitation singulière dans les esprits qui , réunie au bouleversement des finances, a consacré l'époque de la révolution française.
c On était sorti du règne précédent avec un sentiment de Eitigue et d'irritation; et, comme Tindiiférence de Louis XV avait succédé aux folies de la Régence et aux dissipations de Louis XIY , on croyait qu'il était temps de voir enfin la fortune publique en sûreté , et l'on désirait impatiemment que les propriétés particulières obtinssent une sauvegarde , qu'elles en obtinssent une contre cette suite d'exactions toujours nouvelles , et dont la nécessité était imputée à l'inconduite ou à l'iropéritie du gouvernement. » D'où l'opinion tirait-elle toutes ses lumières? Si pendant cent soixante-quinze ans la représentation nationale n'avait pas été suspendue , aurait-on été en 88 dans la situation décrite par M. Necker?
A propos de l'entrée de M. de Galonné au ministère, que dit M. Necker : « M. de Galonné, pressé par l'embarras des afiaires, et dans l'espoir de déplacer, de transporter ailleurs une responsabilité qui l'alarmait , engagea le monarque à convoquer une assemblée de notables. ... Il était difficile aux notables de concilier leur devoir et leur réputation avec les idées du gouvernement, car ils ne pouvaient pas honorablement consacrer un nouveau système d'impôts pour en livrer les produits à une administration dévorante et notoirement dépouillée de la confiance publique. Ils commençaient d'ailleurs à sentir, et la nation aveceux, que les emUributions des peuples et
les dépenses pubUques devaient être fixées parallèlement et contenues des mêmes liens, b La nation se réveillait donc, el^ retrouvait donc ses anciens droits. 11 fallait donc chercher dans les principes mêmes de la France le remède de la situation. Mais continuons, en entendant M. Necker retracer tous ses souvenirs , nous assistons pour ainsi dire au conseil des ministres de Louis XVI avant 89 :
« Ce fut ainsi que les délibérations errantes des notables firent sentir davantage Futilité, le besoin même d'une assemblée nationale, non pas seulement cojwiltative , mais investie des fmvoirs nécessaires pour opposer une résistance efficace aux dépenses inconsidérées et à la ruine des finances. Ces réflexions, si raisonnables dans leurs motifs , reportèrent vaguement la pensée vers les Etats^énéraux ; mais le gouvernement, malgré ses fautes , n'était pas encore préparé à faire le sacrifice d'aucune des autorités dont il avait Thabitude. Le roi, pour éloigner ce moment, disgracia le ministre, et satisfit ainsi le vœu des notables et la clameur publique. »
La conclusion impérieuse qui ressort de ces réflexions , c'est que les Etats-Généraux étaient nécessaires. Voilà M. Necker arrivé à ce qu'il niait d'abord , l'influence du passé sur le présent. La faute énorme faite par nos rois étoit donc de n'avoir pas convoqué les assemblées de la nation. En étudiant M. Necker, nous étudions l'esprit de la France et les causes de la Révolution. Sans les apercevoir , il les montre.
« On vit alors l'espérance renaître , et les mécontentements s'apaisèrent.
« M. de Brienne entra dans le ministère sous les auspices les plus favorables. 11 était temps encore, à cette époc^ue, de forîner un nouveau pacte avec l'opinion , et , je n'en doute point.
