CHAPITRE V
Que devait dire rAttenUée ?
On vient de lire ce que MM. Bailly et Mounier ont écrit pour leur justification . Ils ont craint , disent-ils , qu'on ne séparât TAssemblée , et ils se mettent au-dessus d'une loi fondamentale qui donnait au roi le droit de dissoudre les Etats-Oénéraux. Sans doute la position était grave, et Ton s'est souvent demandé ce que devaient faire les députés qui croyaient à de mauvaises intentions de la cour et qui voyaient déjà les Etats dissous pour n*étre jamais réunis. Il ne fallait pas oublier que l'on avait obtenu la convocation des Etats-Oénéraux par la menace à Yizille
tètes sont refroidies , qa*on a vn les suites fanestes de tant d'excès , on ne peot comprendre le délire qui dans le temps lenr prodiguait les dénominations honorables de eourage , de grandeur d*àme , de patriotisme.
« Certes , ce vrai époavantail d*un arrêté séditieux n'aurait pas arrêté le Parlement et serait , au contraire , deyenu un chef d'accusation de plus ; mais la majorité du clergé lâcha pied et se réunit au Tiers : il n'y a pas lieu de s'en étonner. Cette majorité se composait presque en entier du clergé du second ordre , dont l'alliance avec le Tiers était fort naturelle. Des mécontentements de cours , le fol enthousiasme de cette époque, des vues ambitieuses, divisèrent la noblesse; sa majorité vint aussi prendre place avec le Tiers.
« Les irrésolutions du roi , sa répugnance à laisser sévir, les suggestions de certains conseillers qui n'étaient pas étrangers Si tout ce qui se passait, donnèrent ^ la révolte le temps de se consolider. Bientôt il fut trop tard pour la combattre : le mépris toléré de l'autorité du roi affaiblit l'autorité du Parlement. Des représentants la révolte descendit aux représentés. Les agitateurs débauchèrent le régiment des gardes , déehatnèrent le peuple. On s'arma , on combattit les troupes du roi , on prit la Bastille, on massacra. On força le roi de congédier les ministres qu'il avait choisis , de reprendre ceux qu'il avait congédiés , de renvoyer les troupes qu'il avait fait approcher de Versailles et de Paris , et de demeurer ainsi sans défense 2i la merci des factieux. Au lieu de pré<«nter au roi des vœux et des demandes , on rendit des décrets qu'on voulut bien , pour la forme , soumettre a sa sanction , bien entendu sous la condition qu'il ne pourrait la refuser. On donna directement des ordres ; en un mot, ou exerça dans toute sa plénitude la prétendue souveraineté du peuple. ^
du refus d'impôt, et le 17 juin , TAssemblée venait de frapper d'illégalité les impôts votés jusqu'alors.
J'admets la gravité de la crise , l'imminence du péril , l'en* trainement des circonstances, et je me fais cette question : n'y avait-il pour l'assemblée nationale aucune solution possible? En cas de divergence et de lutte entre le roi et l'assemblée, le roi était coDstitutionnellement armé du droit de dissoudre. Méconnaître ce droit , c'était sortir de la constitution , et par con* séquent des conditions d'une lutte légale pour se lancer dans une voie qui n'avait d'issue possible que la force. Pour contrebalancer le droit de dissolution , l'Assemblée était armée de deux droits suffisants afin d'assurer la victoire de la liberté et de r^;alité sur l'arbitraire et le privilège ; la périodicité des assemblées, et le vote des subsides. Au lieu donc de jurer dans la séance du Jeu de Paume de ne se séparer qu'après avoir donné une constitution à la France , qui en avait une et n'en demandait pas de nouvelle , chacun de ses membres devait faire serment de se réunira ses collègues dans un an à pareil jour, si, dans cet intervalle , le pouvoir exécutif, après avoir dissous l'assemblée, comme c'était son droit, n'en avait pas convoqué une nou* velle.