tin^ ddtiiihi^ràlioh |iéfaiièméiit sage àûrialî^iHfm ta Ûatïiek des sentiments îhquiets qui Voccûfàteià d^ Ôks Ètats-Génériiuk et qid lui faisaient dMrèr 9e trîmver tiWe saûbk-gakde ââns une ^illeufe (^mtWàtUjfà poliVUiùe. i
k. l^ëckër se âëcmiVre tbtit êntibr dails ëë Mgihëbt de ^ hvàWaùh framéè. il à dit ({611 Hë tôttkH p^ l*ëiiibiitëlr aux principes, et cependant ^ est tinpo^iËlé en U^iit se^ (ni- ^%é &ë lie ^ïi Vbtf # Ibs idéfô ié ià Mil fràhbii^; les idées qbi râvàient bbiistlluëe; éiàimt dans bits les ë§i»4fcs. M. Necket* constaté la pûiâsâiicé des Parieîntats boritrte M. de Ôrienrié , ^ il né se dît ^às î|iife l'âJ)i)Ui dbnn'ê àiix PaHemfents par r6j)iril6n J)rbilvaît lé bé^in que là natîôii àVall d'ilh cohfrepoidîs au despotisme mihistéHel. La téntatité d'utië ëoûr pléttiferè faite i)ar M. de Ërieiiile sbàlëvà tbùs lés ôt^dres de l'Ëtât tm^ iil& innoVatioh l^tii aplanissait toutes les ttiies & be dëspôii^e ; ^ ft. l^eëket parle à'inè Mwtâifetmffoil iA)ïfe tt^Mk dh ntàiiÉt Èièti^ii; tà ûdtM ifcî ÊiatS'\}énà^a\é: THSife dJfi^lbtaBfe absence de toute idée politique! TôHi léi Mxà déU t^iratty^ tenaient dé ràbandôli dé ta rëtir^fitâtibâ hMfdiiàlé: Le seul jiort oi m p&t rêpàrët le ^aifeséad dé \i Mhàîtliîé battu pit tait a^brigeè , c'était toé a^eiïiblèë hâtidhàfe, et lé pitiiifer miïiistré ttë cette ët>^^ile ll'é «)h^câtt qtti «vifer ce pbH cbniiiië dfa évite ûH éfcùëU. Ï^'ki-Jc î)as ëU raïsKih rfé dire (^tie hoii^ àsài^îôns aiii cbrièeils qW biit JicWH îà ifadIiaitHife fet amené la révolutîbii ?
ît Wiïsiéttrs àssolîiàlioits se rôtmërënt, él Toii t^arijèa Surtout rassemblée de Tordre de la noblesse en Breb|hé ; VUsënibféë des tréis ëtâts ei feh, H lia gWMë tlMoh tttottnciale du Dâùpflînê. Le goûvernéttiëHlfessâ^ de UhtMt fct* ttiottVè- Àients pair dés cbdps à'dMàrm : !1 fit éifëhiiët* à H IKi^âtft
8Mizé ^Mfib tte k ûbU^ èe Bn^^e ; il naltiplia }Nir- (irat lësléUrès le cachet, et btate» èes ri|ueurg ne âertireit ttii'li ëéUllt^ là i^rhietitâtliiti des ^[iritd ^lus arBeute A ^M g^éhdé. M. flé ^imitie etiipbyâ tes mlmmétitHits; il rt^- At Mi retHrésetitâtit^ &a btergé que fat nation avait tort lie k'a^ terinel*, ^ii'il nlStait p^& dàn^ rinteiitioa en roi d'emplojrer là inéèiâtfôii «e k em p\m»e ^& éfam- Jmttn mp»l tte tfih fiSe y mm^ i¥nipè\ émît la tàHettén û\;ë% à^'ie^H de lottf fHnps àmm^s ahtiùHm. fet pOnrtâiil il ret)rëÉiet)tâit «Mté tour e^Biiiè nii renouvellement dé ToMtè dé éhiolses tM itM'tt éHIt àHpiMiVdiit; ii rayait ta «itè ^ fa fcfeati«tt des RaH»^ ments , il rappelait Tancienne circonscriptidn té léftTB {MH!%àtit^; èhfih, n i^eii/mfàit jità4û'dû cmkiim^MèM délkfno-
L'ittée qU'à la hàiîon «eiile à^pâileMit ie fc6i)deMèniétit Ift l'impôt était donc générale alors. Où la France l'avait-elle |tHilë-, si bfe li'éSt ixiA sk ibORslitnttion t>Hnii«V«!t L'Ksttfii^ d'iiA pfeu- ^ë e^ sa iÂlfe<$ttitibn. Tbùt ee (}hi n'aboUtiâsMI ^s tJk étati âoilc VMS , et Aé ll&iiit que Utitfflër l'»{iiftiëA et ^îMH* Vëi-
toiîté.
« Le iffîitfetrè fti«ri;nt ëBfin llfiiitifité iSe séë fetUrtè ; !l tft 4M
te fiaibik nmortia m y^memma ^ fbmm m^kgv»- »
l'TSë ; to^ ¥im i^rCè l'htt($ttitibh «t la ëëtii- ^Aëiiiirë ; m iHèÊMim U %miitqw iibrogiéa ^èÉftélëiiieUt tMè îibft-
c t9M «oH^ héàiiriioii» ëonibi^ e^ ëb^^emeiHi» i^ hi^< dtâ-, feèi» ëilpHèifi«^ hétâieD et ëes <pr<ii&^ tei^tm 9e\mA élsiBréaitéi- le ^irieriiiii'ent. ïïRé écfhéhHé M fficertSifiè «ém i^aâ ^Htàmék Wyték pt^^ff S^îk tlîiti^ ti «('vëlif «es
Etats-Généraux. Le Parlement de Paris avait demandé leur convocation dès le mois d'août 1787, et tandis que, par un arrêté formel , il accusait le gouvernement de réduire la monarchie à l'état de despotisme , de disposer des personnes par lettres de cachet , des propriétés par des lits de justice , des affaires civiles et criminelles par des évocations ou cassations , et de suspendre le cours de la justice par des exils particuliers ou des translations arbitraires , il se déclarait lui-même dans rimpuissance légale d'adhérer dorénavant à aucune imposition ; il fnarquait ses regrets d'avoir adtjpté si longtemps d'autres pfincipes , et il transmettait à tous les bailliages sa nouvelle profession de foi.
« L'opinion publique, qui lui avait tracé sa route, excitée par un aveu si décisif, s'anima de plus en plus, et les Etats-Généraux devinrent le cri de ralliement de Paris et des provinces.
< Le gouvernement essaya de résister à ce vœu général, puis il y céda graduellement. Il annonça d'abord une assemblée des députés de la nation pour l'année 1 792 ; il voulut prouver qu'à cette époque elle serait plus utile et plus convenable. On n'admit point ce retard. Les instances redoublèrent, et pour donner des espérances plus prochaines , un arrêt du conseil autorisa toutes les municipalités , toutes les administrations intérieures à rassembler les renseignements propres à guider le gouvernement dans la formation des Etats-Généraux. Enfin , l'opinion devenant chaque jour plus pressante , et la marche des affaires , au milieu des anxiétés de l'administration , se trouvant comme suspendue , le roi , par une déclaration formelle, fixa l'ouverture des Etats-Généraux au l'î'mai 4789. C'est alors que M. de BricQne se retira, le 25 août 1788, et
RÉVOLUTION FRANÇAISE Ml
que je fus appelé à Versailles par le roi pour reprendre le ministère. »
Je vais encore mettre sous les yeux de mes lecteurs les explications que donne M. Necker de son attitude aux affaires , afin qu'ils jugent parfaitement ce personnage, un des principaux auteurs de la Révolution qu'il a involontairement provoquée, non par ses idées libérales, comme on Ta dit, mais par la peur que lui inspirèrent les idées nationales :
c Je trouvai , dit-il , les finances et le crédit dans un état dé-
plorable, et j'aperçus les avant-coureurs d'une disette dont les
symptômes devinrent terribles en peu de temps. Je soutins les
paiements pendant un an sans aucun secours de la part des
Parlements et des Etats-Généraux , et , avec des précautions
inouïes, je sauvai Paris et la France des horreurs de la famine.
Je crois avoir fait davantage encore pour garantir la France des
malheurs politiques dont eUe était nvenacée {qneUe illusion! ),
mais je n'ai pu obtenir en ce point une justice universelle. Trop
de gens ont eu besoin de moi pour voiler leurs fautes , et la
foule des spectateurs en me regardant de la plaine , a dû me
voir sans cesse autour d'un char qui descendait , roulait avec
vitesse du haut d'un mont élevé, et elle a pu croire que je le
poussais, que j'accélérais du moins son mouvement, tandis
qu'au contraire je retenais les roues de toutes mes forces , et
appelais cotitinuellement au secours. » Ainsi , loin de diriger
le mouvement , M. Necker le contrariait et appelait contre le
roi les réactions de l'opinion.