Un passage de l'histoire de l'Assemblée constituante de M. Alexandre de Lameth , confirme cette opinion : « Quelques députés des trois ordres, dit-il , ne sachant pas quel devait être le résultat de cette espèce de lit de justice (la séance royale du 23 juin ) , et craignant que ce ne fût peutrêtre la dissolution de l'assemblée, s'étaient promis, au moment où cette dissolution serait proclamée , de déclarer que tous les impôts cesseraient dès ce moment , et que quiconque concourrait à leur perc€|)tion serait déclaré criminel de lèze-nation. *
Voilà ce qu'on devait faire le 20 juin ! L'état des esprits » a cette mémorable épocpie , ne permet pas de douter que cette conduite de l'Assemblée n'eût reçu l'assentiment inunédiat et spontané dé la nation ; et que cette attitude digne , cabae et forte n'eût aplani tous les obstacles par lesquels les ennemis de la liberté représentative s'efforçaient d'entraver sa marche.
GHAt>ITRB VL
Du 21 au i3 juin.
Le séance royale ayant été remise au 23 , les communes se réunirent lé 22 juin ; la majorité <iu clergé , au nombre de cent quarante-neuf membres , se joignit aux députés du Tiers dans cette séance. L'ordre du clergé était composé en grande partie de curés rapproctés du Tiers par la modicité de leur fortuné et leur éducation ; trois curés du Poitou passèrent les premiers au tiers , et cet exemple fut suivi , ce jour-là , par là plupart de leurs confrères , par plusieurs évéques et par lin graiiâ homore de députés de la noblesse.
Là cour et lé conseil étaient remplis d'agitation. La noblesse et le haut clergé voyant }eur ruine prochaine si le roi les aiiandonnait , lui demandaient son appui, il fut donc résolu dans lé Conseil que le roi irait en personne marquer aux députés du peupte les limites de leurs pouvoirs , les engager à là concorde , au nom du salut de l'Etat , et manifester luimême ses intentions.
Je vais laisser M. Bailly raconter ce qui s*est passé dans l'intervalle du Jeu-de-Paume à la séance royale :
« Le 21 dans la nuit, je fus éveillé à deux heures du matin
RËyOLUTIOR riiAl^ÇAiSE. m
par QD liérftat d'armes qui m'apporta un paquet de M. dé Brësé, renfermant uae lettre du roi.
« J'aî rhonneur de vous envoyer « Monsieur , une lettré que lé roi m'a ordonné de vous fiiire tetiir. Je vous prie dé vouMr ton m'en aceuser la réeeption. »
Versailles , ai juin i minuit.
Lettre du rôL
« Je vous préviens , Monsieur , que la séance que j'avais îBdiijuée potir deUiain lui^di , n'aura lieii que mardi à dix heur^ du niatiti ; et que la salle ne sera ouverte que pour ee moment.
t le éhargé le grand-maltre des cérémohies de voiis faire tenir ma letliré. »
El au dos était écrit : A M. ÈniUy, président du tiers- Etat : sur quoi il est bon de remarquer que par celte 8U&cription le rd reconnaissait la constitution de l'assemblée, et par eobséqîlént l'arrêté du 17, dont cependant la connài&=sanee offléielle n'avait pas^ je crois ^ encore été donnée. Mais Texplication en était facile ; c'est que les écrits ordinaires étaient l'ouvrage des ihinistres ^ et que ce billet de la main du roi était de sâ dictât et de ^ esprit parlé à ^tfsfnlre , et qtn vtmiùiï surtout H pài» du n^aiùme. Mais eette lettre tnéme du roi peut* notifier la remise de la séance, au lieu d'une lettre du grand-maltre des cérémonies , prouve qu'on avait été instruit du mécontentement de l'assembla Sur la forme ié la iwtification ; et â cette attention marque un désir de la satisfe\nii du moins dans les fol-mes, e!!é découvre fane încérti-
tttde Um k iriiarit^be dii mlÉistère , ^ui dévoilait et sa faiblesse
âSâ HISTOIRE DE FRANGE
et son inexpérieDce. Quand on traite avec les représentants de la nation , je dirai même ceux des Communes , on doit calculer d'avance ce qu'on leur dit , et ne pas s'exposer à recevoir des leçons. Des leçons reçues font perdre toute supériorité. Quand le pilote laisse toucher son navire sur des écueils connus , il n'est pas propre à le conduire. Ce qui a assuré » hâté la révolution , ce que les ministres n'ont jamais voulu voir , c'est que l'état des hommes et leurs relations avaient changé. Jadis on menait facilement les peuples , parce que les cabinets avaient une grande supériorité de lumières ; cette supériorité a perdu » à mesure que le niveau des connaissances s'est élevé , et enfin le temps est venu oii les nations ont été plus éclairées que les cabinets. 11 est évident qu'il fallait alors une toute autre manière de gouverner ; c'est ce que les ministres n'ont point senti.