La manière dont il cherche à se disculper de la convocation des Etats-Généraux est une des plus grandes preuves du peu de portée politique de M, Necker :
< Les Etats-Généraux, dit-il, étaient promis, les vœux
Ml itt&ft)iftË Dfi fllÀIttîË:
pttmbkêë» a» Mtts Uii ordres db l'Btél ^tiroiiiâte&t , {«^ m» dire , un engagement que l'on considérait comme un npptA àvii ailbiénnës lÉitimés dé la monarcfate et tëttttie Ita pté^ éd la Së&m t)ttbHqtiè.
k ïé lé iâécUu-e d'iiiUéurs à l'hohhettr de LOuiS XTI et mum hbinmàgë à M Vërtié , \mk\s, ni iM ^n côàsisti iii dditt aHStti fliéâ entbtifeiis {Tàtticiiliërs (|né j 'ât èiA âVèc M , it be mit eil qW9P tion s'il devait éta iioii ^rëer la M ^'il iltalt dOHnâ». fitSii; «t |(Onhiti(A le iSissimtileràis^é? ft in'a^«bciàiè Se «m Mes v«ux inx ^hii^ de h natioil , et je iië les chij^ti» {>biht dlÉ». I
Qtlè Sigiilhe ^t»^ tiel^ 'et^ {)lira$é d« M: f^ëi* : t 91 H^ etatà-Géhérant ii'avàieiit pas fitC pi<én^, i'i%r&i betfMt ihies soii» I Û^ titi gràtid fiàtii des ^lâ^Mlës fi^hciltë»', et je me Serais âërvi dé lëUi* assistance \^vir «iUMibtvr ^ tViféi^brahcliés ttël'administhititM Hpbftr fier ^uietH)iteilaeiii claséffiWc te JiHhce et ses sujets. »
ftt-clé disses H'mcoî^(|uëi!cësf iMi âUm^s ytAl* teMâte^i^l M. Necké étaBfir qult «tait ihlpdâ^blé d)è ^ j^aëSietafes Ettt»- Gênêrâdk. t3é t)Jtô«igë est IrtJp remâr^teMë é ft *bl*ve trop de SiH* fedhfaaîiti; ». NëcM pour (îtife je «ë lé toéttè pâà %m ëtitîèr ious îéfe ^étik flë më^ lëfeteftffe.
« Àloi* liés femihés , fi^ppês Au flë^Hi'é Âés finanbbs ; iè aîsaiëhl : ËiiïîH îé tWSsot' âfe rEtàt n% *feHi iJléè Jk lA «Ifet'ti «'Wl itrinMé , il m setâ ^Wè é^^M ^sAr èes i>i^igâii^ bu pàf* sa illcfiëâ febniîÉSisauce^ , il «ré sé^a plus dahs (â défRsiidànee dé ses vices ou de ses combinaisons pérscMiêtles. Une à^séimbléè -, csMni)o^ê d'HbA'ttiés ëlus jJar îa nation , fixrf^ Ifeà dl^iieftâeft |)u- Wll|uëà et eii lés proportionharit ft'unè feàih fermé à rëtfendte des revenus; aucun écart ne sé*â possi1:Âe, Et lé m^rqbl mMmè sera Inisl l'i^ é^ ^ cifëm àm -es f^ts.
Qoë de riéllM0esli'o^<Hi nront ators trééès ; «r , k CMfiiMi tiDë Ms T^tâbttë , leè w^cters Ab IBUH ne seront pins tsfo^ ses 1k tôiiâ les gëttt^s d'iii^itiéMdè , et dmcni pourra eroire I
l LéA âihis Ù pêtt^Aé rt^MtiéM; èit mtoe Uufg ; Enfa le )iëé|)lë tië seratMiÈmdïlK, ilftwd dé dMeuMirs, fi ama te ptbtébtèUrs ëbhtti^ dMii due «taei^feti ée ses représentnÉsi et ïà é^m ààiiU làitûàtibn:
« Leé ilMià d'bë tàb^té isigë télébrrient à l'armlce b finis* crl^liOn lâbsblîie (^ ^(re« de tâbhec, deé ali{iris(Biiteiiièiitt ârlfitirîdt^ ; ïit IH ^ erU^dient d^i pins à r àite en pàisant qttf Bi^tSi là sdHëtltttl(^ btéttéè par les ttiagteirats ; au non de la Ibi , séMit la Sèidë âtttéKié n>ld»nt«blé.
c dti a^rtnevàit imem le vtee des dndens tjfstènies d'admilii^tiéti ; on eiÉtt>todatt les plaintes et les minnnres qu'en»tâiî^t cotttinneliëm^t le l^giée et la distributtfm des impMs, là rtgtiebr et tes bi^âtt^iës de la lë{;idatitm fiscide, ïA Tofa mu itisthiii dëâ (Aistâcles tiu'IMe côdipIteaHoh formidable de prlvtl^eà et d'autôi^tés ot)j[{6ââit aux idées de réforme et d'a^ tn^bràtion. AIM, Ibrsqll'bn atait éprouvé pendant Aim^ tetlîpâ là Mblesto et Vltidobstanee dti gonvemein^t dans ion* tlâ lé^ ëiltttprisës Klhii%èrèS k râutorité roj^lé , il était natnrel que Ton désirât de voir enfin réunies , dans un même centre, ' 1& d!mîiaissàiibë d^ âbiis , là vblohté de les dÂmire et de les cbW|er, et 1* ptilssîiïlcfe néfe^ife pôir y parvenir.
l Les vœffii dé ta hàtibn Âe Se dirig^iéttt donc pas ^ona mbttft (1) vers une fcmivbbali(M d'Etats -Générant; et lorsque
/!} Et 1^. Neçker ttous a dit ^ii'on aurait |hi distraire la nation de son désir des lbts-(ïénéraax ?
9M . mSTQIRE DE FRANCE.
cette convocation fut promise , lorsqu'on se permit alors de raisonner plus ouvertement sur l'organisation du gouvernement français» on en discuta tes abus , on en désigna les défauts , et bientôt on vit naitre une opinion inquiète dont les progrès s'étendirent avec une accélération singulière. Les circonstances qui servent à dissimuler les vices d'une ancienne constitution politique , ou qui forcent l'attention à s en distraire , ces diverses circonstances n'existaient plus. Le voile était déchiré , et la confiance dans la sagesse de l'administration , le respect de l'autorité dominante , la force des préjugés , le sommeil enfin de la prospérité, tout étaitdisparu ; aucune attente, aucune espérance, aucun songe flatteur, ne favorisaient plus les idées d'habitude; et l'câl pénétrant de la censure avait repris toute son activité.
c Alors on demanda ce que signifiait un ordre social oii les conditions du pouvoir législatif n'étaient point fixées , où le monarque et les siens croyaient que ce pouvoir appartenait en définitif à la volonté du prince, exprimée dans un litde justice; tandis que les Parlements et les disciples de leur doctrine considérai^t comme incomplètes toutes les lois qui n'étaient pas enr^istrées avec liberté par les différentes cours souveraines. Le premier système , en réunissant sous la même autorité le pouvoir exécutif et le pouvoir législatif, présentait l'idée du despotisme.
« Le second, en soumettant toutes les dispositions d'un ordre général à l'assentiment de treize Parlements délibérant , chacun à part , pour l'étendue de leurs ressorts , offrait un modèle de confusion. Le combat entre ces deux systèmes et leur supériorité alternative, selon que l'opinion favorisait l'un ou Tautre , étaient et devaient être une source continuelle de troubles et de divisions; et lorsque la querelle entre l'autorité
royale et l'autorité parlementaire éclatait en hostilités , la cour exilait , emprisonnait , et les magistrats cessaient de rendre la justice.
« Les Parlements discréditaient le conseil du roi , le conseil cherchait à avilir les Parlements , et durant le cours de ces débats et de ces offenses mutuelles , la considération de toutes les autorités s'affaiblissait. Enfin le pouvoir législatif luimême , au milieu de tant de déchirements , ne paraissait plus aux yeux des peuples avec l'éclat qui lui sied , avec la splen* deur qui lui appartient , et souvent alors le respect paraissait chancelant et Tobéissance languissante. Des particuliers , élevés en autorité par l'acquisition vénale d'un office , n'étaient pas les organes naturels du vœu de la nation ; n'étaiait pas les hommes désignés au nom de la nation pour être et pour rester toujours les seuls dépositaires d'une aussi magnifique prérogative que le droit d'accepter ou de refuser les lois régulatrices de tous les intérêts de l'Etat?