J'observerai encore que par la date de la lettre du roi , à minuit , on voit qu'elle a été écrite à l'issue d'un grand conseil prolongé fort tard ; et alors il est remarquable que le roi n'y témoigne point de mécontentement de la séance du samedi , dont son conseil devait bien connaître et la tenue et les détails. Le roi , en annonçant que la salle ne serait point ouverte le lendemain , ne dit point qu'il ne doit pas y avoir de séance. Les ministres , frappés des coups successifs que portaient les arrêtés de l'assemblée , n'osèrent pas sans doute le lui conseiller » et peut-être pensèrent-ils que tout était prévu et paré par le coup qu'ils se proposaient de porter à la séance royale.
Lundi, 22 juin. — La salle étant toujours fermée , je réunis chez moi MM. les secrétaires et un certain nombre de députés pour savoir ce que nous avions à faire. Il fut décidé que la séance que j'avais indiquée le samedi, pour ce matin » devait avoir lieu. On avait pour ce jour l'errance de la réunion de
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la majorité du clergé : réunion arrêtée par sa délibération du vendredi 4 8. On jugea que le Jeu de Paume n'était pas un lieu convenaDle pour que le clergé vint nous y trouver ; et comme il était du plus grand intérêt que rien ne retardât cette réunion importante , on chercha un autre local. L'église des Récollets fut d'abord proposée : on s'y rendit ; mais elle était trop petite et incommode.
On proposa l'église de la paroisse de Saint-Louis , et nous fûmes nous y établir dans la nef. On installa le président devant une table , les secrétaires près de lui : on disposa à la droite un nombre de chaises qui représentaient les places que le clergé avait dans les Etats-Généraux ; les places de la gauche étaient celles de la noblesse ; tous les autres députés étaient en face. On arrêta d'abord qu'on laisserait entrer le public, et l'église fut bientôt remplie. Je dois dire que M. le curé de Saint-Louis ni personne ne fit la moindre difficulté à notre établissement. L'assemblée formée , je rendis compte de la lettre de H. de Brézé et de celle du roi.
Quelques-uns des députés absents à la séance du Jeu de Paume , et des suppléants , demandèrent à signer la délibération : ils ont déclaré y adhérer; et ayant prêté serment, ils ont signé.
Pendant ce temps , la majorité du clergé se formait dans le chœur de l'Eglise. Bientôt on annonça sa députation , présidée par M. l'évêque de Chartres. M. l'évêque de Chartres dit : < Messieurs , la majorité de l'ordre du clergé ayant pris la délibération de se réunir pour la vérification des pouvoirs , nous venons vous en prévenir, et vous demander sa place dans l'assemblée. » J'ai répondu :
< Messieurs les représentants de Tordre du clergé aux
9M mSTOniB DH FRANCK.
Stato-Oénératti seront reçus ayeè tout rempresse&ieDt et le respect qui leur est dû : leur place ordinaire de préséanee est prête pour les recetoir. »
Bi^tôt après, on annonça MM. du elergé : seiœ députés aUèrrat les teeevoir. Le clergé se plaça à la droite dans les pfaiees qui lui étaient destinées. Le respectable areUevéqùë de Vienne, qui était l'ancien d'âge de cette majorité, sur l'întitatiim de rassemblée, prit séance immédiate à eâlé du prédid^t,etdit:
f Messieurs , iious venons avee joie enéouter Farrété pris par la majorité des députés de Tordre du dergé aui Etate-Gé^ néraux. Cette réunion ^ qui n'a aujourd'hui pour objet que la vérification des pouvoirs , est le signal \ et je puis dire , le pr)^ Ittde de l'unioti constante qu'ils désirent aved tous les ordres . et particulièrement aveiê celui dé MM; les d^utite des communes. » J'ai répondu :
« Messieurs, vous voyez la jdie et les aeclamations que votre présence fait naître dans l'assemblée ; c'est l'effet d'tiii s^tîment bien pur, l'amour de l'unitm et du bien public. Vous sortez du sanctuaire , Messieurs $ pour vous rendre dans cette assemblée nationale» où nous voud attendions avec tant d'impatience ! Par une délibération où a présidé l'esprit de justice et de paix , vous avez voté cette réunion déarée. La France bénira ce jour mànorable; elle inserira vos noms dans les festes de la patrie, et efle n'oubliera point ceux des digmss pasteurs qui vous ont précédés , et qui vous avaient annoncés et promis à notre empressement. Quelle satisfaction pour nous, Messieurs 1 le bien dont le désir est dans nos cœurs , le Inen auquel nous allons travailler avec courage et avec persévérance, nous le ferons avec vous , nous le ferons en votre pré-
suice ; il sera Touvrage de la paijt et de l'amour fraternel.