« L'impôt sur les terres n'était soumis à aucun principe régulier de répartition ; et des privilèges injustes en eux-mêmes , mais défendus encore par d'anciennes idées , en rejetaient le principal fardeau sur la partie de la nation qui , par son état et sa fortune , aurait exigé le plus de ménagement.
« Les droits sur la consommation offraient à tous les regards des disparités de tout genre , on les avait diversifiés àj'infini , on les avait élevés graduellement au plus haut période , et tandis que plusieurs provinces en étaient surchargées , d'autres excitaient leur envie en se glorifiant des franchises dont elles étaient en possession. La gabelle, les aides et d'autres droits également connus , rappellent encore aujourd'hui , par leurs noms seuls , tout ce que je viens de dire ; cop^dant cette bi-
M* nsfCAE DE n/fmm,
garrure et ees oj^pomtbiift frapfMmttt û%£ifmA » pv r9PK4( du gâit, un eq>rit de fim^, et la lipe teitf qill«rt{i, 1$ guerre était continuelle entre les aventuriers de la contrç^fn^ et h milice du fiso.
c last 4e confiinon , tant de démnlpes duni If» &]{&t^f»la (Ketributiett des impéts , iqBoqoaieDt «»s dûuM m ms^^ ment , et peut-être uiie tégénéBatiatt complète; mi» pMr y parvi^nir ati milieu du» si grand iiombce d'mtécéto m riy^lîlé» il eût Mu réunir dbns une même opinion l6| B^rteM^tS > te pays d'éttits, efpeut-étveffliaoselfisitombr^di^ic^inpt!^ ^t \s» cours des sudes; c^r, pour suapeiidre et poM W^pépfof^, \\ ïC^ Vài aucune autorité qui n^eAtaa puîeM^ci^; (|t peu d$ Hîp#4^ avant fassemMée des Etats-GéAécatt» , j-ai m 4fi m»W K^t
casseries dq la part de I4 omr dei aide» dâ K0iW9§Aifi ' Vn^^ èm cette ppHfiiiise la collecte et la répatrtfflpii d$ I9 i4\\» » ^
ces tyrannies n'avaient cq[>endant pour motiC WiP^ p^f 3<^
tîment d'humeur et de dépit contre les adinip^trAti^^P Iffoyin-r
cial^s nquvd^ment établies.
c II fallait livrer raii|e petljs combate pour Mf» rél|§$ir V^ novation U plus raisonnable.
c G^nd^t q'est-il pas un langage que Ym {Mwnïli tmv^ sans trahir la vérité ï La France, ^^Hm, h FrapA^ éji^it Pràjet continuel de la jalousie de TEurppi^. ûue M ^^Uaitril de plus? Souvenez-vous de la divers^é de ses o)9j9|ï||pt|ires , de la perfection de se; arU , de ractiyi^ de son iodpstrÎQ , de rétendue de son commerce , de Timmeosité de sop Wffnir raire. Voyez encore les vestiges de scm ancienne n^agnificenee) ses chemins , ses canaux , ses pompeux monuments , les fondations utiles. Que de preuves réunie^ , que de sipes apparents de la sagesse de son administratîpn 1
t fbOs» ! qui a Mt yà^9 pbi$ sue mpi )m ci$)i««se« ^ 1^ im^rité» de ce ^u (oy^uwd? S( qui Im ^imw pacARtéAf aïftfî tant d'^pieur #t4'Q»^aMiflnî Itfli^^ofcm fi^iyoïu^imMl,. l'é^bt 4'»» pays fit su fef*tufiâ même ne m^imi m W^ ^
vaUier te prodHit to Wenfeite 4'u» goiivernemenj , il fi^u^, 4ap9
1^ (galante da ^ r^u^^i^ria^i ^dJHs^r à )a simple n^^pe l4
p^t qu'êU» ^ dvôit d'e»ge|P, @t p^ pgf:( Sflt ipcwwmsui^bto
(ten^ we cantine que le (4^ a f^vQfi^ de tapt (if^ manières. Ur
air pur, un climat teiwp^é, w sol fi^fipd m preduptip»^ di-
v«(^; des rivièpe$ qui le fei^lili^ut et qui multipliât m Vfif^e
temp» tQiit^ \m eiMumu9ÛNitipn$ iutérieure»; une^tuaiiftu eur
tue deux mecs , et des rapports faeiles avec VJSurepe et le mtê
du monde; enfin , le eapaetèfe auiwé des l^abitauj^ , \^^f iwa-
9»atioB , leur aptitude k tput euteudre. Comlrieu de pirpous-
Umoes heupeuses devai^t servir la Frauoe , et poFtçi; aif plus
haut pénode )a gloipe de cet eiupire ! SUe pouvait , ^aus d^
tsllûs ^rcoustaqces , rémter à toutes les iouperfoetious poli^
qufis, à toutes les méprises du l^gi^teur, à toutes les ^eu^
du gouvi^mement , elle le pouvait et le pourra eocors , t4ut.
W nature des eboses est plus doiuipâute qu'aucune autre
iaflueqee et qi{'aueune autee force. Au milieu d'uue grande
ouïsse dfi richesses , au milieu de tous les moyens naturels
de praspéritié, la nature du gouvernement devient souvent
une idée accessoire , et dont on ne s'occupe qfie par inter-
v^es.
5 II n'en est plus de même , et la distraction cesse , lorsque i d un pas égal , l'administration se détériore et los esprits s'éclairent; lorsque les finances publiques, au centre de tan^ d'in- ^êts , tombent en confusion et multiplient les inquiétudes ;.
lorsque les plaintes des gens aisés rappellent à la multitude qu'elle est plus malheureuse encore , et lorsque les premiers perdants cherchent à ennoblir leurs censures , en parlant continuellement au peuple. Grande leçon pour les hommes qui sont à la tète des affaires dans un pays où la constitution politique est défectueuse ! Ils ne doivent jamais oublier que , pour détourner l'attention des vices fondamentaux d'un gouveniement, pour écarter les examens critiques et l'esprit de révolution qui vient à la suite , il faut apporter dans l'administration une grande sagesse , une constante circonspection. >
Voilà donc M. Necker tout entier : à cette faiblesse d'esprit que nous révèlent ses Mémoires , il faut ajouter une grande faiblesse de cœur , et ce jugement est confirmé par un témoin non suspect pour lui ; ce témoin , c'est sa fille.
c n était dans la nature du caractère de M. Necker et de «on esprit , dit M""' de Staël , d'attendre les circonstances et de ne pas prendre sur lui les résolutions qu'elles peuvent amener. Le scrupule dominait en lui comme la passion domine chez les autres. Il avait quelquefois la maladie de l'incertitude. M. Necker , dans son premier ministère , était encore plus ami de la probité politique que de la liberté. Après ses devoirs religieux , l'opinion publique était ce qui occupait le plus M. Necker : il sacrifiait la fortune , les honneurs , tout ce que les ambitieux recherchent , à l'estime de la nation ; cette voix du peuple , alors non encore altérée , avait pour lui quelque chose de divin. Le moindre nuage sur sa réputation était la plus grande souffrance que les choses de la vie pussent lui causer. Le but mondain de ses actions , le vent de terre qui le faisait naviguer, c'était l'amour de la considération. » Ainsi M. Necker n'a pas compris les événements , et
RÉVOLUTION FRANÇAISE. â09
bien d'autres après lui ont été dans les mêmes erreurs ou dans d'autres plus funestes.
Comment s'étonner que Louis XVI se soit trompé quand la France avait semblé lui désigner M. Necker pour guide , et que M. Neeker ait manqué à sa mission , lorsque, trente ans après la révolution , nous voyons de grands publicistes méconnaître complètement les principes fondamentaux de notre histoire comme les acteurs de la révolution de 89.