c n D0U9 reste encore des vœux à fermer. Je vois avec pane que des frères d'un autre ordre manquent à cette auguste famille. Mais ee jour est un Jour de bonheur pour rassemblée nationale ; et s'il m'est permis d'exprimer un sentiment personnel , le plus beau jour de ma vie sera oeliii oii j'ai vu s'opérer cette réunion ^ oii j'ai eu rii(»mettr de répendre au nom de cette auguste assemUéel, et de vous adresser ses son* timents et ses félicitations. »
Rifflii en effet) n'était plus important que eette réunion. M doute que les communes , composant les 96 cratièmes , ou la presque totalité de la nation , ne dussent tout déterminer par le poids de leur volonté et de leur forée. Les Communes ou le Xiers^tat ^ c'était la nation ; mais ceux qui voulaient envisager la chose autrement , ceux qui y avaient intérêt , tous les faibles qui se laissaient entraîna $ tous les aveugles qUt ne savait point voir et qui ont besoin des yeux d' autrui, pouvaient dire : t De temps immémorial, il y a eu trois ordres; je n'en vois qu'un , où s(mt les deux autres? et depuis quand et par quelle loi les trois volontés qui ont tout décidé dans ces assemt blées , sent-elles réduites à une ?» La raison répond qu'elle ne connaît point trois volontés dans les représentants de la nation , et qu'il y a autant de volontés que de représentants (4 ). Mais il y avait de l'avantage à une forme qui repoussait même cette objection. C'est ce qu'opérait la réunion. La ms^orité du clergé, en arrivant à l'assemblée hationale, y amenait l'ordre
(1) G'ébit Ik on mannis argtment pris dans les idées de sonverainefé des repré. sentants, tandis que l'onité de la nation devrait être le principe de la forme de représentation. Les idées politiques étaient tout aussi confuses dans Tcsprit de Bailly que ^ fes ettuseSs dé LoqUXVI.
3M mSTCMRE DE FRANCE.
du clergé ; car ce n*est pas runanimité , mais la majorité » qui constitue la détermination de Tordre entier. Le clergé réuni aux Communes faisait la pluralité aux Etat&-6énéraux ; et l'on pouvait répondre aux défenseurs des ordres et des vieux usages, et pour tous les actes postérieurs de rassemblée : c Ici sont deux ordres , ici est la pluralité des Etats-Généraux , et la volonté de cette assemblée est la volonté nationale. » Et la preuve , c'est qu'aussitôt après cette importante réunion nous vîmes entrer M. le marquis de Blacons et H. le comte Antoine D'Agoust, membres de la noblesse du Dauphiné, députés par les trois ordres de cette province; et M. de Blacons dit : c Messieurs , la majorité du clergé ayant levé toutes les diflScultés que présentait notre mandat, nous venons vous soumettre la vérification de nos pouvoirs et vous demander communication des vôtres. » Ces Messieurs , les premiers de tous les nobles réunis, étaient une conquête précieuse; ils ont reçu de grands applaudissements , et ils ont pris séance aux places de la noblesse.
On peut remarquer que la réunion des membres du clergé et des deux nobles n'avait que le seul objet de la vérification des pouvoirs. Je l'observais et j'en étais fâché , dans la crainte que le vote par tête , les travaux subséquents n'élevassent de nouvelles difficultés , et une perte de temps aussi triste que les divisions qui en sont la cause. Dans ma réponse , je supposai que la réunion était pour tout et pour toujours ; mais la vérité est que la délibération du clergé n'avait rien décidé que pour la vérification en commun. On verra bientôt comment le gouvernement a précipité les événements qu'il redoutait, et comment il a lui-même opéré la réunion complète.