t La France , a dit M. de Bonald , forte de seize siècles de constitution religieuse et politique , était tombée depuis longtemps dans des désordres d'administration qui s'étaient su^^ cessivement accrus. » C'était donc un désordre d'administration que la nation laissée sans représentation pendant cent soixante-quinze ans! Dans la vie de Louis XVI, M. de Bonald émet encore sur les assemblées générales les idées qui ont perdu la monarchie :
« Ces grandes convocations avaient toujours paru un dernier remède à des maux désespérés , moins par le soulagement que les peuples en obtenaient que par celui qu'ils en opéraient; car les peuples souffrent bien plus des maux qu'ils craignent que de ceux qu'ils éprouvent. Ainsi , de même que la nature veille à la conservation de son ouvrage , la France , qui avait déjà tant de moyens de force, s'était ménagé dans les Etats-Généraux , comme l'Eglise dans ses conciles , un inoyen de perpétuité. Ces grandes assemblées légales , mais heureusement rares et jamais périodiques , visitaient , pouvons-nous dire , de loin en loin les fondements de la société pour arrêter et réparer l'influence destructive des temps et ies hommes , et empêcher les fautes de l'administration de devenir des plaies à la constitution. Tel était l'objet de ces
convocations solennelles mal représentées par des historiens qui leur ont demandé compte du bien qu'elles i^'étaient pas jlestinées à faire , et n'oi)t pas assez considéré les maux Qu'elles n'étaienf pas appelées à prévenir, ^ous croyons qu'avec la succession masculine elles ont été la priiicipale cause ae la stabilité de la France et de la permanence de ses lois. En un mot , les Etats-dénéraux étaient le corps de réserve destiné à venir aii^ secours de la société dans les extrêmes dangers et les besoin^ extraordinaires, comme la captivité d'un roi, les disputes sur la succession au trône ou même sa vacance , et l'histoire en fournit des exemples , car tout était prévu dans cette constitution si méconnue , et même ce qu'pn ne peut pas prévoir. »
toutes les erreurs historiques de M. de Bonald qui eurent une si funeste influence sur la restauration de 4 81 4 , sont acpuniulées dans les phrases que j'ai soulignées. Ce n'était pas une maladie de régime, mais une maladie constitutive que la France avait en 89. Pendant près de deux siècles les rois avaient maintenu les Parlements , suspendu la représentation nationale et violé la constitution de la France.
Les hommes qui oflt perdu Louis XVI sont précisément ceux qui croyaient I comme U. de Bo|lald, que ie§ Etats-Généraux ne devaient pas être péripdiaues, et qu'ils n'étaient qu'un ea cas de la monarchie. M. 4^ Bonald a écrit ces lignes quinze ans après la mort de Louis XYI. La Révolution ne Tavait pas désabusé des idées de pouvoir absolu.
c Avec des ministres plus jforts , plus habiles et plus éclairés que ceux qui composaient alors le conseil, les intentions pieuses de Louis XVI eussent pu être très-aisément remplies , non par la tentative insensée et toujours périlleuse de changer le gouvernement ; mais, au contraire , en rendant à notre vieille
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et bonne monarchie sa première vigueur par le rétablissement de ses anciennes lois , et par la réforme des abus qui étaient la suite nécessaire de leur désuétude. Les gens 'sages auraient alors aperçu dans cette ancienne constitution , si peu connue et si injustement décriée, les bases et la garantie d'une liberté raîscanable , aussi étendue que celle dont les Anglais sont si fiers, et plus réelle, parce qu'une police plus vigilante et plus active en assurait la jouissance. On eût retrouvé dans ces excellentes lois la proscription des lettres de cachet, la nécessité du consentement des Etats-Généraux pour rétablissement des impôts, l'égalité de leur répartition en proportion des facultés des contribuables, la responsabilité des ministres et de tous les agens du gouvernement , l'égalité des droits de tous les citoyens aux yeux de la loi ; en un mot , tout ce que la nation pouvait désirer , tout ce qu'elle demandait de raisonnable dans ses premiers cahiers.
« Voilà quel devait être, et quel eût certainement été le ré- *^ sultat des Etat»-Généraux , si, pour les contenir fermement dans les bornes antiques de leurs pouvoirs et de leurs droits , le roi avait eu à la tête de son conseil un ministre qui réunit aux vertus et à l'instruction profonde de l'immortel l'Hôpital, l'habileté de ce grand homme , d'après lequel on doit juger, comme le dit le président Hénault , tous ceux qui, dans des temps difficiles, osent remplir ou ambitionner la mêtne place, sans avoir ni ses lumières, ni so7i courage. »
Qui parlait ainsi? M. Bertrand de MoUevilIe, ministre de Louis XVI (1). Faisons maintenant connaître les faits qui ont changé le mouvement national en une révolution.
(1) Voici sur ce qaMl y arait à faire un jugement de M. de Montlosier, tiré de ses Mémoires :
2fa > HISTOIHE DE FRANGE.