Il y avait dans cette majorité du clergé, composée de 148
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membres, 134 carés; ainsi il est bien clair qae c*està eux que la réunion est due. Il y avait cinq prélats , les archevêques de Vienne et de Bordeaux , les évéques de Chartres , de Rhodez et de Coutances , deux grands-vicaires , six chanoines , et un seul abbé commandataire , celui d*Abbécourt. On remit cette liste sur le bureau; on proposa de Timprimer ; et dans la sâasibilité dont j'étais affecté , je dis : < Il faut l'imprimer en lettres d'or. »
J'ai levé la séance, emportant la satisfaction d'avoir vu un acte de paix et d'union , qui avait depuis longtemps tous mes vœux y et de pouvoir penser que l'assemblée nationale renfermait dans son sein la majorité des représentants de la nation.
Il avait été parlé dans l'assemblée même, si je m'en souviens bien , ou au moins dans quelques conférences particulières y de ce qu'on devait faire dans la séance royale. Il fut convenu que le président ne ferait aucun discours. L'assemblée n'avait rien à dire au roi dans ce moment, c'était au contraire le roi qui avait à lui parler. Il fut décidé qu'on resterait dans un profond silence , et avant et après la manifestation des intentions du roi , quelles qu'elles fussent. Le soir, trè&fatigué , je m'étais couché de bonne heure. J'avais déjà trois semaines de présidence, le poste était difficile, pénible, et l'enrouement ne m'a pas quitté un seul jour. A dix heures M. le garde-des-sceaux me fit prier de passer chez lui. Depuis longtemps je n'étais pas content du cérémonial pratiqué avec le doyen ou le président. Je trouvais bien peu convenable , entre autres formes , celle du garde-des-sceaux , d'envoyer ainsi chercher le président de l'assemblée nationale. Cependant, comme cette qualité n'était pas encore officiellement
È» inSTOliffi De FRARlffi:.
roeoBnne par la cour , et surtout comiae m agitait les f\m p!aiid8 intérêts » je croyais qu'il n'était pas à propos d'éleYor des difficultés d'égards personnels et de cérémonial , et que ee n'était pas le moment it combattre pour des formes. Dans oette occasion , je fus tmité cep^dant de lui faire dire que j'irais le lendemain matin. Mais ce matin même était la séance r^ale ; ce qu'il avait à me dire pouvait exiger des mesures pour lesquelles le temps serait précieux. Je me levai et je me rendis chez lai. Il me demanda si l'intention de l'assemblée était que son président parlât. Je lui dis ce qui avait été convenu , et je rassurai que les intentions de Rassemblée étaient parfaitement confprmes aux désirs du roi.
Au milieu de la nuit , je m'éveillai et je m'entendis appeler dans la rue. Je doutai un moment, mais je fus bientôt appelé une seconde fois. Je me levai et j'ouvris la fenêtre ; je vis trois hommes , dont Tun me dit qu'ils étaient' députés et qu'ils avaient à me parler pour affaire de conséquence. Je couchais seul au premier, ainsi que madame Bailly. A Paris , on aurait eu de l'inquiétude d'introduire chez soi trois inconnus à une heure si indue; l'idée m'en vint; mais je sonnai, et on leur ouvrit la porte. Ils me dirent qu'ils étaient MM. le baron de Menou , le duc d'Aiguillon et le comte Mathieu de Montmorency ; qu'ils étaient instruits qu'il y avait eu beaucoup de débats au conseil tenu le soir ; que M. Necker n'approuvait point les mesures qui avaient été prises ; qu'il avait déclaré qu'il n'assisterait point à la séance royale , et que toutes les apparences annonçaient qu'il serait renvoyé dans la journée. Ils ajoutèrent qu'ils avaient cru devoir prévenir le président de l'assemblée de ces faits et de ces dispositions . Ils se retirèrent. »
RÉVOLimOH nUMÇAnB. MO
¥oîIà tous ks ftdu qui qbI pr^sédé la 9éaDC« Wféè exposés par un des acteurs principaux de ces grands événements avec unasimplidté remarquable. Hn lisant lesHémoirasdeH . Bailly, m assiste au mouvement d'idées qui a déterminé Taction politique de cette époque. Les lecteurs jugent par euxHuémes , et riiistorien ne leur impose pas ses ^inions.